Improvisation, transparence et vision

La grogne entre les deux parties siégeant au conseil municipal de Saint-Bruno est loin d’être terminée alors que, selon le parti de l’opposition, l’année qui vient de passer reflète l’improvisation, le manque de transparence et de vision. Thérèse Hudon, Michaël O’Dowd et André Besner, les élus de l’Alliance municipale, estiment que l’équipe de Martin Murray a improvisé dans certains dossiers, ne livre pas l’information demandée et ne répond pas aux besoins des citoyens.

Le manque de transparence que continuent de reprocher les élus de l’AM concerne la difficulté d’obtenir des réponses et l’accès à des documents. « On pose des questions spécifiques, on demande des dossiers, et on n’a pas de réponse. On demande l’accès à des documents qui nous aideraient à prendre nos décisions, et on ne les reçoit pas. Sans compter que, la plupart du temps, on doit revenir à la charge pour obtenir des réponses », soutient Mme Hudon.

Après un an de silence, le chef de l’Alliance municipale, Joël Boucher, a décidé de sortir publiquement pour souligner son indignation devant la gestion de la Ville faite par l’équipe majoritaire, mais surtout pour reprocher au maire, Martin Murray, d’avoir « berné » les citoyens en promettant d’être plus rassembleur et plus transparent. « Nous nous sommes fiés à son discours de campagne électorale, à savoir que sa façon de gouverner serait différente, plus rassembleuse, plus transparente. Force est d’admettre qu’entre le discours et la réalité, il n’y pas un fossé, il y a un monde, estime M. Boucher. M. Murray a manqué une occasion en or de démontrer qu’il changerait la culture organisationnelle à la Ville. Il aurait pu prendre exemple sur le maire Coderre et attribuer des mandats à ses élus adverses, même au sein des comités consultatifs. »

Mme Hudon rappelle que 90.3 % des résolutions présentées en séance de conseil ont été adoptées à l’unanimité, alors que 10.5% des résolutions mises de l’avant par un conseiller de l’AM ont reçu un tel appui de l’équipe Murray.

Improvisation dans des dossiers

Selon Joël Boucher, les  élus au pouvoir « agissent comme des amateurs » dans certains dossiers. « Est-ce l’inexpérience? Mais pourquoi ne pas avoir fait appel à Mme Hudon et M. O’Dowd, les élus qui connaissaient déjà les dossiers et qui ont développé leur expertise?, se demande-t-il. En même temps, M. Murray aurait confirmé son intention d’être rassembleur et ça aurait évité à ses élus de se plaindre de l’ampleur des tâches, comme un article dans le journal l’a souligné. »

À titre d’exemple, le dossier sur les tambours, dont la consultation publique a eu lieu il y a trois semaines, a tardé, selon les élus de l’AM. « Maintenant qu’on est aux portes de l’hiver, il est un peu tard pour décider de changer le règlement. Il aurait fallu consulter la population beaucoup plus tôt, d’autant plus que j’en ai parlé au conseil l’année dernière », rapporte Mme Hudon.

Le développement et l’inflation

Les élus et le chef de l’Alliance municipale s’inquiètent de la tournure que pourrait prendre la valeur foncière de Saint-Bruno. « La colonne des dépenses ne cesse d’augmenter, alors que celle des revenus est tout autre. Si l’on veut continuer de répondre aux besoins de la population, il nous faut des revenus. Mais il n’y a pas d’argent parce qu’il n’y a pas de développement », dit M. Boucher.

À titre d’exemple, M. O’Dowd rappelle la demande sans cesse grandissante pour des installations sportives. « Si l’on regarde les villes voisines, elles ont compris et ont investi dans leurs infrastructures. Ce n’est pas normal que nos jeunes aillent dans les autres villes pour pratiquer leur sport préféré. Je peux comprendre que l’on n’ait pas encore l’argent, mais peut-on au moins inscrire le projet dans le PTI? », demande le conseiller.

M. Boucher rappelle que depuis 50 ans, le développement de Saint-Bruno s’est fait lentement et de façon structurée. « On pouvait alors créer suffisamment de richesse pour répondre aux besoins de la population. Avec le moratoire imposé par l’équipe en place, sur le développement, comment allons-nous faire face à l’inflation au cours des prochaines années? Tantôt, on n’aura plus les moyens de nos ambitions », conclut-il.