Lulu Hughes, la Montarvilloise

Lulu Hughes, la Montarvilloise

La chanteuse Lulu Hughes.

Crédit photo : Michel Hannequart

La chanteuse Lulu Hughes, de Saint-Bruno-de-Montarville, s’est confiée au journal Les Versants lors du dévoilement de la programmation 2018-2019 du Centre Marcel-Dulude. Rencontre.

Au printemps dernier, Lulu Hughes annonçait qu’elle était en rémission du cancer du sein qui l’affligeait depuis près d’un an. Entre ces deux dates, la femme a dû passer par des traitements de chimiothérapie; aussi, par le départ de sa mère, qui a été « très dur ». Selon elle, il y a maintenant un avant et un après. « Ma santé est très bonne. Je prends du poids, à cause des médicaments, mais c’est bon signe, d’après mon médecin. » Toute cette histoire lui a donné une « belle grosse lueur rouge ». Elle poursuit : « J’ai été chanceuse ou pas? Je ne sais pas, mais ça m’a permis de changer des trucs. Ça m’a pris cette maladie pour allumer. »

Aujourd’hui, elle est présidente d’honneur du Défi têtes rasées, l’événement au profit de Leucan, qui aura lieu aux Promenades Saint-Bruno le 27 mai prochain. Et pour le Relais pour la Vie, qui se déroule au lac du Village à Saint-Bruno-de-Montarville en juin? « Non… mais si on m’appelle… »

« Le temps d’extra que j’ai, je veux le passer avec mon enfant. » – Lulu Hughes

L’artiste de la scène croit que si elle avait vécu son cancer à 30 ans, elle aurait peut-être eu besoin d’un coup dur supplémentaire pour comprendre, pour réaliser la chose. Mais ce qu’on apprend et ce qu’on vit à 50 ans s’enracinent. « À cause de ma fille. Nous sommes une famille tissée serrée. J’étais proche de ma mère. Mais durant sa maladie, ma mère ne pouvait plus être là pour moi. Pendant que je suivais mes traitements, elle ne pouvait plus être là pour ma fille, qui commençait sa 1 année : une année scrappée. Pour elle, pour ma fille, je n’avais pas le choix de ne pas sombrer dans la déprime. Je devais rester forte, droite comme une barre, sourire, rire », déclare-t-elle. Le cancer lui a aussi permis de réaliser que chanter est pour elle viscéral, vital.

Pour l’une des rares fois de sa carrière, Lulu Hughes compte sur l’appui d’un gérant. La raison : mettre du temps pour son enfant. « Je compte sur mon gérant, tout en gardant un œil sur ce qui se passe dans ma carrière. Mais le temps d’extra que j’ai, je veux le passer avec mon enfant », explique la mère monoparentale.

Grandir à Saint-Bruno

Lulu Hughes a grandi à Saint-Bruno-de-Montarville avec sa famille. Elle a notamment résidé sur la rue Buies. Après un séjour en Europe, elle demeure encore sur le territoire aujourd’hui. « Le paysage a changé tranquillement à Saint-Bruno, commente celle qui a fréquenté l’École primaire Mgr-Gilles-Gervais et l’École De La Rabastalière. Ma mère a travaillé au Sun Wah et à la pizzeria. J’ai fait percer les oreilles de ma fille à la bijouterie Mado, là où ma mère a fait de même avec moi. » Des souvenirs? Elle déplore la destruction du Collège Mont-Saint-Gabriel, en novembre 1990, se souvient d’un spectacle de Julie Masse au bar L’Entregent et des cornets qu’elle allait chercher au snack-bar Chez Claude : « J’ai connu tout ça! »

Spectacle hommage à Janis

Lulu Hughes sera au Centre Marcel-Dulude le 23 mars 2019. Elle proposera Lulu sings Janis, un concert hommage à Janis Joplin, qu’elle promène en tournée. Ce spectacle souligne le 45e anniversaire de la parution de Pearl, album posthume de l’interprète de « Me & Bobby McGee ». « Janis a connu un triste destin. Après un certain succès d‘estime, c’est avec Pearl, un album qu’elle avait pris le temps de peaufiner pour une nouvelle identité artistique, qu’elle est entrée dans la légende. Elle est venue changer l’appartenance des femmes dans l’industrie musicale. C’est une légende et personne ne lui arrive à la cheville. »

Le père de Lulu Hughes, un musicien, est décédé en 1971. C’était près d’un an après la mort de Janis Joplin. Il se nommait Bobby, comme dans la chanson. « Ma mère chantait “Me & Bobby McGee” et je la voyais pleurer. Janis jouait beaucoup à la maison. C’est la mort de ma mère, l’an dernier, qui a été le déclencheur du spectacle Lulu sings Janis. Pour moi, c’est la tournée qui n’a jamais été réalisée. »

La principale intéressée sera accompagnée sur scène par ses musiciens. Elle interprétera le disque Pearl dans son intégralité, et poursuivra sa performance avec des titres d’Etta James, de Tom Jones, de Tina Turner, de Big Mama Thornton…

Celle qui a grandi à Saint-Bruno admet que ce sera un honneur de se produire à la maison. Bien qu’elle ait déjà collaboré avec d‘autres artistes (Luce Dufault, entre autres) au Centre Marcel-Dulude, ce sera pour elle une première en solo. « Je serai à quelques minutes de chez moi. Ma fille sera ici », se réjouit Lulu Hughes, qui rêve d’offrir un jour un concert d’opéra. « Ce serait un spectacle très différent de ce que je fais. »

D’ailleurs, avec son frère Rick et le musicien Mike Plant, elle planche actuellement sur un autre concept musical qu’elle souhaite présenter prochainement. « C’est un spectacle sur l’histoire de la musique de nos vies, à mon frère et moi, de Elvis Presley à Led Zeppelin, en passant par du funk, du rock, du heavy metal : notre univers musical, de l’époque de nos parents à aujourd’hui. »

QUESTION AUX LECTEURS :

Quels souvenirs conservez-vous de Saint-Bruno-de-Montarville?