Plan stratégique de développement du transport collectif pour la couronne sud

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Par Frédéric Khalkhal
Plan stratégique de développement du transport collectif pour la couronne sud
(Photo : archives)

L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a répondu aux questions du journal, lundi, sur le portrait de la mobilité, plus spécifiquement dans la couronne sud, de la région métropolitaine présenté sur l’ensemble du territoire de l’ARTM le 27 octobre.

L’objectif de l’ARTM, dans son Plan stratégique de développement (PSD) est d’établir les stratégies liées à la mobilité des personnes. Il expose une vision du développement de la mobilité durable pour les 83 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal et Kahnawake jusqu’en 2050 et présente une planification des services et des infrastructures pour la décennie à venir.

Le défi que s’est donné l’autorité régionale se résume en quatre mots : « diversité, intensification, amélioration de la qualité et performance des services », d’indiquer Daniel Bergeron, directeur exécutif, planification des transports et mobilité à l’ARTM.

Après avoir dévoilé, il y a quelques semaines, sa volonté de simplifier une tarification proposant plus de 1000 tarifs différents sur l’ensemble de son territoire, l’ARTM a présenté, après trois ans d’étude, sa vision à l’horizon 2050.

Une vision qui risque d’être retardée par la pandémie, qui a eu des effets non négligeables sur la fréquentation des transports en commun et sur les changements d’habitudes des usagers depuis mars 2020. « Nous avons déjà apporté des ajustements au PSD qui devait être publié en mars et qui l’a été en octobre. Nous avons plus considéré par exemple le télétravail, mais les données dans les fiches n’ont pas considéré les modifications de comportement de mobilité qui pourraient être affectées de façon circonstancielle par la pandémie de COVID-19 », explique M. Bergeron. À cause des effets entraînés par la COVID-19, les objectifs du plan pour 2030 pourraient devenir plus flexibles et s’étendre dans le temps jusqu’en 2035.

Les chantiers
La priorité pour l’ARTM est la construction du Réseau express métropolitain (REM), qui a déjà débuté. « Le REM sera une amélioration sensible des contraintes actuelles. Il faudra aussi réaliser les études comme celle de l’aménagement du boulevard Taschereau attendues en 2021. » M. Bergeron a précisé au journal que la solution privilégiée pour le boulevard Taschereau est l’implantation d’un tramway, « mais toutes les solutions aujourd’hui sont encore sur la table. Le tramway est pour l’instant une option de départ. Il faudra regarder quels sont les besoins et quels seront les coûts ».

Sur la Rive-Sud, les études des voies réservées sur le réseau autoroutier ont été aussi annoncées dans plusieurs secteurs comme pour les autoroutes A-10, A-15, A-20, A-30, A-40, R-104, R-112, R-116 et R-132.

Densité de la population
Le PSD présente les données sociodémographiques et la mobilité dans la région constatée en 2018. Des statistiques importantes sur lesquelles s’appuient les propositions des projets de transport collectif qui seront déployés dans chacun des secteurs.

« L’arrivée du REM sur la Rive-Sud nous permettra de revoir les services d’autobus dans les quartiers, entre les villes. Dans les dix prochaines années, il faudra doubler la desserte par autobus, augmenter la fréquence à l’extérieur des heures de pointe pour répondre à la nouvelle réalité du télétravail. Mais il ne faudra pas négliger les déplacements vers Montréal. »

La densité de la population sur l’île de Montréal favorise l’utilisation des transports en commun. « À Montréal, il y a une mixité des activités (résidences, commerces, emplois) qui favorise le transport en commun. En périphérie, les déplacements sont plus longs, car les activités sont plus segmentées. La réponse n’est donc pas la même qu’à Montréal. Le défi auquel on doit répondre en région, c’est d’offrir une plus grande diversité de services que simplement l’auto. Il faut avoir des transports en commun adaptés. D’où l’importance de la fiabilité ou encore des voies réservées aux autobus pour être concurrentiel. »
Actuellement, la part modale qu’occupe l’automobile sur la Rive-Sud est de 79 % de l’ensemble des moyens de transport en 24 heures. Le transport en commun est à 8 % et les autres modes de transport sont à 6 %. La volonté de l’ARTM est d’augmenter ces proportions à l’horizon 2035 à 20 ou 25 % sur les rives nord et sud en faveur du transport en commun.

Un objectif moins ambitieux qu’à Montréal (31 %), car l’utilisation des transports en commun est intimement liée à la densité de la population, plus importante à Montréal que dans les agglomérations sur les rives nord et sud.

Tarification
Le premier objectif pour l’ARTM a été de s’occuper de la tarification des transports en commun sur son territoire avant de proposer, lundi, son PSD.
C’est ainsi qu’elle a déjà annoncé qu’elle réduirait sa grille tarifaire tout en la rendant attrayante. « On a pu lire un peu partout qu’il existait 737 titres de transport différents sur l’ensemble de notre réseau. En fait, si l’on gratte un peu, ce sont plus de 1000 titres qui sont dans notre grille tarifaire. C’est énorme. On veut simplifier tout cela en passant des 88 pages nécessaires pour répertorier tous ces titres de transport à une page, et cela avec un revenu constant. »

Dans 95 % des cas, cette harmonisation des tarifs n’aura pas de répercussion ou fera faire une économie à l’usager. Cela correspondra à une hausse ou une baisse d’environ 2 $ par mois. « Pour 5 % des cas, la hausse de prix sera plus importante. Une augmentation reliée à l’arrivée du REM et donc à l’amélioration du service. Une proposition est à l’étude pour savoir s’il sera possible d’étaler cette hausse sur quatre ans. L’implantation de ces nouveaux tarifs devrait se faire en juillet 2021. »

Consultation publique
Actuellement se tient une consultation publique pour déterminer les dynamiques locales propres aux secteurs des deux rives. Les usagers peuvent ainsi exprimer leurs besoins et constats sur la plateforme Web : www.repensonslamobilite.quebec.

Ce sont 40 municipalités qui sont comptabilisées dans le secteur de la Rive-Sud, et l’ARTM en comptabilise 83 avec la Rive-Nord et Montréal. Entre 2006 et 2016, la Rive-Sud est passée de 430 000 habitants à 500 000 habitants. Les projections en 2036 sont encore à la hausse, avec près de 600 000 habitants.

Dans une journée, ce sont 881 000 déplacements qui sont enregistrés. Des déplacements ayant pour origine la Rive-Sud. Cela représente 11 % de l’ensemble des déplacements en 24 heures sur le territoire de l’ARTM.

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