Aucun de nous n'habite rue des Roitelets

(Réponse à la lettre signée par Ray James Bernard, Michel de Grandpré, Jean Robert Fournier, Jean-Marc Larsen et François Lépine et parue sous le titre « Un développement résidentiel dans le Boisé des Hirondelles à Saint-Bruno »)

Messieurs,

D’entrée de jeu, il nous apparaît important de préciser qu’aucun d’entre nous habite rue des Roitelets. En fait, nous faisons partie des 7 000 signataires de l’une ou l’autre des pétitions qui ont circulé depuis des années pour la sauvegarde de la forêt des Hirondelles.

De plus, la lecture de votre lettre laisse transparaître une méconnaissance criante du dossier. Nous vous invitons donc à consulter les mémoires déposés lors des audiences publiques du MDDEP en 2000. Ceux-ci proposent d’inclure dans le Parc national du Mont-Saint-Bruno les quelques boisés privés limitrophes au parc de conservation.

Rappelons également qu’il n’est pas question ici que l’État ou la Ville se porte acquéreur de cette forêt. Tout ce que nous exigeons, c’est que la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables soit appliquée dans toute sa rigueur, d’autant que les spécimens de l’espèce en question ne peuvent survivre à un déplacement selon ce qui, le 14 août dernier, a été démontré scientifiquement devant la Cour supérieure. Or, nul ne peut prétendre être au-dessus des lois, qu’il soit propriétaire ou non.

En outre, dans votre lettre, vous vous servez d’erreurs commises à une époque où la conscience écologique s’éveillait à peine, pour justifier celles que vous voudriez commettre, mais cette fois-ci en toute connaissance de cause. Nous savons aujourd’hui que la forêt des Hirondelles se trouve en plein cœur du corridor forestier du Mont-Saint-Bruno que nous tentons de peine et de misère de sauver de la convoitise des spéculateurs fonciers et des promoteurs dont vous vous faites les défenseurs.

Nous vous invitons, de même que tous les tenants du développement résidentiel dans la forêt des Hirondelles, à faire non seulement l’effort de réfléchir sur les liens entre la dégradation de notre environnement et celle de notre qualité de vie, mais aussi de vous questionner sur la pertinence de consacrer annuellement un demi-million de dollars à l’horticulture ornementale à Saint-Bruno-de-Montarville. Voilà une source d’économies qui aurait l’avantage de ne rien détruire!

Enfin, remercions nos concitoyens de la rue des Roitelets, véritables hérauts de la conservation de notre patrimoine naturel, d’avoir alerté la population quant au danger de destruction pesant sur un écosystème forestier d’une extrême rareté.

 

Marilou Alarie, Saint-Bruno

Dr Alain Fréchette, docteur en sciences de l’environnement, Saint-Bruno

Martine Bousquet, Saint-Bruno

Étienne Hannequart-Ferron, Saint-Bruno

Jacques Cyr, Saint-Bruno