Longueuil penche pour Varennes

Longueuil penche pour Varennes

Longueuil devrait investir 37 millions de dollars pour l’agrandissement de l’usine de biométhanisation de Varennes.

Crédit photo : Archives

Longueuil serait plus encline à envoyer les matières résiduelles organiques (MRO) de l’agglomération à l’usine de biométhanisation de Varennes plutôt que de construire son propre biométhanisateur.

À la lumière des informations révélées par La Presse la semaine dernière, la Ville de Longueuil est prête à investir plusieurs millions de dollars dans l’agrandissement de l’usine de biométhanisation de la Société d’économie mixte de l’est de la couronne sud (SÉMECS) à Varennes.

Il s’agirait d’un investissement d’environ 37 millions de dollars pour pouvoir y faire traiter les matières résiduelles organiques des cinq villes de l’agglomération de Longueuil.

Un agrandissement est alors inévitable si l’on souhaite traiter toutes ces matières. D’après Sylvain Berthiaume, directeur général par intérim de la SÉMECS, l’usine traite actuellement 30 000 tonnes de MRO sur une capacité de 40 000 avec 27 municipalités membres. « On va s’approcher des 40 000 tonnes déjà pour 2019 », dit-il.

« L’usine pourrait éventuellement grandir et desservir d’autres municipalités. Un projet comme Longueuil à lui seul est de 35 000 tonnes, donc on n’a pas la capacité de traiter 100 % de la matière actuellement », a-t-il souligné.

Il semble que cette mesure soit préférée à celle de construire ce que Longueuil appelle le centre de recyclage des matières organiques par biométhanisation et compostage (CeReMo), qui tardait à être planifié. Les villes étaient en voie de ne pas pouvoir respecter les échéances provinciales et payer une pénalité à cet effet, selon la conseillère municipale montarvilloise Isabelle Bérubé.

« Un projet comme Longueuil à lui seul est de 35 000 tonnes, donc on n’a pas la capacité de traiter 100 % de la matière actuellement. »

– Sylvain Berthiaume

Une entente à venir

Le comité exécutif de l’agglomération de Longueuil a adopté le 30 janvier dernier une convention entre la Ville de Longueuil et la SÉMECS. Le dossier devra toutefois avoir l’aval du conseil d’agglomération, qui se rassemblera le 21 février prochain, avant d’aller de l’avant.

Le porte-parole de la Ville, Louis-Pascal Cyr, a confirmé le début du « processus décisionnel » en même temps la semaine dernière.

Si c’est le cas, une entente interviendra alors entre la Ville de Longueuil et la SÉMECS. À noter que cette entente ne concernerait que l’agrandissement de l’usine. Une autre devra être conclue par après pour la valorisation des matières organiques.

Tombera alors à l’eau le projet du CeReMo. Il faut se souvenir que Longueuil songeait à cette option depuis plusieurs mois, voire un an. La SÉMECS confirmait en octobre que des pourparlers étaient toujours en cours avec l’administration.

Après l’entente de Saint-Bruno

Si entente il y a, celle-ci débuterait seulement en janvier 2023, soit bien après que celle entre la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville et la SÉMECS se termine.

Rappelons que Saint-Bruno a conclu la sienne le 12 novembre dernier pour une durée de 16 mois, jusqu’en mai 2020 avec une année d’option qui mène jusqu’en avril 2021, au coût de 352 765 $. Longueuil en paie une partie, près de 200 000 $, puisque le traitement des matières résiduelles est une compétence d’agglomération.

Saint-Bruno devra alors prendre une décision pour les mois restants avant le début de l’entente de Longueuil. Quant à l’entente à intervenir avec Longueuil, elle sera d’une durée de 20 ans et sera renouvelable automatiquement pour deux autres décennies, à moins d’avis contraire.

Il est à noter que la Ville de Brossard avait aussi commencé la collecte des matières organiques sur son territoire l’année dernière. Celle-ci a toutefois choisi d’expédier ces matières en Ontario, tout comme celles du projet-pilote de Longueuil.

À propos de la biométhanisation

Le biogaz créé par le processus de biométhanisation est vendu à Biogaz EG, le partenaire privé de la SÉMECS, où il sera utilisé comme énergie. Le digestat produit est quant à lui vendu aux producteurs agricoles.

Toutes les municipalités du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) ont comme responsabilité de suivre le Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles, dont l’objectif est de recycler 60 % des matières organiques résiduelles d’ici 2025.

Ce plan s’appuie sur la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles qui vise à éliminer le résidu ultime, c’est-à-dire celui qui n’est plus susceptible d’être traité ou revalorisé.

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