Pont Champlain, aéroport de Saint-Hubert et élections fédérales, avec Thomas Mulcair
Thomas Mulcair était de passage sur la Rive-Sud (Montréal), le 26 février dernier. Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a accepté de donner sa position sur les dossiers du pont Champlain et de l’aéroport de Saint-Hubert. Sans oublier, les prochaines élections fédérales à l’automne.
D’entrée de jeu, M. Mulcair a tenu à dénoncer les propos tenus par le ministre d’État conservateur John Duncan, de la Colombie-Britannique, sur l’importance accordée au pont Champlain. « Le gouvernement conservateur s’amuse à attaquer le NPD, à cause de notre force au Québec, en disant que ce pont n’est pas aussi important qu’un petit pont provincial en Colombie-Britannique. Le pont Champlain est le plus important pont au Canada, par son achalandage; il ne faudrait pas l’oublier! » soutient-il.
M. Mulcair insiste aussi sur le fait que « ce pont est fédéral et doit être remplacé par un autre pont fédéral. Aussi, il n’y a aucune raison qu’il y ait un péage. […] Les familles ont fait le choix [d’habiter sur la Rive-Sud (Montréal)] en fonction du fait qu’il n’y avait pas de péage. C’est hautement injuste pour les familles de la classe moyenne, qui y arrivent tout juste financièrement, de se faire imposer une autre taxe, sous forme de péage. »
Le gouvernement ne doit pas abandonner son rôle
Interrogé sur la possible municipalisation de l’aéroport de Saint-Hubert et tout ce qui entoure les procédures judiciaires, Thomas Mulcair estime que ce dossier est « un cas classique de conflit d’usage avec le voisinage. Ce n’est pas si difficile que ça de faire du développement durable; il faut avoir la volonté d’écouter les gens, sans oublier que de former des pilotes, c’est aussi très important. »
Même si le processus enclenché concerne le gouvernement du Québec et la Ville de Longueuil, les aires de l’aéroport sont de juridiction fédérale et le chef du NPD considère que « le gouvernement fédéral doit faire très attention de ne pas abandonner son rôle. Je pense que ce n’est pas à une municipalité de porter seule une décision pour l’ensemble; le gouvernement fédéral a ce rôle. »
Une grande confiance envers les Québécois
Le NPD est rentré en force au Québec lors des élections de 2011, surtout en Montérégie. Selon M. Mulcair, les Québécois feront de nouveau « le bon choix ». « M. Harper n’a aucune chance de gagner ses élections en Montérégie. Quant au Parti libéral, il a ses appuis, mais rappelons-nous qu’en 2011, il n’a pas gagné une seule circonscription à majorité francophone dans toute la province. »
Entre Justin Trudeau et Stephen Harper, Thomas Mulcair soutient que son adversaire, à travers le Canada, est Harper. « Sortir Stephen Harper de là est ma seule et unique priorité. »
M. Mulcair ne s’en cache pas, l’Ontario est la bataille de toutes les batailles pour son parti. « Il va falloir que l’on travaille très fort, parce que cette province représente à elle seule 120 sièges au Parlement, mais nous avons d’excellents candidats et des idées claires. »
Pense-t-il recréer un parti NPD provincial un jour? « Pour l’instant, je mets 100 % de mon énergie sur le fait d’évincer Harper. […] Après, quand nous serons implantés au gouvernement, nous étudierons la question d’une offre fédéraliste, de gauche, sous forme d’un NPD québécois. » Il faudra attendre le résultat des élections pour connaître la suite de cette idée.
