Michel Picard, nouveau député fédéral de Montarville
La surprise politique des élections du 19 octobre est venue de Michel Picard, le candidat du Parti libéral dans la circonscription de Montarville. Dans le sillage de la vague rouge, il n’a jamais été inquiété lors de toute la soirée électorale pour l’emporter avec 33,6 % du suffrage. Il a accepté d’indiquer au journal Les Versants comment il souhaite orienter son mandat.
Vous attendiez-vous à une si large victoire?
Ce n’est pas une large victoire, c’est une victoire, c’est certain. La volonté de changement était trop évidente. C’était une agréable surprise, mais plus tard, quand la poussière retombe, on remarque que c’est un vote conséquent qui montre que les gens ont voulu changer pour le pouvoir et non pas par contestation. On ne peut pas imaginer ça d’avance.
Pensez-vous vraiment que le vote n’était pas contestataire?
Oui. Le vote était trop conséquent. La volonté de changement était généralisée. L’électorat québécois en général est un enfant qui apprend très vite, puis après des contestations tout seul dans son coin à bouder, il s’est aperçu que la pertinence n’était plus là. Donc, il a décidé de changer pour quelque chose qui était plus fédéraliste. Il a compris que si tu n’embarques pas dans l’équipe pour prendre le pouvoir, tu vas toujours être assis dans le siège du passager. L’électorat québécois a non seulement fait un vote de changement, mais aussi il s’est assuré que la voie du changement ait un impact concret. Donc, il a voté avec le reste du pays.
A-t-on voté dans la circonscription de Montarville pour Michel Picard ou pour Justin Trudeau?
Ils ont voté pour les deux. Les gens que je connais n’ont pas eu de problème à voter pour le candidat. Souvent, je me suis fait identifier en fonction du CV que j’avais envoyé à chacun. J’avais fait parvenir des documents aux 26 000 portes de la circonscription pour que les gens me connaissent mieux, et ils étaient capables de m’identifier avec mon expertise, ma formation ou encore mes études. C’est sûr qu’au-delà du candidat, si tu n’as pas une plateforme à offrir, tu as beau avoir le meilleur candidat du monde, cela ne passe pas. La plateforme du parti a permis de donner des points précis sur lesquels les gens pouvaient s’identifier. Ça, c’est bien facile à vendre, car ça rejoint directement les gens. Si on n’a rien à offrir, comme n’importe quelle bonne compagnie, tu ne passes pas. Donc la plateforme politique, c’est la clé de tout.
Tous les candidats dans Montarville ont organisé une soirée électorale dans un local; vous, vous avez appris les résultats de chez vous. Pourquoi ce choix?
J’ai fait ça en famille, avec les enfants, ma mère, car on s’investit corps et âme pendant des mois, même avant la campagne. Puis, on est chamboulé soit par l’horaire, soit par les gens qui t’interpellent. Il y a des personnes dans tout cela qu’on essaie de protéger et de garder à l’écart de tout ce cirque-là; un moment donné, c’est normal qu’on leur porte une attention particulière dans la soirée la plus importante et j’ai voulu alors prioriser la famille.
Qu’avez-vous fait après l’annonce des résultats?
Je n’ai pas dormi longtemps. Jusqu’à minuit, j’ai passé la soirée au sein de ma famille; après ça, je me devais de rejoindre tout le monde au Reine Elizabeth pour les festivités, question de partager cette euphorie et d’aller féliciter mes collègues qui avaient gagné. Tout le monde n’était pas là, certains ont préféré rester dans leur comté; c’est évident que pour ceux qui n’étaient pas proches de Montréal, ce n’était pas facile. Et puis l’adrénaline m’a tenu en haleine jusqu’à mardi soir. Ç’a été une euphorie bénéfique et aussi, la réalité nous frappe quand on est dedans. C’est à partir de ce moment qu’on commence à faire le vrai job. C’est là que commencent les préparations et l’organisation.
Avez-vous discuté avec votre chef?
Pas encore, nous devrions le faire bientôt. On a eu des conférences téléphoniques, mais cela va prendre quelques jours avant qu’on reprenne nos armes pour repartir à la guerre. Tout le monde connaît mon expertise et sait que j’ai œuvré dans un domaine qui concerne beaucoup de contribuables. À Toronto, on a la chance d’avoir un ancien chef de police comme député, qui a une très grande expertise.
Que va-t-il se passer dans les prochains jours?
Je prépare mon bureau de comté pour avoir une équipe prête le plus tôt possible afin de commencer à œuvrer sur le terrain d’ici l’assermentation. Le temps que cela se fasse, il faudra aller à Ottawa pour se familiariser avec les procédures et la logistique administratives. Au mois de novembre, il y aura l’assermentation et ensuite, on va commencer l’activité. On va avoir une meilleure idée de nos agendas et de nos priorités une fois que tout le monde sera officiellement en place.
En ce qui vous concerne, avez-vous une priorité que vous aimeriez défendre à Ottawa?
J’arrive avec une valise de projets de modifications législatives. C’est sûr que toute mon expertise en crime économique, la plateforme présentée en campagne sur les 9 points que j’avais écrite déjà, sera un élément qui sera proposé pour modifier la loi. Sur les 9 points, il y en a déjà quelques-uns que j’ai en tête qu’il faut absolument considérer. L’engagement personnel aussi que j’ai pris avec Jean-Claude Poisson, notre député de La Prairie, c’est de tout faire auprès des communautés comme le Centre d’action bénévole Les p’tits bonheurs afin de leur procurer des incitatifs fiscaux favorables. Je vais aussi rencontrer les maires pour mettre à jour la liste des dossiers prioritaires, mais il ne fait aucun doute que dans Montarville, notre potentiel économique n’est pas pleinement développé. Probablement que je pourrais être un bon catalyseur pour ce genre d’activités.
