Aucun krach à l’horizon!

(en réponse à la lettre de monsieur Alain Dufour, parue dans Les Versants du 28 mars 2012)

Monsieur Dufour,

Vous tirez vos propos sur la dette de la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville d’un article de Michel Girard paru dans le journal La Presse le 19 mars dernier qui, lui, le tirait de l’article publié dans Urba de mars 2012, le magazine de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). L’article d’Urba se voulait un appel du président de l’UMQ à la veille du dépôt des budgets des gouvernements provincial et fédéral afin de les inviter à mettre en place des programmes d’investissements en soutien aux municipalités. Au Québec, les municipalités sont responsables de près de 60 % des investissements publics. Cette charge représente un défi majeur pour les municipalités et les contribuables. Cela exerce une pression financière importante sur le budget des municipalités qui ne peuvent compter principalement que sur la taxe foncière pour faire face à leurs engagements financiers.

Malheureusement, l’appel du président de l’UMQ n’aura pas été entendu par aucun des deux gouvernements, laissant les municipalités seules à gérer ces défis malgré les besoins incessants.

Je retiens de vos propos qu’il serait préférable de procéder aux réfections de nos infrastructures lorsque les taux d’intérêt seront élevés et lorsqu’il n’y aurait plus de programmes de subventions. En soi, cela est déjà tout un programme, soit laisser les infrastructures se détériorer davantage et ainsi maximiser les coûts et les taxes. Génial. Vous êtes réellement du parti politique qui n’entend rien faire pour la population. Quant à nous, nous faisons face aux besoins et nous voulons éviter les déficits intergénérationnels. Ne rien faire afin de ne pas taxer les citoyens, c’est la pire des solutions. Il n’y a pas de solution magique en ces matières et la politique de l’autruche ne permet pas d’apporter des solutions.

Voici quelques faits au sujet de la gestion de la dette à Saint-Bruno. Entre 2006 et 2011, nous avons financé par la dette 61,3 M$ d’investissements et nous en avons remboursé 28,1 M$, dont 4,5 M$ par anticipation à même les surplus réalisés par la Ville. Des 61,3 M$ investis, 33,8 M$ (55,17 %) l’ont été pour la construction et la réfection de rues et des infrastructures, 9,4 M$ (15,3 %) pour les parcs et les installations sportives, 7,4 M$ (12,1 %) pour les bâtiments municipaux, 2,5 M$ (4,1 %) pour l’acquisition de véhicules, 1,7 M$ (2,8 %) pour l’acquisition de terrains afin de consolider notre parc industriel, 1,2 M$ (2 %) pour l’acquisition de matériels informatiques, 2,6 M$ (4,2 %) pour les frais de financement, 1,5 M$ (2,4 %) pour le financement des régimes de retraite et 1,2 M$ (2 %) pour financer les dépenses du comité de transition.

Des 61,3 M $ empruntés, 37,1 M$ (60,5 %) sont attribuables à notre administration depuis 2006, 19,3 M$ (31,5 %) ont servi à financer des projets amorcés sous Longueuil et 4,9 M$ (8 %) ont servi au refinancement d’investissements faits par des administrations d’avant 2002.

Quant aux deux terrains synthétiques, le premier est un terrain de soccer, le deuxième est un terrain de football; la différence : le soccer se joue avec un ballon rond, le football se joue avec un ballon ovale. Peut-être devriez-vous assister à une partie de chacun de ces sports, vous pourriez en apprécier la différence…

Denis Arpin,

conseiller du district 5 et responsable des finances