Longueuil espère mettre fin aux avis publics de l’agglomération dans les journaux locaux

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Par Frédéric Khalkhal
Longueuil espère mettre fin aux avis publics de l’agglomération dans les journaux locaux
La séance du conseil de l'agglomération se tenait en vision conférence aujourd'hui. (Photo : Agglomération de Longueuil)

L’agglomération de Longueuil, sur l’initiative de la Ville de Longueuil, a déposé jeudi un avis de motions d’un règlement pour éliminer la publication des avis publics dans les journaux locaux.

Aujourd’hui, la Ville de Longueuil apporte un sujet sur la table de l’agglomération. Éliminer les avis publics de l’agglomération dans les journaux locaux.

En effet, aujourd’hui à 16 h, l’agglomération de Longueuil lors de sa séance virtuelle, décidera d’aller de l’avant ou pas dans son avis de motion au point 8.2, avec un projet de résolution au point 8.3.

Pourtant, la Ville de Longueuil indique dans les communications pour ses citoyens qu’elle « poursuit ses mesures d’appui aux entreprises de son territoire (…) pour faire face aux défis majeurs que pose le contexte de la COVID-19. »

« Le moment n’est pas bon. À ce stade-ci, est-ce que c’est pertinent? » – Martin Murray

« Nous mettons tout en œuvre afin de soutenir nos entreprises et les aider à traverser cette crise, notamment par des mesures financières de répit, mais aussi en préparant la relance économique pour que, lorsque les circonstances le permettront, elle soit la plus rapide possible », a déclaré la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent.

La Ville de Longueuil demande cependant de supprimer les avis publics des journaux locaux, qui sont eux aussi des entreprises locales qui sont aussi sur la liste des entreprises et des activités prioritaires au Québec.

Le gouvernement Legault consacre, depuis le début de la crise sanitaire et économique, 99 % du budget publicitaire de Québec dans les médias québécois. Il a même décidé de tripler ce même budget pour aider les médias québécois aux prises avec des revenus publicitaires en chute libre.

Alors pourquoi cette volonté de supprimer les avis publics de la part de l’agglomération de Longueuil?

La Ville de Longueuil nous a envoyé comme réponse à l’ensemble de nos questions la copie de l’avis de motion.

On y lit que « le budget attribué au service du greffe en 2019, pour la publication des avis publics, était de 40 000 $. En 2020, ce budget a été fixé à 10 000 $. »

La Ville de Longueuil souhaite ainsi profiter de la loi 122 donnant plus de pouvoir aux municipalités pour se soustraire de cette obligation d’information de la population, en publiant désormais les avis publics sur son site Internet. « Par ce règlement, les avis publics exigés en vertu de toute disposition de toute loi générale ou spéciale applicable à la Ville ne seront publiés que sur le site Internet de la Ville. Le service du greffe continuera par ailleurs à afficher ces avis sur le babillard situé à l’entrée de l’hôtel de ville », est-il possible de lire aussi.

À Saint-Bruno-de-Montarville

Contacté sur le sujet, le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, qui siège à l’agglomération de Longueuil, estime que « le moment n’est pas bon. À ce stade-ci, est-ce que c’est pertinent? »

Pour le maire de Boucherville, Jean Martel, sa position est claire. Il votera contre cet avis de motion.

« La Ville de Boucherville soutient les médias locaux et communautaires de notre région et elle continuera de le faire afin d’assurer l’accessibilité à l’information à tous et pour favoriser une saine démocratie », indique la Ville de Boucherville.

M. Martel a indiqué en séance qu’il serait défavorable à cette mesure si elle allait de l’avant et que l’économie qui serait faite par l’agglomération était minime comparativement à la précarité des médias locaux actuellement. « Est-ce que c’est important d’aller de l’avant? »

La mairesse de Brossard, Doreen Assaad s’est également exprimé sur cet avis de motion en indiquant qu’elle se posait des questions quant à la visibilité du site de l’agglomération de ses citoyens, et qu’il était préférable de poursuivre les publications sur les médias locaux.

À l’ensemble de ces remarques, la mairesse de Longueuil n’a pas voulu émettre de commentaire indiquant qu’il était trop tôt dans le processus pour en débattre publiquement. Elle a juste indiqué pour justifier sa position que « c’est une façon de faire qui est maintenant mise a notre disposition. »

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