Permaculture, et plus!

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Par Frank Rodi
Permaculture, et plus!
La plus récente chronique horticole aborde la permaculture. (Photo : courtoisie)

La « permaculture » est presque une inconnue pour la plupart des jardiniers.

Un texte de Réal Scalabrini
Membre de la Société d’horticulture et d’écologie de Saint-Bruno
www.shesb.ca • info@shesb.ca

Définition : Permaculture est une contraction anglophone des mots « agriculture permanente ». À l’origine, elle est un processus de design éthique visant à construire des habitats humains durables en imitant le fonctionnement de la nature, soutenue par quelques pratiques de jardinage. La base étant : l’observation, la compréhension, la réalisation et l’interconnexion avec la nature afin de favoriser la biodiversité au jardin. De plus, l’utilisation optimale et les interactions des ressources afin de les partager équitablement. En d’autres mots, c’est prendre soin de la santé du sol et des humains.

La permaculture a été créée et définie dans les années 1970 par deux Australiens, Bill Mollison et David Holmgren. Après 50 ans, plusieurs intervenants ont tenté de faire évoluer ces principes, les rendant parfois complexes et difficiles à mettre en place.

Aujourd’hui, la permaculture se présente comme l’occasion de faire les meilleurs choix devant une problématique ou un besoin. Son cadre de décision et son coffre à outils offrent d’excellents choix pour développer un projet écologique. L’ajout de techniques culturales novatrices l’a un peu éloignée des principes de la permaculture originelle. Par exemple, les fondateurs ne parlaient pas des fameuses buttes de culture privilégiées actuellement. Les planches de culture (forme plate de la butte) étaient la principale façon de cultiver des maraîchers européens depuis le Moyen Âge. C’est devenu difficile de définir ce qu’est précisément la permaculture à moins de revenir aux idées ouvertes et bienveillantes de ses concepteurs.

La permaculture peut se définir ainsi : un procédé de design écologique réfléchi où, grâce à l’observation de la nature et aux interconnexions, on met en place une approche d’amélioration continue aussi bien du concept que des outils utilisés pour un espace défini.

Quelles différences y a-t-il entre un potager traditionnel et un potager permaculturel? Le potager traditionnel vise la production de plantes comestibles le plus rentablement possible, en se souciant moins de la nature, comme les labours et l’élimination des mauvaises herbes. Le potager permaculturel s’inspire de la nature, c’est-à-dire : aucun labour du sol et l’acceptation de certaines herbes indésirables comme alliées. Cette dernière forme de culture favorise l’importance de l’observation de la nature et l’interconnexion avec l’environnement, alors que la production dans un potager traditionnel se fera avec des formules proposées par des « experts ».

L’aménagement gourmand

Ce type d’aménagement, aussi appelé foodscaping, combine les plantes ornementales et comestibles. Il peut s’agir de légumes, de fruits, de noix, de fleurs comestibles ou de plantes médicinales, ils ont tous leur place dans un aménagement gourmand. Très facile à réaliser en remplaçant les plantes annuelles d’une platebande par des végétaux consommables. Pour avoir un succès, autant esthétique que profitable, l’aménagement devra être soigneusement planifié.

L’objectif est de créer un milieu de vie fonctionnel, écologique et productif. Après avoir récolté vos végétaux, prévoyez leur remplacement avec des plantes comestibles à maturité rapide. Voilà une formidable façon d’obtenir des aliments bios, frais et savoureux.

La forêt jardin

Avec une forêt jardin, le but est de produire chez soi des fruits, des baies, des légumes, des plantes aromatiques et médicinales, et des champignons. L’idée est de mettre en pratique ces principes sur de petits terrains de ville et de créer une véritable petite forêt. Bien sûr, les résultats seront meilleurs sur les grandes superficies. La forêt jardin est un système durable, autonome, résiliant et productif qui ne nécessite pas, une fois la phase d’installation terminée, le recours aux énergies fossiles, à l’eau, au compost ou aux fertilisants.

Elle est composée de sept strates : les grands arbres, les arbres nains et les grands arbustes, les buissons, les herbacées, les plantes à racines profondes, les plantes couvre-sol et les grimpants. Le principal inconvénient est la difficulté à la concevoir sur un terrain qui a déjà de grands arbres qui font de l’ombre sur une trop grande surface. Ce concept a comme principal avantage son autonomie une fois la phase d’implantation terminée.

Jardin biodynamique

C’est durant les années 1920 que Rudolf Steiner proposa la culture biodynamique à un groupe d’agriculteurs. Cet adepte des sciences et des arts occultes prône que le développement des minéraux et du sol, des végétaux et des animaux est issu de phénomènes physiques ou biologiques qui sont guidés par des forces suprasensibles de nature éthérique, astrale et spirituelle. Tous ces éléments formant des associations complexes de forces cosmiques et de forces terrestres.

L’objectif de la biodynamie est d’énergiser les forces cosmiques des plantes à l’aide de « préparats » (purins et thés) que l’on obtient par infusion, décoctions ou incinérations. En jardinage biodynamique, on utilise aussi les composts préparés à partir de plantes en particulier. Ce type de jardinage est aussi une succession de travaux horticoles au rythme de la lune, des planètes et des signes du zodiaque. D’un point de vue écologique, l’approche biodynamique est raisonnable, car il s’agit d’une culture biologique, durable et respectueuse de l’environnement. Le jardinier en biodynamie façonne le paysage et respecte son environnement. Un environnement sain donne des récoltes saines.

Malgré son peu de popularité, la biodynamie est pratiquée dans plus de 60 pays dans le monde. Étant fondée surtout sur des croyances, cette approche a été le sujet de peu d’études et demande beaucoup de connaissances techniques. De plus, cette pratique demande une grande ouverture d’esprit pour saisir le lien entre les organismes vivants, y compris l’influence des étoiles et de la lumière.

Aujourd’hui, les aspects globaux à l’échelle de l’unité familiale sont reconnus. Donc, elle est utilisée par un nombre croissant de jardiniers pour les purins et les thés, sans pour autant leur prêter des pouvoirs ésotériques.

Jardiner avec la lune

Cette approche ancestrale définit les pratiques culturales à faire selon les cycles de la lune. Les anciens s’en servaient en tant que repères naturels. Au cours du 20e siècle, plusieurs études ont démontré que la prise en compte des phases de la lune pour faire différentes opérations culturales au potager avait peu de conséquences sur la productivité.

En période de changement climatique, se fier à la température du sol pour les dates de semis et de plantation est beaucoup plus sûr et efficace.

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