Pas d’injonction pour empêcher les travaux dans le boisé de Sainte-Julie

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Par Frédéric Khalkhal
Pas d’injonction pour empêcher les travaux dans le boisé de Sainte-Julie
Le terrain qui pourrait accueillir 15 maisons jouxte le boisé protégé par Nature Action Québec. (Photo : Frédéric Khalkhal)

L’injonction demandée par un groupe de citoyens à la Cour supérieure pour stopper les travaux d’un projet immobilier sur un boisé d’intérêt à Sainte-Julie a été rejetée.

Le 15 avril, comme initialement programmé, la Ville de Sainte-Julie a dévoilé les constructeurs choisis pour les travaux d’infrastructures du projet place de la Falaise. Le résultat de l’appel d’offres mentionne cependant que le chantier, aux frais du constructeur, est conditionnel « en attente de conclusion du contrat ».

En effet, la Ville et le promoteur attendaient une décision de la Cour supérieure. Une action en justice du comité de citoyens nommé ‘’Sauvons le versant de Sainte-Julie du mont Saint-Bruno’’ contre le ministère de l’Environnement, et où est mise en cause la Ville de Sainte-Julie, avait aussi déposé une injonction à la cour afin d’arrêter pendant la procédure toutes les actions qui pourraient être menées sur les lieux. La décision du tribunal sur l’injonction était attendue le 14 avril; elle a été finalement rendue le 20 avril en la défaveur du comité de citoyens qui se mobilise contre la destruction d’un boisé d’intérêt au profit de 15 maisons sur l’un des versants du mont Saint-Bruno.

Plus de 15 000 signatures
« Le jugement n’a pas été favorable à notre cause, mais cela ne nous empêche pas de poursuivre notre mouvement », indique au journal Sonia Pépin, l’une des membres du comité. La militante a toujours espoir de voir la mairesse profiter des aides dont elle pourrait disposer pour acheter le terrain. « Je ne sais pas si le promoteur voudra toujours poursuivre son projet face à cette vaste mobilisation. Notre pétition pour protéger ce boisé a déjà dépassé les 15 000 signatures. »

La mairesse de Sainte-Julie, après avoir confirmé lors de la dernière séance du conseil municipal qu’elle comptait toujours donner l’autorisation au promoteur d’aller de l’avant dans une zone ciblée pour le développement depuis 1970, avait aussi indiqué que la Ville « se conformera à tout jugement éventuel » sur ce dossier. « Si les exigences sont respectées, la Ville convoquera les riverains à une séance d’information », a conclu la mairesse, en expliquant qu’en raison de la judiciarisation du dossier, aucun membre du conseil municipal n’en dira plus.

Ainsi, la Cour supérieure ayant rejeté l’injonction, les travaux d’aménagement devraient commencer.

Action toujours en cours
Rappelons que l’action devant la Cour supérieure contre le ministère de l’Environnement suit toujours son cours. En effet, le comité de citoyens évoque la présence d’une espèce florale menacée à l’endroit de la construction et demande à la cour de retirer au promoteur l’autorisation, déjà délivrée par le Ministère, d’aller de l’avant dans son projet. « Cette cause est plus au sujet du fonds. Cela sera un legs pour le futur. Mais nous restons mobilisés et plus de 15 000 signatures contre ce projet immobilier dans le boisé influenceront peut-être la mairesse pour ne pas commencer les travaux », de conclure Mme Pépin.

Au moment de la publication de cet article, le ministère de l’Environnement n’avait pas répondu à nos sollicitations.

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