La grève des étudiants 2012

Rien n’est tout blanc, rien n’est tout noir. Blâmer la part de l’ambition nécessaire à ceux et celles qui se lancent en politique, y compris ceux et celles qui représentent les étudiants, me semble dépassé. Il y a au fond un débat qui ne doit pas dégénérer en « jeu de guerre », comme cela semble être le cas. D’un côté comme de l’autre, la politique est une carrière où tout le monde veut avoir raison et vaincre, peu importe le prix. On s’aperçoit vite que la griserie du pouvoir, de part et d’autre, ne mène à rien.

Actuellement, on ne défend pas l’avenir de la communauté québécoise, on cherche à satisfaire son « ego ». Quand on s’engage dans la vie publique, il faut avoir des convictions solides tout en conservant une bonne dose de lucidité. Ce n’est pas vrai que le problème des étudiants se limite seulement à la dénonciation des tarifs. Quand on veut faire preuve d’un civisme 101, on ne fait pas plus de dommages à récriminer que ce qu’on veut obtenir. Dans une famille, on ne détruit pas un téléviseur de 54 pouces pour avoir un suçon. C’est de l’infantilisme. Les professeurs, eux aussi, sont dans l’inconfort de la peur et sont pris entre l’arbre et l’écorce. Je vois mal des cours se donner par un édit de justice, surtout donné à l’unité. Le gouvernement a déjà laissé traîner trop le conflit. Plus rapidement arrivent les pompiers, moins le feu prend de l’ampleur.

L’engagement des partis exige plus qu’un simple discernement ponctuel; il exige aussi une réflexion profonde sur les possibilités d’une démocratie de volonté orientée vers un avenir vivable pour toutes les couches de notre société. Cette réflexion profonde est exigeante et doit se faire dans le silence, puisque sa principale qualité est l’écoute pour acquérir une bonne connaissance de notre société afin d’en discerner les forces, les faiblesses et les faisabilités.

En tant que chrétien, je crois que l’éviction de la spiritualité, sous toutes ses formes dans nos écoles, est en partie responsable de cette perte d’espérance, essentielle à l’amour. Sans espoir, il n’y a pas d’avenir. Nous recherchions la liberté, nous sommes rendus au libertinisme. Nous avons dépassé les bornes. Les gens sérieux, je parle des politiciens et de tout le monde, auraient avantage à relire les tentations de Jésus de Nazareth au désert (Matthieu, 4, 1-11). Ils verraient comment Jésus échappe à la tentation des pouvoirs qui l’auraient irrémédiablement mené à sa perte. Assoyons-nous et retournons à l’essentiel.

François Côté,

Saint-Bruno-de-Montarville