Off the Grid : pédaler pour allumer

Photo de Frédéric Khalkhal
Par Frédéric Khalkhal
Off the Grid : pédaler pour allumer
Off the Grid, bientôt un vélo sur le marché pour produire de l'électricité en pédalant. (Photo : courtoisie)

Et si pédaler pour réduire notre facture d’électricité était non pas une vision rétrograde, mais futuriste?C’est le pari que s’est lancé la jeune startup montarvilloise Off the Grid.

Voilà la jeune entreprise émergente montarvilloise sur le point de commercialiser un nouveau concept de vélo stationnaire pour économiser de l’électricité.

« Un premier prototype a été fabriqué et nous travaillons actuellement sur un deuxième prototype afin de l’optimiser. La dernière étape sera celle de la certification avant de pouvoir le vendre à plusieurs acheteurs qui se sont montrés intéressés », nous explique Charles Couture Lebrun, un des cofondateurs de l’entreprise avec Sébastien Brunelle-Jestin.

Vu l’engouement du public autour du concept, les deux entrepreneurs lanceront une campagne de sociofinancement de leur projet sur la plateforme québécoise La Ruche le 15 février.

Le vélo stationnaire, essentiellement destiné aux salles de sport, aux écoles ou encore aux entreprises, permet, tout en pédalant, de fournir une assistance énergétique au système électrique de l’habitation où il est branché.
« Plusieurs écoles ont montré leur intérêt au vélo, comme l’école Durocher à Saint-Lambert », de préciser M. Couture Lebrun

« La dernière étape sera celle de la certification avant de pouvoir le vendre à plusieurs acheteurs qui se sont montrés intéressés. » – Charles Couture Lebrun

Une idée née à Saint-Bruno
L’idée est venue du père de Charles Couture Lebrun, et le lieu pour la mettre en œuvre a vite était trouvé dans le garage, à Saint-Bruno-de-Montarville, de Sébastien Brunelle-Jestin.

C’est au cours d’une discussion avec son père que l’idée lui est venue. « Tout l’effort énergétique après ses entraînements sportifs était pour lui gaspillé. C’est à ce moment qu’il m’a demandé comment il était possible de l’utiliser. »

Après ces deux éléments réunis, l’esprit créatif des cofondateurs de Off the Grid pouvait se mettre en marche.
C’est ainsi que les deux jeunes diplômés, de HECet de McGill, ont pensé à développer un vélo de spinning écoresponsable qui transforme l’énergie créée par les utilisateurs en électricité.

« Nous avons choisi la Rive-Sud, secteur de Montréal, pour notre siège social car nous pouvions avoir une aide de Développement économique Longueuil (DEL) pour nous conseiller. En plus, nous disposions d’un local », explique Charles Couture Lebrun.

Une vieille idée en pratique
En parlant du sujet dans leur entourage, les étudiants ont remarqué que cette idée de pédaler pour faire de l’électricité revenait souvent, et pourtant, rien n’avait été fait au Québec. « Nous sommes les premiers au Québec. »

Ils n’ont ciblé qu’un compétiteur direct aux États-Unis. Ce dernier fabrique son produit en Asie, chose que Off the Grid ne veut pas faire. De plus, Charles indique que leur vélo sera de meilleure facture.

Les deux entrepreneurs, qui ont usé ensemble les bancs de l’école secondaire Mont-Bruno à Saint-Bruno-de-Montarville, comptent bien fabriquer un produit québécois. « Nous travaillons avec un fabriquant basé à Saint-Jérôme. Il y aura des pièces électroniques qui viendront d’ailleurs, mais nous voulons d’un vélo fait au Québec. »

À la force des mollets, les cofondateurs ont déjà remporté récemment le prix du public du MTL Tech Awards, un concours international d’innovation présenté par la Ville de Montréal.

La jeune pousse a aussi remporté, à la fin de l’année dernière au Gala des Prix Innovation de l’ADRIQ, le prix du public pour une entreprise en démarrage.

Une entreprise verte
« Nous avons lancé l’entreprise avec un objectif précis : réduire l’empreinte écologique de chaque entraînement! Avec cet objectif en tête, notre équipe repousse les frontières de la technologie tout en préconisant l’utilisation quotidienne d’énergies renouvelables », peut-on lire sur le site de la jeune entreprise.

C’est ainsi que les vélos, surtout destinés aux salles de sport, permettront de se brancher directement au secteur pour alimenter, sans autre manipulation, le panneau électrique du bâtiment. « C’est un vélo très haut de gamme qui aura un coût de 3000 $. Il est plus destiné à un usage commercial, mais tout le monde pourra s’en procurer. Une personne pourra produire 150 watts en s’entraînant une heure. L’électricité générée viendra directement alimenter le réseau électrique du bâtiment, qui utilisera ainsi moins d’énergie du fournisseur en électricité. »

En limitant le nombre de watts que chacun pourra produire, l’entreprise n’est pas considérée comme un producteur d’électricité, ce qui aurait impliqué l’accord des instances gouvernementales pour mettre leur vélo sur le marché.
Malgré la pandémie, les deux entrepreneurs parviennent à se démarquer et le projet avance à vitesse grand V!
« La production à plus grande échelle est prévue à l’été 2021. Nous comptons vendre nos premiers vélos en septembre. »

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
1 Commentaire
plus ancien
plus récent plus voté
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Marc Foisy
Marc Foisy
28 jours

Super bel article! BRAVO à la créativité québécoise de notre jeunesse. Bon succès à Off thé Grid