Portrait sur les conditions de vie et d’habitation

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Par Frédéric Khalkhal
Portrait sur les conditions de vie et d’habitation
Les six agents de sondage étaient à Saint-Bruno-de-Montarville en novembre dernier. (Photo : courtoisie)

AGGLOMÉRATION. Un portrait sur les conditions de vie et d’habitation dans l’agglomération de Longueuil a été réalisé par le comité recherche-action auprès de 1001 ménages locataires.

Il y a huit mois, le comité recherche-action procédait au lancement de sa grande opération porte-à-porte auprès des ménages locataires de l’agglomération de Longueuil. Elle s’est terminée à la fin du mois de mai et 1001 personnes ont accepté de répondre à un questionnaire. Les agents de sondage ont sillonné les rues des villes de Boucherville, Brossard, Longueuil, Saint-Lambert et Saint-Bruno afin de documenter les conditions de vie et d’habitation des locataires. Cette vaste opération de cueillette de données, un total de 75 questions, s’intéresse à différentes dimensions comme l’état du logement, l’insalubrité, la sécurité, les relations avec le propriétaire et le voisinage, l’état de santé des occupants, etc.

« Les locataires se rendaient compte en répondant au sondage de la gravité de leur situation. » – Kevin

« À Saint-Bruno-de-Montarville, une centaine de locataires ont répondu au questionnaire, qui prenait environ 30 minutes à remplir. Nous offrions pour inciter les gens à accepter la charge un 10 $ », de préciser Marie-Christine Plante, de Carrefour pour Elle.

Mme Plante précise que tout le monde n’a pas répondu au questionnaire. « Nous offrions 10 $ aux répondants, parfois ce n’était pas assez dissuasif pour avoir une réponse. Nous avons rencontré toutes sortes de locataires. Des retraités, des travailleurs qui ne vivaient pas forcément dans la pauvreté, des locataires avec des revenus de 100 000 $, mais il y a une tendance que l’on peut voir déjà, c’est que nous avons plus de locataires à faible revenu dans les répondants. »

Au-delà des chiffres

Rencontrés à la fin de ce long périple, les six agents de sondage ont réalisé un bilan de leur expérience. Au-delà des conditions climatiques difficiles, ils ont été consternés par ce qu’ils ont vu et entendu. Aucun n’avait jamais travaillé de près ou de loin sur la question des conditions de vie des locataires. Ils ont été frappés par les réalités des mal-logés. Ils ont tous observé des situations inacceptables : exploitation financière, isolement, moisissures, vermine, problèmes de sécurité, harcèlement, discrimination, problèmes de santé, etc.

Quelques constats émergent de leurs observations. Pour Renaud, il apparaît que les locataires vont souvent normaliser, voire banaliser leur situation de mal-logé. Kevin renchérit dans ce sens : « Les locataires se rendaient compte en répondant au sondage de la gravité de leur situation. » Selon Ariel : « Ils ont une méconnaissance de leurs droits en tant que locataires, ils ne connaissent pas la raison d’être des ressources ou ne les connaissent pas tout court. » Johanne mentionne : « Ils ne savent pas où aller chercher de l’aide, ne connaissent pas la mission des organismes. Souvent, je leur apprenais où il y avait une banque alimentaire! » Finalement, pour Line, plusieurs locataires endurent des réalités pénibles, ils n’utilisent pas les recours légaux à cause des délais.

La poursuite d’un processus

Maintenant que les données sont recueillies, le traitement de celles-ci doit être effectué. Mme Plante rappelle que « nous avons l’opportunité d’être soutenus par la Direction de la santé publique. Une technicienne va nous aider à procéder au nettoyage de la base de données et faire émerger les principales tendances. » Par la suite, le comité devra procéder à l’analyse et la rédaction de fiches pour exposer les résultats. À l’automne, des locataires participants qui ont consenti à être joints seront invités à venir valider et commenter les résultats. Guy Levesque, coordonnateur du comité, avance que le lancement devrait être réalisé en janvier 2020. Il affirme : « Nous avons tous hâte de terminer le processus de recherche! Il nous apparaît clair que ces nouvelles données pourront nous servir de levier dans nos futures actions en matière de droit au logement. »

Le comité de recherche compte bien utiliser les résultats de ce sondage pour présenter non seulement au gouvernement provincial, mais aussi aux municipalités de l’agglomération, l’état de la situation du logement locatif. « Dès septembre, il sera possible de tirer les grandes tendances de cette étude qui s’est faite avec trois bailleurs de fonds très crédibles », explique Mme Plante.

À propos du comité et de la recherche

Ce comité est composé de partenaires venant de : Carrefour pour Elle, Comité logement Montérégie, Comité logement Rive-Sud, Maison La Virevolte, CISSS Montérégie-Centre service d’organisation communautaire et le CISSS Montérégie-Est service d’organisation communautaire. Notons que cette démarche est une initiative du comité recherche-action − issu de la Coalition pour le droit au logement de l’agglomération de Longueuil −, qui se préoccupe depuis plusieurs années des enjeux liés au logement sur le territoire. Il est composé d’intervenants provenant du milieu communautaire et du réseau de la santé qui sont quotidiennement témoins des difficultés vécues par les ménages locataires. Ce projet d’envergure est financé dans le cadre de l’Allocation en développement des communautés des Centres intégrés en santé et de services sociaux de la Montérégie-Centre et de la Montérégie-Est.

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