Louis Émond traduit en mandarin et en arabe

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Par Frank Rodi
Louis Émond traduit en mandarin et en arabe
L’auteur jeunesse Louis Émond et les trois versions de son album La belle histoire d’une vieille chose; dans l’ordre, en arabe, en français et en mandarin simplifié. (Photo : Chantal Ferrat)

Auteur jeunesse

La belle histoire d’une vieille chose, cet album prisé des lecteurs de Louis Émond, a été traduit en mandarin simplifié cette année, alors qu’une traduction en arabe a aussi été mise sur le marché en 2018. Entrevue avec l’auteur jeunesse de Saint-Bruno-de-Montarville.

Qu’est-ce que ça représente pour vous ces deux traductions?

Ces traductions signifient que j’ai écrit une histoire qui peut toucher n’importe qui, enfants ou adultes, peu importe l’endroit où ils vivent, à part peut-être les gens qui n’ont jamais vu de voiture de leur vie; mais alors ils ne verront jamais ce livre non plus! Mais cela signifie aussi que quelque part dans les Émirats ou en Chine, des enfants vont le lire et seront émus par l’histoire toute simple de cette vieille voiture, comme le sont ici les enfants – et les adultes – qui l’ont lue et qui m’en parlent.

Êtes-vous surpris de ces traductions en mandarin simplifié et en arabe?

Si tu gardes en tête les centaines de livres pour la jeunesse qui paraissent chaque année au Québec et les milliers qui sont publiés dans le monde, tu ne peux qu’en être surpris. Je veux dire par là que des éditeurs d’ailleurs, que ce soit de Chine ou de Dubaï, aient choisi de faire traduire et publier celui que tu as écrit, ça ne peut que t’étonner, compte tenu du choix immense qu’ils et elles avaient. Et encore une fois, tu te répètes que tu as été chanceux de te promener un jour en un lieu où tu as remarqué une vieille bagnole abandonnée en te disant : « Et dire que cette automobile a déjà été neuve… » Bref, d’avoir eu l’inspiration pour une histoire qui aurait une résonnance, selon certaines personnes, ailleurs que chez toi, si loin de chez toi.

Comment on en vient à avoir des œuvres traduites dans d’autres langues? C’est le travail de qui?

C’est essentiellement un travail d’équipe. Mais c’est d’abord le travail de celles et ceux qu’on appelle des représentantes ou représentants de la maison d’édition ou de la boîte de diffusion. Ce sont ces personnes qui se rendent dans les foires du livre, comme à Bologne ou à Bruxelles, et présentent et vantent des livres qu’ils ont publiés ou dont ils assurent la distribution, et dont on croit qu’ils ont une chance, si mince soit-elle, de trouver preneurs chez les éditeurs d’autres pays. C’est ce qui s’est produit avec La belle histoire d’une vieille chose.

Dans votre carrière, est-ce que d’autres albums ou romans ont déjà été traduits?

Malheureusement, non. On me l’a souvent prédit pour tel ou tel livre, mais c’est la première fois que cela arrive pour vrai. Et des premières fois, à mon âge, il y en a de moins en moins…

« Ces traductions signifient que j’ai écrit une histoire qui peut toucher n’importe qui, enfants ou adultes, peu importe l’endroit où ils vivent. » -Louis Émond

Qu’est-ce qui est plus valorisant pour un auteur : être traduit ou remporter un prix pour une œuvre en particulier?

En fait, je dirais que rien ne s’inscrit dans la durée, alors le plus l’fun pour un auteur jeunesse, c’est quand un enfant te dit qu’il a lu ton livre et qu’il l’a a-do-ré ou mieux encore, que c’est son livre pré-fé-ré. Ça, ça dure. Tu y reviens constamment dans ta tête. Le bonheur d’avoir gagné des prix littéraires ou d’avoir été traduit existe, bien entendu, et c’est une forme de reconnaissance qui fait du bien à laquelle je repense parfois, mais chaque fois, je peux t’assurer que l’effet est moins grand que celui du commentaire venant d’un enfant – ou même d’un adulte, car j’en reçois – sur tel album, tel recueil de nouvelles ou tel roman que j’ai écrit.

Depuis la pandémie et la situation de nos aînés, est-ce que La belle histoire d’une vieille chose a pris une nouvelle signification pour vous?

Bien entendu, à cause du sort de la vieille voiture qui est abandonnée, laissée à elle-même, isolée. Mais dans mon histoire, ça se termine sur une note juste un peu plus joyeuse, plus optimiste, grâce aux enfants, ce que j’ai pu également constater sur plusieurs photos quand les grands-parents apercevaient leur petit-fils ou petite-fille par la fenêtre. Mais un autre album que j’ai écrit m’a récemment fait établir un lien évident entre le confinement et la fable que je raconte. Il s’agit de L’étrange peur de Monsieur Pampalon, l’histoire d’un homme qui ne sort jamais de chez lui… parce qu’il a peur.

Le confinement, l’occasion de s’inspirer pour du nouveau matériel?

J’attends avec impatience la parution à l’automne chez Soulières éditeur d’un roman policier pour adolescents et jeunes adultes. Le titre, choisi bien avant la pandémie, est Les ennemis invisibles. On y verra d’ailleurs que les virus ne sont pas les seules choses que l’on peut surnommer comme ça. Je travaille aussi actuellement à l’adaptation d’une nouvelle en roman que je destine à la collection noire de La courte échelle et qui raconte l’histoire d’un jeune garçon qui doit s’enfermer durant toute une nuit dans une maison – décidément, l’enfermement, on ne s’en sort pas! – que l’on dit hantée. Le thème est loin d’être nouveau, mais ce n’est pas tant la chanson qui importe que la manière de la chanter. J’ai également une nouvelle qui va paraître dans une collection de nouvelles de genre et plein d’autres projets qui mijotent dans ma tête.

La pandémie forcera peut-être l’annulation de plusieurs salons du livre… une réaction?

Je verrai comment les choses se présenteront. Les salons, je dois le reconnaître, sont pour moi une source de grandes joies, mais aussi d’un peu de frustration. N’étant pas un auteur de best-sellers, il m’arrive de passer une longue heure à mon kiosque sans une seule visite, surtout la journée, en semaine. Par contre, les soirs et la fin de semaine compensent toujours largement, d’où mon ambivalence. Mais y aura-t-il des salons cette année? Trop tôt pour le dire. Toutefois, avec une, sinon deux parutions à l’automne, je serais bien heureux de pouvoir signer quelques copies et jaser avec mes lectrices et mes lecteurs, ne serait-ce que parce que cela signifierait que la situation est en train de se résorber. Sait-on jamais? Peut-être est-ce que ce sera aussi l’occasion de renouveler le concept des salons, question de respecter la distanciation si celle-ci est encore nécessaire.

Paru aux éditions de la Bagnole en 2016, l’album La belle histoire d’une vieille chose est écrit par Louis Émond et illustré par Steve Adams. L’histoire est racontée à travers les yeux d’une bagnole abandonnée.

QUESTION AUX LECTEURS :

Avez-vous déjà lu La belle histoire d’une vieille chose?

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Roseline Émond
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Roseline Émond

Félicitations mon petit frère! Pour avoir lu cette touchante histoire, je peux dire que ce récit est universel, comme l’est le vieillissement de tous tes lecteurs; il permet de réaliser comme est précieuse la vigueur de la jeunesse. Le fait qu’il retienne l’attention des jeunes et des moins jeunes, reflète sans contredit la nature même de tout être vivant.
Très beau travail et félicitations à Chantal.
Roseline Émond