Entrevue avec Nathalie Roy, députée de Montarville
En toute liberté, la députée de Montarville depuis trois mandats, présidente du caucus caquiste jusqu’à récemment, a répondu aux questions des Versants. Elle assistait alors à la rencontre de tous les candidats de la CAQ aux dernières élections provinciales, élus et non élus, rassemblés autour de leur chef François Legault à Boucherville hier. Entretien avec l’une des prétendantes au futur gouvernement de François Legault.
Pourquoi Boucherville pour ce grand rassemblement?
Je suis très fière que cette rencontre se soit passée à Boucherville, chez moi, car c’est la première vraie circonscription qui a donné sa confiance à la CAQ. En effet, en 2012, elle n’existait pas sous cette forme et quand je suis arrivée, je n’avais jamais fait de politique. Les électeurs ont été visionnaires de faire confiance à la CAQ, de me faire confiance tout ce temps. Ce sont des précurseurs. Je leur suis très reconnaissante de leur audace qui a su inspirer le reste des électeurs du Québec. Avec beaucoup d’humilité, j’accepte ce troisième mandat, une joie au cœur. Enfin, on a le pouvoir. Brasser la cage aux libéraux. C’était ça mon plan de carrière. En 2012, le programme de François Legault me rejoignait. On m’a connue comme journaliste où je portais la voix des citoyens, comme avocate où mon rôle était de défendre la voix des citoyens, en politique où je m’affiche dans la continuité, celle d’être toujours la voix des citoyens. Ensuite, le reste, si ça arrive, ce ne sera que du bonus. Aujourd’hui, je ne suis plus la présidente du caucus caquiste. Toutes les cartes vont être redistribuées.
Est-ce que Montarville devient un château fort de la CAQ?
Châteauguay, Soulanges qui tombent. Je pense que c’est le signe que les châteaux forts n’existent pas.
Marine Le Pen, chef du parti d’extrême droite française, a félicité la CAQ pour sa politique d’immigration et une manifestation à Montréal, organisée par Solidarité sans frontière, a dénoncé le « racisme de la CAQ », comment voyez-vous ça?
Ils devraient aller lire le programme de la CAQ. Nous sommes un mouvement rassembleur favorable à l’immigration et pour une intégration réussie. J’ai beaucoup d’amis immigrants et l’une des problématiques, c’est qu’on ne reconnaisse pas leur diplôme. Ce n’est pas normal qu’il y ait un taux de chômage de 14 % pour les immigrants, alors qu’on est dans une situation de plein emploi au Québec. Il faut les accompagner. Leur apprendre le français et leur donner toutes les heures pour l’apprendre. Nous en recevrons un peu moins avec le même budget afin de remettre la machine sur les rails. On souhaite accueillir 40 000 immigrants par année, il faut souligner que c’est déjà plus au prorata de la population que les États-Unis ou la France. Quant à l’autre dame en France, elle ne comprend pas.
Le prochain gouvernement sera un gouvernement environnementaliste, économique, pro-santé, en faveur du transport en commun, ayant comme priorité l’éducation?
Ce sera un gouvernement pro-citoyen d’abord. Enfants, aînés, infrastructures … rien ne sera négligé. Nous aurons un beau chantier à faire du neuf avec du vieux. Nos trois priorités seront l’économie, l’éducation et la santé. L’économie n’est pas un obstacle à l’environnement durable.
Est-ce que le dossier de l’autoroute 30 va avancer?
Le plus rapidement possible, il y aura une troisième voie sur l’autoroute 30. Ce n’est pas pour mettre plus de voitures, comme je l’ai entendu. Cette troisième voie sera réservée aux transports collectifs, aux voitures électriques, au covoiturage. Très rapidement, le REM sera prolongé jusqu’à Chambly et des études seront lancées pour desservir Boucherville – Sainte-Julie, en passant par Saint-Bruno.
Vous allez trouver l’argent comment?
La ligne rose à Montréal n’est pas la priorité. C’est l’argent de la ligne rose qu’on veut mettre dans le transport en commun dans les deux couronnes de Montréal. Peut-être que le mode de transport prendra une autre forme que le REM pour Boucherville ou Saint-Bruno. Sur Taschereau, il faut un tramway, ou encore les besoins pour prolonger la ligne jaune à Longueuil sont là.
La santé, sera-t-elle une priorité?
On pourrait rouvrir très rapidement les sans rendez-vous dans les CLSC. On en a deux dans la circonscription. Il faut ramener les soins de proximité. Nous avons vécu l’hypocrisie libérale en santé en Montérégie. Nous étions la région la plus sous-financée en matière de santé pendant des années, et peu de temps avant les élections, ils ont remis le bon financement. Nous voulons réduire le temps d’attente à 90 min entre la période de triage aux urgences et le médecin. Aujourd’hui, cette période est de 2 h 15. Ce n’est pas ça qui va faire passer le temps d’attente de 19 h à 90 minutes, c’est pour ça qu’il faut ouvrir le sans rendez-vous. L’ouvrir les soirs et les fins de semaine. La maladie ne punche pas. Ça va désengorger les urgences, donc le temps d’attente. Il faudra aussi regarder du côté de la télémédecine.
Le boisé des Hirondelles, que deviendra-t-il?
On a hâte d’avoir un ministre qui tranche. Cela fait six ans que je demande aux différents gouvernements de prendre une décision et de faire respecter la loi. S’il faut le protéger, qu’on le protège. J’espère que la décision sera désormais rapide. Malheureusement, cette lenteur a fait qu’un processus judiciaire a débuté entre le promoteur et la Ville, et qui va payer la facture?
Aujourd’hui, vous êtes élue avec un gouvernement caquiste qui pourra entendre vos demandes pour Montarville. À la fin de ces quatre ans, vous devrez défendre un bilan, un gouvernement caquiste est prêt?
J’ai embarqué en politique avec François Legault à ses débuts. Je lui fais totalement confiance. Il est terriblement travaillant, fonceur, j’ai appris à le connaître et je le trouve déterminé. Aussi parmi les députés, il y a des personnes de renommée mondiale. Oui, nous avons aujourd’hui beaucoup de responsabilités, mais j’ai tellement confiance en M. Legault. Il avait un plan et il l’a gardé. On va y aller de manière méthodique et graduelle. Nous allons rendre des comptes à la population. Nous aurons une façon très différente de gouverner. Oui, la commande est lourde, mais j’ai confiance.
