Menace de grève dans le transport scolaire

Menace de grève dans le transport scolaire

BE Grisé Transport s’ajoute aux transporteurs scolaires qui menacent de faire la grève.

Crédit photo : Archives

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour le domaine du transport scolaire, puisque plusieurs syndicats de chauffeurs d’autobus d’écoliers se sont dotés de mandats de grève, notamment à Sainte-Julie et Longueuil.

Du côté de la Rive-Sud, ce sont les chauffeurs d’Autobus Rive-Sud divisions Longueuil et Sainte-Julie, membres de la Section locale 106 du syndicat des Teamsters, affilié à la FTQ, qui menacent de débrayer, en adoptant un mandat de grève le 1 mars dernier.

De meilleures conditions de travail

Selon Stéphane Lacroix, directeur des Communications et des Affaires publiques de Teamsters, les offres salariales proposées ne sont pas bien reçues par les travailleurs. « Ils demandent des augmentations de salaire décentes, car en ce moment, les hausses de salaire sont en bas de l’indice des prix à la consommation qui a été majoré à 1,8 % », explique-t-il.

Le gouvernement provincial a légèrement augmenté l’enveloppe monétaire aux commissions scolaires de 1,43 %, ce qui est nettement insuffisant pour les travailleurs. Il poursuit : « On demande que le gouvernement Couillard augmente l’offre monétaire aux commissions scolaires, qui engagent les services des transporteurs privés, et qu’une partie de cette enveloppe soit dédiée pour améliorer les conditions de travail des chauffeurs d’autobus. »

Le président de la Section locale 106 des Teamsters, Jean Chartrand, presse le gouvernement de rectifier le tir : « Le gouvernement du Québec devra se pencher sur ce dossier en priorité s’il veut éviter de porter l’odieux du déclenchement de plusieurs grèves. »

2000 à 2500                    C’est le nombre d’élèves qui pourraient subir les conséquences d’un éventuel conflit de travail.

Il a aussi exposé les conditions de travail des chauffeurs d’autobus. « Les conditions de travail dans cette industrie sont difficiles : conditions climatiques, état des routes qui laisse à désirer, stress de devoir conduire dans les bouchons de circulation, manque de respect des autres usagers de la route à l’égard des autobus scolaires, comportement des élèves et horaires coupés s’ajoutent à des salaires médiocres. »

Stéphane Lacroix confirme que ces employés gagnent entre 20 000 et 25 000 $ par année : « Parmi les chauffeurs d’autobus. il y a beaucoup de mères monoparentales et de préretraités qui, à ce salaire, ne peuvent pas améliorer leur sort; ça en dit long sur le niveau de résolution. »

Les impacts d’une grève

Travaillant pour le transporteur privé Sogesco, la cinquantaine de chauffeurs assurent le transport scolaire pour les commissions scolaire Des Patriotes, Marie-Victorin et Des Grandes Seigneuries en Montérégie. Ainsi, dans l’éventualité d’une grève, ce sont plusieurs municipalités qui seront touchées, telles que Saint-Bruno-de-Montarville, Longueuil, Sainte-Julie, Saint-Basile-le-Grand, Chambly et plusieurs autres.

Selon Stéphane Lacroix, les impacts d’une grève seraient considérables : « Les débrayages peuvent toucher entre 2000 et 2500 élèves, en Montérégie seulement, mais ça touche plus les parents qui verront leur horaire perturbé et devront trouver une manière alternative pour reconduire les enfants à l’école. »

À plus grande échelle, sur l’ensemble des six commissions scolaires visées en Montérégie, à Montréal et dans l’Ouest-de-l’Île, ce sont plus de 8000 élèves qui seront atteints.

La grève en dernier recours

Depuis l’adoption des mandats de grève, il n’y a pas eu de nouveaux développements dans les négociations, mais les délais sont serrés, d’après le directeur des communications. « Actuellement, ça ne regarde pas bien. Dans l’univers syndical, il peut y avoir des déblocages à la dernière minute, mais on entrevoit les deux ou trois prochaines semaines comme étant dangereuses, dans le sens où il peut y avoir des débrayages. »

Il assure que la grève ne sera déclenchée qu’en dernier recours. « Faire la grève ce n’est pas une partie de plaisir, parce que les travailleurs ont besoin du peu qu’ils gagnent, soutient-il. Le but, c’est d’avoir gain de cause et de faire des avancées en discutant; la grève, c’est notre dernier choix. »

D’autres développements devraient suivre dans les jours à venir.