Le torchon brûle au conseil d’agglomération de Longueuil
Les maires de Saint-Bruno-de-Montarville et Brossard ont quitté hier la séance du conseil d’agglomération au moment où la mairesse de Longueuil usait de son droit de parole final pour critiquer les propos de ces derniers jours des maires dissidents.
« Elle profite de son droit de parole pour tout le monde! Elle nous prend pour des enfants. On n’a aucune manière d’intervenir. Elle raconte des mensonges partout au Québec », explique, furieux, Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville après avoir quitté la séance du conseil de l’agglomération de Longueuil.
Après 5 minutes d’un discours de Caroline St-Hilaire, mairesse de Longueuil, qui en durera 15, accompagné de Paul Leduc, maire de Brossard, M. Murray quittait la salle du conseil, ne supportant plus les propos de la mairesse. Cette dernière contredisait un à un les points des Villes de Saint-Bruno, Brossard et Saint-Lambert de vouloir réformer le financement et la gouvernance de l’agglomération.
Alors que les deux maires quittaient la séance, Mme St-Hilaire s’est interrompue pour lancer un sanglant « C’est plus intéressant de faire RDI que d’écouter les vraies affaires », avant de reprendre son argumentation du bon fonctionnement actuel de l’agglomération de Longueuil.
« Elle profite de son droit de parole pour
« On aimerait ça discuter avec la mairesse, mais on n’a pas de réponse. La dernière table des maires s’est tenue en mai. On n’est au courant de rien. Nous sommes des maires qui ont été élus au suffrage universel. On représente 130 000 personnes et on ne nous considère même pas », ne décolère pas le maire de Saint-Bruno.
Pour Mme St-Hilaire, le lien à faire entre la volonté des trois maires de modifier le mode de fonctionnement de l’agglomération n’est purement qu’électoral. « Bien que je puisse comprendre que certains maires voient arriver l’échéance électorale, il n’en demeure pas moins que même quand on joue à faire de l’opposition, on doit être rigoureux dans nos allégations », a commencé à dire Mme St-Hilaire.
« À Saint-Bruno, le problème n’est pas qu’on ait une police comme à Montréal, mais que ça me coûte le double. Les entreprises nous appellent en nous disant qu’ils préfèrent s’installer dans la ville voisine, car ça coûte trop cher ici », de soutenir le maire Murray.
Club de golf Mont-Bruno
Après un réajustement de taxe foncière, la Ville de Saint-Bruno devra verser 700 000 $ au Club de golf Mont-Bruno.
« Voilà une des aberrations du système. Le Club de golf Mont-Bruno demande une révaluation du calcul de sa taxe foncière comme elle en a le droit et Saint-Bruno doit payer 700 000 $ au Club de golf Mont-Bruno. Pourquoi l’agglomération ne paye pas une partie? Tout ce que vote l’agglomération de Longueuil doit être signé par la Ville de Longueuil, car l’agglomération n’est pas une entité juridique! Ça ne fonctionnera jamais comme ça. Je ne suis plus capable d’entendre les arguments de Mme St-Hilaire publiquement », rajoute M. Murray.
Rappelons que le 16 juin 2015, les trois Villes demandaient par une résolution au ministre des Affaires municipales de l’époque, Pierre Moreau, d’intervenir rapidement et de prendre tous les moyens en son pouvoir afin d’assurer une saine gestion de l’agglomération de Longueuil.
En février 2016, la Commission municipale du Québec avait rejeté catégoriquement l’argument des villes liées voulant que les frais d’administration des cinq villes dans l’agglomération soient inéquitables.
Les trois maires se sont rendus à Québec, le 5 octobre, pour demander cette fois à Martin Coiteux, nouveau ministre des Affaires municipales, de repenser la gouvernance et le financement de l’agglomération de Longueuil, ou bien de permettre aux villes liées de la quitter. Là aussi, ils ont reçu une fin de non-recevoir.
Les trois maires ne comptent pas en rester là et ont annoncé qu’ils poursuivraient leur combat pour modifier le mode de fonctionnement de l’agglomération.


