Un DG indigné

Ville de Saint-Bruno-de-Montarville

Le directeur général (DG) de Saint-Bruno s’indigne d’un courrier des membres de l’opposition l’accusant d’avoir  « un contrat de 238 000 $ : inacceptable ». Alors qu’un article dans La Presse a publié les arguments présentés par les membres de l’opposition, Guy Hébert, le DG, a accepté de répondre en exclusivité au journal Les Versants.

« Je demande à André Besner de venir me rencontrer pour avoir une discussion mature! » Ce sont les premiers mots de Guy Hébert au journal. Dans son bureau de l’hôtel de ville, où aucun dossier ne traîne, « je traite toutes les affaires au fur et à mesure », le DG de Saint-Bruno contient sa colère et montre toute son incompréhension face à la situation.

« Je n’ai jamais eu l’occasion de lui parler, je n’ai jamais su ce qu’il avait, il ne m’a jamais adressé la parole, il me tourne le dos, il ne me regarde même pas… Je trouve ça épouvantable que le politique se jette sur les fonctionnaires. C’est de la petite politique. Je pense qu’on essaie de déstabiliser le parti au pouvoir, puis je ne veux pas en faire les frais. Ça m’écoeure que des gens sortent de mon contrat pour faire de la démagogie. Où ils sont imbéciles, où ils ne sont pas honnêtes. » 

M. Hébert fait référence à une lettre envoyée par les membres de l’opposition à l’ensemble des médias qui dénonce une hausse de 8,8 % du salaire du DG après un contrat de 6 mois. 

« Il parle d’un salaire de « 238 000 dollars inacceptable ! » Il mélange tout là-dedans. Ici, il considère le salaire, les avantages sociaux et les remboursements de dépenses. Mon salaire, c’est 175 000 $, j’en gagnais 160 000 $. Quant aux avantages sociaux, tout le monde a ça à la Ville et les miens sont proportionnels à mon salaire, comme pour tous. Les autres choses dans le contrat, ce sont des remboursements de dépenses. Tous les DG ont ça. Moi, je me situe dans la petite moyenne. Je n’ai pas demandé plus, j’ai demandé l’équité par rapport aux autres. Avec mon 160 000 $, je ne gagnais même pas  plus que le salaire du DG de la plus petite ville de l’agglomération. Avec mon nouveau salaire, je suis un peu mieux rémunéré que le DG de Sainte-Julie, mais en ayant moins d’avantages sociaux et sans avoir un contrat de cinq ans. À Longueuil, le DG gagne environ 265 000 $, à Boucherville et Brossard entre 190 000 $ et 200 000 $ et il n’existe pas de contrat à durée déterminée de 6 mois dans la profession. »

Les membres de l’opposition dénoncent aussi dans leur lettre les 10 jours de congé personnels en plus des 30 jours ouvrables de vacances pour le DG intérimaire. Ils chiffrent la valeur monnayable de cette entente à 32 000 $. « Là encore, c’est une fausse information. Je ne compte pas mes heures supplémentaires et j’ai demandé ce que le contrat de mon prédécesseur prévoyait pour compenser. On m’a dit que les jours de congé personnels de la DG étaient sans limites. Je me sentais mal à l’aise avec cette disposition, alors j’ai demandé d’avoir droit à 10 jours. M. Besner dit aussi que cela coûtera 16 700 $ si Mme Hamelin revient. Le jour où M. le maire est informé du retour de Mme Hamelin, il me donne un préavis d’un mois. Il ne me donne pas un sou en me disant que dans un mois je ne travaille plus. Ou il ne comprend pas, ou il n’est pas honnête. »

Devant cette situation, M. Hébert aimerait savoir pourquoi M. Besner agit de la sorte et l’invite encore à venir discuter. « L’année passée, afin de recruter un DG, la Ville est passée par toutes sortes de canaux pour m’avoir. Nous étions deux à nous présenter. J’ai l’emploi. Si demain je quitte mon poste, quelle facilité va avoir la Ville de Saint-Bruno de trouver un nouveau DG? Zéro. La Ville va être déstabilisée. M. Besner, à des fins politiques, souhaite ça. Il se sacre de l’avenir de la Ville juste pour dire :  » Si j’avais été là, cela aurait été autrement, puis élisez-moi la prochaine fois, car regardez comme ça va tout croche. « » C’est sûr que s’il écoeure des fonctionnaires, il va avoir quelque chose qui ressemble à ça. Je n’ai jamais vu ça nulle part. J’invite M. Besner à me rencontrer en adulte mature pour discuter des différends qui peuvent nous opposer », de conclure M. Hébert.