Pas d’expropriation pour M. Gagné à Saint-Bruno

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Par Frédéric Khalkhal
Pas d’expropriation pour M. Gagné à Saint-Bruno
M. Gagné ne sera pas exproprié de sa propriété par la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville. (Photo : Frédéric Khalkhal)

Lors de la dernière séance du conseil municipal, la Ville a indiqué qu’elle abandonnait l’option d’exproprier un de ses citoyens pour bâtir une garderie sur son terrain. Loin de se réjouir, le principal intéressé ne décolère pas.

« Nous n’avons jamais envoyé d’avis d’expropriation à M. Gagné. Nous lui avons offert un million de dollars pour son terrain. Il nous a indiqué qu’il ne souhaitait plus déménager désormais. La Ville se retire du processus d’achat. Il souhaite rester chez lui. » Nous apprenions lors de la dernière séance du conseil municipal à Saint-Bruno-de-Montarville que le terrain de Joël Gagné, citoyen de Saint-Bruno, ne servira pas d’emplacement pour la nouvelle garderie. La Ville aurait une nouvelle solution. « Nous avons un nouvel emplacement. Il sera dévoilé dès que le processus sera un peu plus avancé », nous a fait savoir le maire de la Ville, Ludovic Grisé-Farand.

Loin de se réjouir de l’annonce, M. Gagné ne décolère pas. « La Ville n’a jamais eu l’intention de m’exproprier, mais plutôt d’acheter ma propriété à rabais. Après une rencontre avec le maire et le directeur général, la Ville m’a fait une offre d’un million de dollars. Il aurait été possible de discuter à partir de 1,6 million de dollars, alors que la valeur marchande de mon terrain, que j’ai fait estimer, est de 2,4 millions », indique-t-il au journal.

La valeur municipale de la propriété de M. Gagné est de 558 200 $, mais rappelons qu’avant d’apprendre que la Ville souhaitait acheter son terrain pour y mettre une garderie, un promoteur lui avait proposé 1,6 M$ pour acheter sa maison et y construire un immeuble de quatre étages pour y faire du logement locatif. Une construction, et donc une vente, qui devenait caduque lorsque la Ville en a changé le zonage, interdisant dans l’ensemble du cœur villageois de bâtir des immeubles de plus de deux étages.

« La Ville a voté l’achat d’un terrain à l’entrée du boulevard Clairvue à 3,3 millions, sur Clairevue Ouest. C’est trois fois la valeur municipale des terrains. Pourquoi moi, on me propose deux fois la valeur municipale? À trois fois, on aurait discuté », explique le propriétaire.

« Après une rencontre avec le maire et le directeur général, la Ville m’a fait une offre d’un million de dollars. » – Joël Gagné

M. Grisé-Farand a confirmé que la Ville venait « d’acquérir 115 000 pieds carrés sur Clairevue Ouest. Une Ville se doit d’avoir une réserve foncière décente afin de faire face à toute éventualité. »

Sachant que l’expropriation n’aurait plus lieu, M. Gagné s’est remis à la recherche d’un acheteur potentiel pour son terrain. « J’ai repris mes démarches auprès des promoteurs. Nous avons eu le nombre de signatures nécessaires pour contester ce changement de zonage et demander la mise en place d’un registre référendaire. Aujourd’hui, le changement de zonage n’est pas encore entré en vigueur. Je suis toujours dans une zone multifamiliale. La valeur de mon terrain n’a donc pas changé. »
C’est dans ce contexte que M. Gagné se dit « toujours pas satisfait. Je suis encore en bataille. On a essayé de me flouer de A à Z ».

Plus intéressée
M. Grisé-Farand a, de son côté, indiqué que « la Ville n’est plus du tout intéressée par son terrain. Même s’il le remet en vente, nous ne ferons pas d’offre d’achat ». Le maire a souligné la chose alors même que Québec pourrait donner bientôt aux municipalités un droit de préemption qui permet à une administration municipale d’acquérir en priorité une propriété privée en vente, aux conditions de la vente projetée.

Le terrain de M. Gagné aurait été utilisé par la Ville pour l’installation d’une garderie. Cela ne sera donc pas le cas, mais la Ville a indiqué avoir une autre solution. « Oui, le site trouvé est encore meilleur que celui du terrain de M. Gagné. Et il était déjà prévu dans l’entente avec la garderie qu’un site alternatif devait être trouvé si jamais la Ville ne pouvait s’entendre de gré à gré avec M. Gagné. Pour l’instant, tout indique que l’option de rechange fonctionnera », de préciser le maire au journal.

Quant à l’option du terrain de l’ancienne église Beaumont, elle n’est pas envisagée pour l’instant, même s’il y aurait l’espace d’y construire une garderie en plus des quatre maisons unifamiliales déjà prévues à cet emplacement. « Nous n’aurons pas besoin de Beaumont », de conclure, confiant, le maire de Saint-Bruno-de-Montarville.

Après le premier emplacement prévu de la garderie sur un terrain municipal au parc du Frère-Marcel-Alary, après la contestation du regroupement POUR la protection du parc Marcel-Alary, le projet de garderie doit de nouveau trouver un autre emplacement que le terrain de M. Gagné.

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