Pascan en bonne position pour remplacer Air Canada

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Par Frédéric Khalkhal
Pascan en bonne position pour remplacer Air Canada
(Photo : courtoisie - Thomas Fulchiron)

Québec prolonge son Programme d’aide pour le maintien des services aériens régionaux essentiels en période d’urgence sanitaire, et met en place un groupe d’intervention pour trouver des solutions rapides au départ d’Air Canada dans ses dessertes régionales au Québec.

La cellule de crise regroupant l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (AITQ), le Conseil du patronat du Québec (CPQ), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), le Regroupement québécois des aéroports (RQA) et l’UMQ, mise en place le 2 juillet dernier, à l’initiative de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), estime que huit conditions pour assurer la survie du transport aérien au Québec après le retrait d’Air Canada de ses destinations régionales.

Le 7 juillet la cellule a rencontré le ministre des Transports du Québec François Bonnardel et a exposé son plan.
« Le ministre a été à l’écoute et a semblait en accord avec notre vision. Les solutions devraient être ciblées très vite, et la mise en place doit se faire à la fin août début septembre. Il ne faut pas oublier que le transport régional est un service essentiel en région », a indiqué au journal Daniel Côté, premier vice-président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), président du Comité sur le transport aérien de l’Union et maire de Gaspé le 8 juillet.

Lors de la rencontre avec le ministre, huit points ont été jugés indispensables au succès de la démarche. Parmi ceux-ci on peut voir la volonté de la cellule d’élargir les critères d’admissibilité du Programme québécois de réduction des tarifs aériens (PRTA) pour y inclure les touristes, les travailleurs et les étudiants ou encore assouplir les règles d’admissibilité du Programme québécois d’aide pour les dessertes aériennes régionales (PADAR) afin de favoriser l’arrivée de nouveaux joueurs sur le marché.

« Il faut savoir aujourd’hui que le transport aérien au Québec est en situation de libre marché. C’est le Far West. Il y a bien sûr des normes de sécurité à respecter, mais les tarifs ou les horaires de vol ne sont pas réglementés. Il est nécessaire d’organiser une supervision de ce marché par le gouvernement ou bien par le biais d’un modèle coopératif. Aucun modèle n’existe pour le moment », indique M. Côté.

« Il faut savoir aujourd’hui que le transport aérien au Québec est en situation de libre marché. C’est le Far West. » – Daniel Côté

Pascan un bon joueur
Aujourd’hui, au moins cinq transporteurs sont sur les rangs pour jouer un rôle majeur dans cette transformation du transport aérien au Québec. L’entreprise Pascan Aviation, dont le président réside à Saint-Bruno-de-Montarville, Julian Roberts, se dit « prêt à remplacer Air Canada », lorsque nous l’interrogions la semaine dernière.
M. Côté confirme que Pascan « est un très bon joueur sur la ligne de départ. Il propose déjà une belle offre de service et connaît très bien le marché, mais il y a plusieurs bons joueurs sur la ligne. » Le maire de Gaspé nous apprend d’ailleurs que depuis plusieurs mois il a des discussions avec Pascan afin d’assurer une desserte à Gaspé.

En plus de ne pas être pour un libre marché dans le secteur aérien, afin d’éviter de revoir un transporteur comme Air Canada retirer ses vols du jour au lendemain, « il ne faut pas non plus mettre nos œufs dans le même panier. On doit faire jouer la concurrence pour faire baisser les prix. De plus, pour que Québec puisse avoir un rôle à jouer sur les prix des billets, il faut qu’il baisse ses taxes. Aujourd’hui, les taxes représentent 43 % du prix d’un billet d’avion. »

Le transport aérien au Québec aurait des chances de se développer avec des prix abordables. « C’est la question de la poule ou de l’œuf. On a une occasion de revoir tout cela aujourd’hui. Un chantier sur la redéfinition du transport aérien s’impose » de conclure M. Côté.

Au cours des prochains jours, la cellule de crise sur le transport aérien régional rencontrera le gouvernement fédéral, les principaux transporteurs régionaux ainsi que les partenaires du milieu aérien qui développent en ce moment divers projets de transport.

Premières décisions de Québec
Il n’aura fallu que deux jours au ministre des Transports, après sa rencontre avec la cellule de crise, pour annoncer aujourd’hui (le 9 juillet) ses premières mesures.
Ainsi, le gouvernement du Québec met en place, dès aujourd’hui, certaines mesures pour préserver la continuité des services aériens dans les régions touchées.

Le Programme d’aide pour le maintien des services aériens régionaux essentiels en période d’urgence sanitaire, doté d’un budget maximal de 40 M$ et déployé dans le contexte de la pandémie de COVID-19, est prolongé jusqu’au 31 octobre.

Il y aura aussi la formation d’un groupe d’intervention qui aura pour mandat d’identifier des pistes de solutions pour l’avenir des dessertes aériennes régionales. La première rencontre de ce groupe aura lieu le jeudi 16 juillet.

Le groupe d’intervention sur la relance des services aériens régionaux sera présidé par M. Bonnardel. Il sera composé d’un député de chaque formation politique ainsi que d’une quinzaine d’autres institutions concernées par la question.
« Notre priorité est de trouver rapidement des moyens afin de permettre la reprise à court terme des liaisons suspendues » de conclur le ministre.

Des mesures saluées par la cellule de crise.

À Saint-Bruno
Lors de la dernière séance du conseil municipal de Saint-Bruno, le maire rappelait que la population s’inquiétait de la situation, craignant une recrudescence des vols depuis l’aéroport de Montréal / Saint-Hubert / Longueuil situé à proximité de la ville.

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