Plus de 650 km en 7 jours dans les montagnes gaspésiennes filmés par Jérôme Binette

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Par Frédéric Khalkhal
Plus de 650 km en 7 jours dans les montagnes gaspésiennes filmés par Jérôme Binette
Jérôme Binette a présenté son film Confiné. (Photo : courtoisie)

La traversée du GR A1, c’est une course de 650 km à travers les plus hauts monts du Québec, situés en Gaspésie, avec un dénivelé positif de 30 000 mètres. L’exploit réalisé par Mathieu Blanchard, c’est d’avoir effectué le trajet à la course en 7 jours.

Pour le commun des mortels qui veut se lancer le défi de la traversée, il est plutôt préconisé de prévoir quatre semaines.
Plutôt que de subir la pandémie en 2020, le traileur s’est attaqué à elle en la défiant sur son terrain de prédilection, la course à pied de longue distance.

« Pour un traileur, faire 650 km en 7 jours, cela ne relève pas de l’exploit, c’est faisable. Mais ici, en Gaspésie, avec la traversée de la réserve faunique des Chic-Chocs, qui se traduit du micmac au français par ‘’barrière impénétrable’’, ou encore avec des sentiers très sauvages, remplis de roches, de racines avec de l’eau partout, c’est tout un défi. Beaucoup ont été surpris que Mathieu le réussisse à sa première tentative », explique Jérôme Binette, qui a suivi le coureur tout au long de son périple pour raconter son histoire dans un film intitulé Confiné.

Jérôme Binette

M. Binette, résidant de Saint-Basile-le-Grand, amoureux de la course à pied, travaille derrière la caméra depuis une dizaine d’années pour des clients privés, toujours avec des commanditaires pour financer les projets. « Avec la pandémie, je n’avais plus de travail, mais je voulais continuer à être actif. Cela faisait longtemps que je pensais faire quelque chose sur la course à pied, que je pratique depuis 15 ans presque tous les jours. Alors, lorsque j’ai rencontré Mathieu, en avril 2020, et qu’il m’a parlé de son aventure, j’ai embarqué tout de suite. Je ne voulais pas parler juste de course à pied, je voulais raconter une histoire pour toucher le plus grand nombre de personnes. Avec le projet de Mathieu j’avais trouvé là un moyen d’aller plus loin que la course. »

Un an après, le premier long-métrage du réalisateur et producteur naissait. « C’était la première fois que je m’attaquais à un long-métrage d’aventure. C’était aussi la première fois que je me lançais dans ce projet sans commanditaire et en faisant tout de A à Z. »

Les premières images du documentaire sont aussi impressionnantes qu’historiques. On voit l’athlète courir dans des rues totalement vides en plein cœur de Montréal. Peu importe l’angle de la caméra, on croirait que le tournage a nécessité la fermeture des rues traversées au pas de course par l’athlète qui n’avait même pas à se soucier des voitures, elles aussi toutes stationnées. « Le projet est né avec la pandémie. » Après la phase préparative et la présentation de l’équipe qui assistera l’athlète durant la durée de son exploit, tout le monde arrive sur un pont en Gaspésie, marquant le départ du GR A1, avec comme seuls spectateurs des policiers bloquant la route pour protéger le coureur lors de son départ. Puis le départ est donné.

Jérôme tient à nous rappeler que Mathieu Blanchard est un athlète international reconnu. « Il est l’un des trois traileurs qui font partie de l’équipe Salomon. » Sur certaines portions du parcours, Jérôme a accompagné à la course le coureur pour pouvoir le filmer tout au long de l’exploit. « Pendant la semaine, j’ai explosé mon volume de course avec 200 km, mais c’était le bout que j’ai préféré. Le plus difficile, ça a été dans la salle de montage. »

En plus de la pandémie, de l’exploit du coureur, il n’était pas possible de passer à côté de la carte postale que proposent les paysages de la Gaspésie. Le film donne presque envie de tenter l’expérience. « Je me suis fait un devoir de montrer les grands espaces et la beauté du territoire. Le caractère sauvage de l’endroit nous donne l’impression que l’homme ne s’y est jamais aventuré. Et il semble que Mathieu ait ouvert la voie. Depuis, plusieurs tentatives ont été menées. »

Toute l’aventure semble s’être déroulée comme sur des roulettes, malgré les multiples épreuves de tous les jours. Le mérite de cette réussite doit aussi aller « à l’équipe de soutien. Des gens que je ne connaissais pas et qui sont devenus des camarades. On a eu beaucoup de plaisir. Le fait d’avoir toujours eu du fun, cela a fait que tout a fonctionné à la perfection », d’indiquer Jérôme.

Au Festival de Banff
L’objectif du film est de toucher le plus grand nombre de personnes. Un objectif atteint, à en croire les premières projections privées. « Le message que je veux véhiculer à travers Confiné, c’est que si le défi est important pour une personne, il sera possible d’y arriver, tout comme Mathieu, et les différentes étapes qui seront traversées pour y arriver sur le plan des émotions seront les mêmes. »

Après ce premier long-métrage, et comme les premières n’arrivent jamais seules, Jérôme a eu l’heureuse surprise de voir son film sélectionné à la compétition officielle au Festival de Banff, qui réunit les meilleurs films d’aventure de la planète. « Dans ma catégorie de film, sur 1000 candidatures, 70 films ont été sélectionnés, dont le mien. Je ne m’y attendais vraiment pas. À ce festival, il y a des films qui ont des budgets de centaines de milliers de dollars. Moi, mon seul financement, c’était ma volonté. Que des professionnels aient reconnu mon travail et faire partie de la sélection, c’est déjà une récompense pour moi. »

Même s’il n’attend pas à recevoir de prix, il regardera quand même le verdict du jury. « C’est déjà irréel d’avoir été sélectionné. »
Et comme tout semble s’enchaîner, le 24 novembre, le cinéma de Beloeil diffusera Confiné.
Plusieurs chaînes au Québec ont déjà montré leur intérêt à télédiffuser le film de Jérôme Binette, mais rien n’est encore finalisé.

Pour visionner la bande annonce de Confiné.

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