Au service des familles

En moins de temps qu’il n’en faut pour dire « Girouette », le ministère de la Famille et des Aînés (MFA) a finalement décidé de fermer les garderies Premiémos et Premiépas. Cette décision troublante met ainsi fin à une entente à l’amiable permettant de garder ces centres ouverts, ce qui pénalise une centaine d’enfants en plus de bouleverser la vie de leurs parents. Triste exemple d’entêtement et d’illogisme bureaucratique, cette situation illustre encore une fois le besoin d’un leadership neuf au Québec.

La loi, c’est la loi

Bien sûr, il ne fait nul doute que les fonctionnaires du MFA sont en mesure de justifier ces fermetures en se basant sur des livres de règlements. Le problème, c’est que les jeunes familles du Québec vivent dans la réalité du quotidien et non pas dans l’univers virtuel des pousseux de crayons du gouvernement. Ainsi, avant d’intervenir de façon radicale dans un dossier sous contrôle, n’aurait-il pas été plus sage de calculer la réelle urgence et les conséquences des actions choisies? Il semble que cela n’a pas été fait. Au lieu d’être au service des familles qui paient leurs salaires, les gardiens de l’État ont préféré mettre à exécution un bête plan de fermeture.

Double standard

Étrangement, cette obsession contre les centres privés survient alors que le réseau public des Centres de la petite enfance (CPE) s’inspire d’une gestion digne de l’ex-URSS. Les garderies sous contrôle du MFA sont ainsi reconnues pour leurs interminables listes d’attente, auxquelles s’ajoutent régulièrement des allégations de copinage et de favoritisme.

Anciennement administré par « l’Honorable » Tony Tomassi, le MFA lui-même a fait l’objet de scandales reliés à la corruption. Ironiquement, s’il eut fallu appliquer aux bureaucrates du MFA la même médecine que celle qu’ils imposent aujourd’hui aux jeunes familles du Québec, nul doute que nombreux parmi eux y auraient laissé des plumes.

Malgré tout cela, il y a de quoi rester positif. La remise en question des organisations publiques comme les commissions scolaires ou les agences de santé aura lieu dans un proche avenir. Ainsi, peut-être que le MFA fera aussi l’objet d’une transformation lui permettant de revenir à sa vocation initiale : répondre aux besoins des familles du Québec plutôt qu’à ceux des donateurs politiques.

Nicolas Godin,

Saint-Bruno-de-Montarville