Trains de banlieue : possible de faire mieux

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Par Frank Rodi
Trains de banlieue : possible de faire mieux

Stationnements, horaires, départs des trains, ponctualité, autobus… Aux questions du journal Les Versants, les usagers qui fréquentent les gares municipales de Saint-Bruno et Saint-Basile se sont prononcés.

À Saint-Basile-le-Grand, les automobilistes qui laissent leur voiture dans le stationnement incitatif peuvent compter sur plus de 444 places asphaltées, dont deux avec des bornes de recharge de 240 volts du Circuit électrique. Cependant, il n’est pas rare d’observer un stationnement utilisé à son plein potentiel. Faute d’espace, des usagers n’hésitent pas à traverser la route 116 pour laisser leur véhicule au marché Maxi avant de prendre le train de banlieue. L’achalandage annuel à cette gare est évalué à 417 000 usagers, selon les plus récentes statistiques fournies par le Réseau de transport métropolitain (RTM). « La gare Saint-Basile représente la 2e gare la plus achalandée de la ligne Mont-Saint-Hilaire, après celle de Mont-Saint-Hilaire (499 500), indique la conseillère – Relations médias et affaires publiques du RTM, Caroline Julie Fortin. Avec un taux d’occupation de 97 %, le stationnement se trouve à plein rendement et des mesures sont à l’étude pour répondre plus efficacement à la demande. » Le RTM envisage la location d’espaces dédiés dans les commerces limitrophes, le réaménagement des circuits d’autobus… Caroline Julie Fortin poursuit : « Toutefois, je ne suis pas en mesure de confirmer quoi que ce soit en termes de projet. »
Yves Lemonde est travailleur de nuit. Il suit un horaire atypique, différent de celui de la majorité des gens qui utilisent le train de banlieue à Saint-Basile. « Pour la question du stationnement, il y a du choix en masse, évoque celui qui gare sa voiture en soirée, prend l’autobus pour se rendre à son lieu de travail et revient la reprendre le lendemain matin. Mais advenant un transfert de jour, il admet qu’il serait inquiet. « Quand je suis de retour le matin, le stationnement est toujours très occupé. Où pourrais-je laisser l’auto? Je me poserais la question parce qu’il semble y avoir très peu de places. »
Puisqu’il franchit quotidiennement la route 116 pour rejoindre son arrêt d’autobus, M. Lemonde mentionne que l’ajout d’une passerelle afin d’assurer la sécurité des piétons est une bonne idée. Ce projet de passerelle a été proposé il y a quelques semaines par le maire de Saint-Basile, Yves Lessard. Celui-ci a évoqué ce qui demeure une suggestion, alors que le dossier de la sécurité autour de la route 116 a refait surface à la suite du décès de Gianfranco Passuello, survenu le 12 janvier dernier.

« Je reviens en train, mais il n’y a pas d’autobus qui passe par ici à l’heure du midi. » – Nathalie Klimpt

Pour Mme Fréchette, une résidante de Beloeil rencontrée à Saint-Basile, la passerelle de franchissement qui permet aux usagers du train de banlieue de traverser d’un côté du quai à l’autre n’est pas idéale pour les personnes d’un certain âge. Il y a effectivement plusieurs escaliers à gravir et à descendre. Autre constat : l’odeur de l’endroit n’a pas plu à la dame. « J’ai l’impression qu’il y a des gens qui prennent ça pour un urinoir! »
Le cas d’Anali Camargo est intéressant. Déménagée à Saint-Basile il y a à peine une semaine, la jeune femme en était à une première expérience avec le train de banlieue de sa nouvelle municipalité lorsque le journal l’a questionnée. Elle a fait le chemin jusqu’à la gare en taxi. « Je n’ai aucune idée s’il y des améliorations à apporter ici. Peut-être proposer plus d’horaires… » C’est notamment pour le transport en commun qu’elle est venue s’installer à Saint-Basile.
Enfin, Susan Daoust évoque le manque de cases de stationnement, surtout en période hivernale. Elle souhaiterait aussi bénéficier de quelques départs la fin de semaine. Un dernier point : « Les wagons sont de plus en plus pleins aux heures de pointe. Il y a moins de places pour s’asseoir. »

Saint-Bruno-de-Montarville

Le stationnement incitatif en bordure de la gare de Saint-Bruno, situé dans l’écoparc industriel, offre 548 places asphaltées, dont deux consacrées aux véhicules électriques. Soit une centaine supplémentaires par rapport à celui de Saint-Basile. Au passage du journal Les Versants au stationnement de la rue Lenoir, plusieurs cases étaient encore disponibles. Plus d’une cinquantaine en matinée. Selon le RTM, son taux d’occupation s’élève à 86 %. « L’achalandage annuel à cette gare se situe à 355 200. Elle est la 4e la plus achalandée de la ligne Mont-Saint-Hilaire », observe Mme Fortin. Mont-Saint-Hilaire, Saint-Basile et Saint-Lambert (avec 371 800 usagers) se classent mieux. Et pour l’instant, il n’y a pas de projet en développement du côté de cette gare, toujours d’après le RTM.
Selon le Montarvillois Alexis Légaré, un étudiant, les problèmes sont plutôt rares sur la ligne Mont-Saint-Hilaire : « Les trains sont toujours à l’heure. S’il y a un retard, ils le rattrapent facilement. Et le stationnement n’est pas un problème parce qu’il y a assez de places. Par contre, c’est plus compliqué d’en sortir tout le monde en même temps à l’heure de pointe, autour de 16 h. »
Autre petit bémol apporté par le jeune homme, le manque de départs, notamment en après-midi, et surtout en soirée : « Si j’ai un cours de soir, je dois prendre l’autobus plutôt que le train pour revenir à la maison. »
Quant à Nathalie Klimpt, rencontrée à la gare â l’heure du midi, elle se sent « abandonnée ici », comme si le RTM offrait seulement un demi-service : « Je reviens en train, mais il n’y a pas d’autobus qui passe par ici à l’heure du midi. C’est un peu compliqué, parce qu’avec une seule voiture, mon conjoint doit venir me chercher. Pour moi, c’est un inconvénient. »
Après vérification, seuls les circuits 91 et 92 du Réseau de transport de Longueuil passent par la gare Saint-Bruno, mais aux heures de pointe.
Elle utilise le train de banlieue tous les jours et comme Alexis Légaré, elle ne dénote pas de problème avec le nombre de cases de stationnement. Cependant, Nathalie Klimpt propose une piste cyclable qui longerait le chemin de fer et passerait par-dessus l’autoroute 30 afin d’aller rejoindre le sentier dans le parc industriel. Ce sentier passe notamment par la rue Marie-Victorin. « Ainsi, pour ceux qui prennent le vélo ou qui marchent, ce serait plus rapide et sécuritaire de rejoindre les quartiers résidentiels. » Une meilleure sécurité, selon elle, par rapport à l’option de la rue Graham-Bell, par laquelle il faut passer pour se rendre à la gare de Saint-Bruno, et qui n’a ni trottoir ni lien cyclable, mais un accotement.
Le RTM soutient que ses données d’achalandage de 2017 ne sont pas encore disponibles. « Elles devraient l’être au cours du mois d’avril », nous répond-on. Les statistiques contenues dans ce texte datent donc de 2016.
La gare de Saint-Basile a été mise en service en 2002; celle de Saint-Bruno l’a été en 2000 à titre temporaire, et on l’a construite de façon permanente en 2012.
Rappelons qu’un plan d’action a été présenté en mars par le RTM afin d’améliorer de façon durable la fiabilité et la ponctualité du service sur chaque ligne de trains du réseau, et ce, à l’année. Les mesures pour la ligne Mont-Saint-Hilaire, qui passe par les gares de Saint-Bruno et Saint-Basile, sont minimes. En effet, la ligne Mont-Saint-Hilaire bénéficiera entre autres d’ajouts et du remplacement d’éléments électriques sur les systèmes d’aiguillage afin de prévenir les problèmes d’enneigement et de gel, qui seraient à l’origine de plusieurs retards comme ceux connus en début d’année.

QUESTION AUX LECTEURS :

Et vous, quelles améliorations apporteriez-vous aux gares de Saint-Bruno et/ou Saint-Basile?

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