Plaidoyer pour le patrimoine agricole à Saint-Bruno

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Par Frédéric Khalkhal
Plaidoyer pour le patrimoine agricole à Saint-Bruno
Après plus de deux ans d’attente, l’eau a été installée sur le site du projet de Mme Ménard. (Photo : Frédéric Khalkhal)

Une marche citoyenne devrait se tenir en septembre dans le but de faire un plaidoyer pour la protection du patrimoine agricole et pour la ville nourricière de Saint-Bruno-de-Montarville.

La marche citoyenne avait été programmée le 14 juin, finalement elle aura lieu en septembre « à la demande de la municipalité », comme l’indique Élizabeth Ménard, l’initiatrice du projet qui a pour but d’appeler les citoyens à la protection du patrimoine agricole local en consommant local.

Celle qui est à la tête d’Agriculture urbaine Saint-Bruno, un projet à l’intersection de l’autoroute 30 et de la montée Montarville, a pour objectif de cultiver 43 hectares, dans le respect de la biodiversité, ainsi que de développer la relève agricole. Cette ferme environnementale veut être un complexe agricole à bilan carbone neutre.

Le projet vient dans la droite ligne de la politique municipale qui souhaite faire de cet endroit de la ville un pôle agrorécréotouristique où l’on retrouverait, en plus de ce projet, la station de Ski Saint-Bruno, le parc national du Mont-Saint-Bruno et la future station thermale actuellement en construction.

Mais alimenter la population sans négliger l’environnement nécessite une volonté de la population à consommer local. « Malheureusement, actuellement, la participation des citoyens n’est pas suffisamment grande dans la vente de nos paniers de légumes. Notre objectif est d’assurer notre avenir alimentaire en soutenant l’agriculture de chez nous et en encourageant la consommation des aliments locaux, produits par des entreprises d’ici, en faisant une contribution dans l’achat d’un panier maraîcher hebdomadaire. »

La marche citoyenne de Mme Ménard s’affiche dans la droite ligne de la marche de l’Union des producteurs agricoles organisée le 16 novembre 2018. L’événement « Garde-manger en
danger » découlait des concessions faites par le Canada concernant son marché du lait, des œufs et de la volaille dans l’Accord États-Unis-Mexique-Canada.
« Cette marche, à la surprise générale, avait réuni 5000 personnes. À l’échelle de Saint-Bruno, si nous réunissons une centaine de personnes, cela sera très bien. »

Complexe agricole à bilan carbone neutre
Ce projet a pour objectif de produire encore plus de nourriture tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES).
Afin d’y arriver, l’entreprise fera usage de nouvelles technologies et pratiques. Elle se convertira à la production biologique, ce qui signifie qu’elle traitera les déchets organiques afin de produire du compost et du méthane à l’aide d’un biométhaniseur. Ces technologies seront mises à sa disposition avec le concours de plusieurs partenaires, tels que l’Université du Québec à Trois-Rivières, le Conseil national de recherches du Canada, l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA). Selon Élizabeth Ménard, 10 technologies seront développées grâce à ces laboratoires.

« Elles existent déjà depuis des années, mais elles n’ont jamais eu la chance de sortir des laboratoires. Notre projet va permettre de les mobiliser et de les adapter au domaine agricole. »
Le complexe contiendra notamment des serres afin de produire des fruits et légumes hors saison, mais aussi des productions tropicales. « On va être capables de faire pousser des citrons, des avocats et plein d’autres fruits et légumes qui ne poussent pas d’habitude au Québec. »

« Notre objectif est d’assurer notre avenir alimentaire en soutenant l’agriculture de chez nous et en encourageant la consommation des aliments locaux, produits par des entreprises d’ici, en faisant une contribution dans l’achat d’un panier maraîcher hebdomadaire. »
– Élizabeth Ménard

Un projet à long terme
Ce n’est pas bientôt que ce complexe se construira à Saint-Bruno. Bien que le projet ait été accepté par le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI), le financement provenant de celui-ci n’est pas encore confirmé. « Le ministère met 12 millions de dollars à la disponibilité d’un certain nombre de projets selon un pointage, explique Élizabeth Ménard. On attend encore de connaître quel sera le nôtre afin de savoir quel montant on va recevoir. »
D’autres partenaires ont annoncé leur participation, dont la Ville de Saint-Bruno, qui investira environ 850 000 $, sous condition de l’adoption d’un règlement permettant l’emprunt.

L’arrivée de l’eau
Même si la marche a été reportée en septembre, Mme Ménard a pu célébrer l’arrivée de l’eau sur son terrain : « Nous avons reçu le plus merveilleux de tous les cadeaux… l’eau! Tous, à la municipalité, ont participé (le politique et les équipes techniques) pour résoudre un dilemme inespéré! »

Le liquide indispensable permettra de faire venir des animaux et mieux travailler la terre en friche depuis plus de 15 ans. « La qualité du sol n’est pas là, il va falloir des années de travail pour ramener ces sites en culture. L’année passée, on a fauché le phragmite et cette année, on va se concentrer sur le drainage. »
Les œufs aussi sont très demandés, c’est pourquoi l’entreprise se lancera dans une production de 1500 canards cet été. Les canards en tant que tels seront pratiques pour l’élevage de poissons que l’entreprise prévoit installer.

Un autre animal fera son entrée sur le site : des brebis en lactation. « La brebis, c’est une espèce acceptable et polyvalente. On peut utiliser sa laine, son lait, sa viande, etc. », de soutenir l’entrepreneure. Elle estime leur nombre à 400.

Sur le long terme, plusieurs arbres fruitiers et arbres à noix seront plantés, comme des pruniers, cerisiers, poiriers, etc.
Ce projet en est un d’envergure, mais Élizabeth Ménard se dit déterminée. « On est engagés à livrer aux citoyens ce dont ils ont besoin. Ça fait plusieurs années qu’on travaille sur le projet et on est vraiment sur le point d’y arriver », conclut-elle.

La marche
La marche devrait se faire d’une terre à l’autre sur le territoire de Saint-Bruno, depuis la montée Montarville, jusqu’aux terres de Kobloth, à la limite de Saint-Hubert. Sur le chemin, les citoyens pourront se joindre au cortège qui devrait être animé par des musiciens. La date précise n’a pas encore été fixée.
Pour s’inscrire : fermes@videotron.ca.

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