Pénurie de main-d’oeuvre: embaucher au volant

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Par Gabriel Provost
Pénurie de main-d’oeuvre: embaucher au volant
Si les employés pouvaient faire passer des entrevues au volant aux candidats, la plupart choisissaient de sortir de leur voiture pour participer à l'activité et remplir la documentation nécessaire. (Photo: Gabriel Provost)

À peu près toutes les entreprises des quartiers industriels sont à la recherche de personnel dans la région et si la plupart d’entre elles ont sorti drapeaux et affiches pour tenter de trouver, c’est désormais l’embauche au volant qui fait son entrée dans les moyens utilisés.

À Sainte-Julie, les usines et commerces sont majoritairement situés à quelques endroits à travers la ville, de part et d’autre de l’autoroute 20. L’entreprise julievilloise Novatech, qui fabrique de multiples produits destinés au secteur de la construction résidentielle et commerciale, fait partie des joueurs qui ont une installation qui donne directement sur l’autoroute 20. 

C’est l’un des motifs qui ont poussé les responsables des ressources humaines à tenter une nouvelle méthode de recrutement, dans l’espoir de combler la trentaine de postes disponibles dans les quatre usines qui se trouvent à Sainte-Julie et qui comptent près de 300 employés. 

Entrevue à l’extérieur

En arrivant au bâtiment qui se trouve face à l’autoroute Jean-Lesage, on remarque immédiatement les deux tables qui ont été installées près de l’entrée principale de l’édifice, ainsi que les deux employés qui attendent que des candidats potentiels se présentent. « La plupart des personnes qui viennent nous rencontrer descendent de leur véhicule pour venir nous parler, mais nous pourrions réaliser les entrevues au volant », dit l’une des employées qui est présente pour recruter durant cette journée d’embauche.   

Alors que publier les offres d’emploi sur des plateformes internet pouvait autrefois suffire à répondre aux besoins des compagnies, c’est désormais chose du passé pour plusieurs d’entre elles. Novatech a pour sa part choisi de publiciser sa campagne sur les médias sociaux et dans des médias tels que la radio, des mesures qui engendrent des coûts supplémentaires, mais qui ont davantage de potentiel de donner des résultats. 

Selon la vice-présidente des ressources humaines pour Novatech, Geneviève Gauthier, le nombre de postes à combler pour l’ensemble de la quinzaine de localisations de l’entreprise est de 90. « La période actuelle est positive pour notre entreprise au niveau de la production avec la hausse des rénovations résidentielles qui se sont produites durant la pandémie. Étant donné que tout le monde cherche des employés, c’est cependant plus difficile de recruter en ce moment, mais on s’en sort relativement bien pour le moment. »

« Le défi qu’on a actuellement, c’est de garder les gens plus nouveaux, qui arrivent et qui ont plein d’opportunités autour. »

-Geneviève Gauthier

En plus de compter sur le bassin de main-d’œuvre locale, Mme Gauthier indique que « le gouvernement a annoncé des assouplissements pour les travailleurs étrangers donc on va faire appel à eux pour combler les besoins de main-d’œuvre aussi », dit Mme Gauthier.

Pénurie provinciale

Si les entreprises ont autant de difficulté à recruter du personnel, c’est notamment parce que des dizaines de milliers de postes sont à pourvoir dans la province. Le conseil du patronat du Québec indiquait à la mi-juillet que 181 030 postes étaient à pourvoir dans les différents secteurs d’emploi. Au niveau des postes manufacturiers, manufacturiers et exportateurs du Québec estimait en mai dernier que 17 530 emplois étaient à pourvoir dans leur secteur. 

La situation est désormais visible dans la plupart des quartiers industriels de la région, où drapeaux, affiches et autres sont exposés à des endroits où il est facile de les voir de loin afin que des personnes qui passent près d’elles songent à venir postuler pour un emploi manufacturier. 

La présidente-directrice générale du regroupement manufacturier, Véronique Proulx, indiquait d’ailleurs que «  le salaire moyen dans les entreprises manufacturières est de 28$ l’heure et elles offrent souvent des possibilités d’avancement et de formation. » Même avec de tels avantages, les entreprises peinent à trouver les effectifs nécessaires à la pleine production. 

Avec la demande de plus en plus élevée pour les produits locaux durant la période de pandémie, certaines entreprises n’ont d’autre choix que de ralentir leur production pour répondre à la demande, perdant ainsi des possibilités de grandir selon leurs moyens financiers au Québec.

Que faudrait-il faire pour régler la situation actuelle de pénurie de main-d’œuvre?

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