Michel Picard : de politicien à écrivain

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Par Frédéric Khalkhal
Michel Picard : de politicien à écrivain
Michel Picard, auteur de Memoriam, édité par Les Presses de l’Université d’Ottawa. (Photo : Frédéric Khalkhal)

Michel Picard, l’ancien député fédéral de Montarville, publie son premier roman : Memoriam. Le journal est allé à sa rencontre.

Ceux qui croisaient le chemin de Michel Picard dans les rues de Saint-Bruno-de-Montarville en l’appelant ‘’monsieur le député fédéral de la circonscription de Montarville’’ auront peut-être la surprise, la prochaine fois, de n’avoir que la possibilité de parler littérature avec l’écrivain. « Je ne retournerais pas en politique. J’ai bouclé la boucle. Je suis allé jusqu’au bout du processus en déposant un projet de loi en matière de fraude pendant mon mandat. Je ne serais jamais un gérant d’estrade. L’écriture de ce roman a été un réveil. »

Par contre, les plus intimes pourront reconnaître ce qui semble avoir toujours allumé l’homme. Ce danseur de rock acrobatique, joueur de piano, joueur de basse, passe désormais son temps « à la culture et à l’art. J’ai repris des études universitaires dans la pratique du piano et de la basse et je suis une formation en ligne sur le langage corporel. À côté de ça, je pense dix-huit heures par jour à mes personnages. »

Ne comptez pas lire, en ayant dans les mains Memoriam, le titre du premier roman de l’auteur, les souvenirs d’un homme politique dans les couloirs d’Ottawa. D’ailleurs, dans la quatrième de couverture, on ne fait même pas mention, au fil de la biographie de l’auteur, qu’il a été député fédéral.

« Les personnages m’ont guidé un peu là où ils voulaient. J’ai écrit ce livre comme un film. » – Michel Picard

Il ne s’est cependant pas mis devant une page totalement vierge de son existence pour raconter l’histoire de Philippe, un jeune neurologue qui consacrera sa carrière à la maladie d’Alzheimer. Le même mal qui a emporté le père de l’auteur. « J’ai abordé ce thème pour rendre un hommage à mon père, lui faire un clin d’œil, mais cela n’était pas une manière pour moi de pouvoir me libérer de quelque chose. J’ai accepté la maladie de mon père. Je trouve par contre que la mémoire est un puits d’inspiration. Je ne voulais pas non plus écrire une histoire qu’on se raconte autour d’une bière.

Je voulais lui donner de la substance. » Ses années d’études à Paris, son analyse de renseignements criminels et les souvenirs de sa vie ont su guider son imagination pour donner vie à ses personnages de fiction. « En fait, j’ai laissé le livre me surprendre. L’intrigue du début n’était pas celle que j’avais imaginée au départ. Les personnages m’ont guidé un peu là où ils voulaient. J’ai écrit ce livre comme un film. »

Michel Picard vient à bout, avec Memoriam, de cinq ans d’écriture. Son deuxième livre, une suite imbriquée dans cette première histoire, ne devrait pas tarder, car il pense déjà à l’écriture de son troisième roman, toujours avec les mêmes personnages.

« Il doit y avoir 1 à 2 % des artistes qui vivent de leur art. Beaucoup d’entre eux doivent travailler ailleurs pour continuer leur passion. J’ai un grand privilège d’avoir des bases solides pour me lancer dans l’écriture. Merci à Danièle (sa femme) d’être avoir moi. Elle a d’ailleurs lu le livre en trois jours. »

Memoriam est édité par Les Presses de l’Université d’Ottawa et l’auteur a bien l’intention de faire vivre ses personnages à travers la francophonie.
D’autres projets se profilent à l’horizon pour l’ancien homme politique. Dans une émission de télévision, d’après ce que nous avons pu comprendre. « Je ne peux rien dire pour l’instant. »
Il n’y a cependant aucune ambiguïté quand on lui demande comment il se définit aujourd’hui. « Je suis un écrivain! »

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