Pascan prêt à remplacer Air Canada région

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Par Frédéric Khalkhal
Pascan prêt à remplacer Air Canada région
Julian Roberts et Yani Gagnon, vice-président directeur de Pascan Aviation. (Photo : Frédéric Khalkhal)

L’annonce de la suspension des liaisons aériennes régionales d’Air Canada a mis plusieurs municipalités en émoi. Pascan, un transporteur aérien basé à l’aéroport de Montréal / Saint-Hubert / Longueuil, se dit prêt à prendre la relève.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) a mis en place une cellule de crise à l‘annonce d’Air Canada, avec la participation de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (AITQ), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et le Réseau québécois des aéroports (RQA) « pour trouver à court terme des solutions durables pour le transport aérien régional », a indiqué le groupe ainsi formé.

En mode urgence, la cellule de crise se réunira plusieurs fois au cours des prochaines semaines pour rencontrer les transporteurs aériens qui desservent déjà les régions et pour évaluer différents modèles d’affaires. Le dialogue sera ouvert avec le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, et le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel.

« Dans les dernières années, l’Alliance a martelé qu’afin d’assurer la compétitivité du Québec, le développement de l’accès aérien était fondamental, et ce, pour que les touristes, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, puissent découvrir l’ensemble du territoire. Les visiteurs doivent pouvoir accéder à des modes de transport fiables, fluides, sécuritaires et abordables pour favoriser l’accès aux expériences touristiques offertes partout au Québec. Il est donc impératif, pour l’essor de l’industrie touristique, que le développement de l’accès, incluant aérien, soit au cœur des discussions économiques », a indiqué Martin Soucy, président-directeur général de l’AITQ.

« On rallie nos forces aujourd’hui pour trouver des solutions pérennes. Tout est sur la table. On veut des solutions maintenant, pour une mise en place dès cet automne. C’est ambitieux, mais c’est une question de vitalité et de survie pour nos régions. Ce n’est pas le temps de se lancer la balle; chaque acteur a un rôle à jouer », a conclu monsieur Daniel Côté, premier vice-président de l’UMQ, président du Comité sur le transport aérien de l’Union et maire de Gaspé.

La première rencontre de la cellule de crise se tiendra cette semaine. Vendredi dernier, Pascan était contacté.

« C’était déjà dans nos projets de mieux desservir le Québec dans les 5 à 10 ans. Nous voulons augmenter notre flotte et choisir des avions de plus grande taille pouvant transporter de 70 à 100 passagers. » – Julian Roberts

Pascan prêt
Julian Roberts, président de Pascan Aviation, habite à Saint-Bruno-de-Montarville et ne se réjouit pas des déboires d’Air Canada. « Pour nous, ce n’est pas une grande surprise. L’industrie de l’aviation mondiale traverse le pire moment de son histoire. Un gros joueur vient de quitter le marché, nous pouvons le remplacer en région. »

La semaine dernière, la compagnie recevait déjà six nouveaux appareils et six autres sont en option. « C’était déjà dans nos projets de mieux desservir le Québec dans les cinq à dix ans. Nous voulons augmenter notre flotte et choisir des avions de plus grande taille pouvant transporter de 70 à 100 passagers. »

Le transporteur avait tenté l’expérience du vol d’affaires vers Toronto depuis Longueuil, mais la concurrence était trop féroce. « Nous voulons désormais nous concentrer à 100 % sur le Québec et ses régions. Cela fait 20 ans qu’on est présent dans les régions du Québec. Avant la COVID-19, nous faisions autant de vols par jour que les grands transporteurs dans la province. »

Tout pourrait s’accélérer dans les plans de Pascan avec le départ d’Air Canada, qui supprime 8 escales et 30 liaisons régionales.
Vendredi, l’entreprise venait d’être contactée par la cellule de crise mise en place la semaine dernière. Elle attendait ce coup de fil.
« Nous avons été le seul transporteur au Québec à pouvoir voler pendant la pandémie. Nous étions considérés comme un service essentiel afin d’approvisionner les hôpitaux, par exemple. Depuis mars, nous n’avons pas manqué un vol », de conclure M. Roberts.

L’entreprise Pascan dit ouvertement qu’elle peut relever le défi qui se présente à elle aujourd’hui, mais elle ne le fera pas sans certaines garanties.

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Roussy
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Roussy

C’est tellement dispendieux actuellement ! Vraiment déraisonnable comme prix !