L’ancien maire Benjamin menace de saisir le ministre des Affaires municipales
L’annonce par la municipalité du projet de construction d’un SPA au pied du mont Saint-Bruno en 2016 déchaîne les passions politiques à quelques mois des élections municipales.
Claude Benjamin, ancien maire de Saint-Bruno-de-Montarville, Denis Arpin, ancien conseiller municipal responsable des finances de Saint-Bruno, et Bruno Goulet, ancien conseiller municipal sous l’administration de l’ancien maire se prononcent publiquement contre le projet du SPA prévu dans le quartier des Femmes à Saint-Bruno-de-Montarville.
« Depuis que je me suis retiré de mon poste de maire, c’est la première fois que je fais une sortie publique. La procédure qui a été suivie est mauvaise. Il est impératif de garder à cet endroit un quartier résidentiel. De plus, le maire veut vendre ce terrain à la moitié de sa valeur réelle. Je ne comprends pas. Le maire accorde une faveur à un entrepreneur que personne ne connaît. Il devrait s’expliquer à savoir pourquoi il met ce projet de l’avant », indique M. Benjamin.
Dans un courrier adressé à la municipalité, les trois membres de l’Alliance municipale demandent à la Ville de « renoncer » à la réalisation de la « station SKYSPA. » Ils ajoutent : « Vous avez voulu ne pas recourir à un appel d’offres public pour plutôt permettre à un développeur de réaliser un projet, alors que ce même développeur a déjà reconnu lui-même par le passé que les stations thermales constituent des projets risqués et qui arrivent à saturation. »
Les trois cosignataires mettent d’autre part la municipalité en garde si cette dernière ne décide pas de mettre fin au projet. « Nous voulons vous faire savoir que si vous entendez ne pas modifier votre ligne de conduite, nous voudrons intervenir auprès des autorités compétentes, et tout particulièrement le ministre des Affaires municipales, pour qu’elles n’accordent pas les autorisations requises pour la réalisation de ce projet que vous avez mis de l’avant et conduit jusqu’à présent », préviennent-ils dans le courrier.
Tract anonyme
Avant le 19 janvier, date d’une consultation publique sur un changement de zonage du secteur concerné pour faire de l’endroit résidentiel une zone mixte qui pourrait accueillir soit des maisons, soit un SPA, un tract anonyme avait été posté à tous les résidants du secteur. On pouvait y lire plusieurs points négatifs au projet qui encourageaient à contester ce qui était appelé un « changement de zonage sauvage ».
Martin Murray, maire de Saint-Bruno, a fait référence, dans un commentaire personnel, à la lettre des anciens élus qu’il a reçue. « Beaucoup d’informations malheureuses ont circulé au cours des dernières semaines concernant le projet de SKYSPA sur le rang des Vingt-Cinq. J’ai même reçu, la semaine dernière, une lettre signée de l’ex-maire Claude Benjamin et des ex-conseillers Denis Arpin et Bruno Goulet en lien avec ce dossier. Il est dommage que l’on ne s’en tienne pas à la réalité des faits. Sachez que, très prochainement, les Montarvillois seront invités à prendre connaissance du projet, et ce, lors d’une séance d’information publique. Ils pourront alors poser toutes les questions à l’investisseur. Vous serez à même de juger de quoi il en retourne précisément et, surtout, de vous faire une opinion sur la valeur et la pertinence de ce projet pour notre communauté », expliquait-il.
Quant aux informations véhiculées par la lettre et par le tract concernant le SPA, l’administration montarvilloise suggère à leurs auteurs d’ « arrêter de tenter d’effrayer la population avec de fausses affirmations telles qu’une diminution de la valeur des propriétés de tous les Montarvillois ou qu’un hébergement de 60 chambres sera néfaste pour eux ». Elle précise aussi dans un courrier que la Ville a fait faire « deux évaluations distinctes par des firmes privées indépendantes, lesquelles nous confirment la valeur marchande inscrite à l’offre de location, soit 5,6 millions de dollars ».
Aujourd’hui, selon l’administration montarvilloise, le promoteur songerait à acquérir le terrain au lieu de le louer.
L’adresse postale du site n’a pas encore été attribuée, mais elle sera sur le rang des Vingt-Cinq Est nous indique la Ville. La municipalité a indiqué aussi au journal que pour l’instant « Aucune estimation de l’évaluation foncière ne peut être donnée avant la réalisation des travaux, lesquels ne sont pas encore totalement définis. »
Question aux lecteurs : Qu’apporterait ce projet à Saint-Bruno-de-Montarville?



