L’intelligence artificielle pour prévenir les noyades

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Par Frédéric Khalkhal
L’intelligence artificielle pour prévenir les noyades
(Photo : courtoisie)

Le manque de main d’œuvre affecte les lieux de baignade qui manquent de sauveteurs. Une problématique qui pourrait favoriser l’intelligence artificielle au profit de la surveillance des baigneurs.

Les sauveteurs sont les premiers intervenants en cas de noyade. Cependant, un manque de main d’œuvre oblige certains établissements à limiter leurs heures d’ouverture. Pour répondre à cette pénurie, le ministère des Sports du Québec a décidé de rendre gratuites, dès cet automne, les formations de sauveteur afin de pallier à ce manque de personnel. Il faut savoir qu’il faut actuellement débourser environ 1000 $ pour une centaine d’heures de formation pour gagner ses galons.

« Comme les lieux de baignades ont été fermés pendant la pandémie, il était prévisible qu’il y aurait une pénurie aujourd’hui de sauveteurs. Avant la pandémie, ce sont 5500 nouvelles personnes qui étaient formées. En 2020, il n’y en avait plus que 2400. Ce chiffre à grandi en 2021 pour atteindre 4400 et en 2022 nous devrions avoir environ le même nombre de personnes formées. Il y a un énorme travail à faire », d’indiquer Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage du Québec.

L’arrivée de l’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle vient proposer des solutions de surveillance des lieux de baignade afin non seulement de permettre d’améliorer la sécurité des baigneurs, mais aussi pour proposer une aide au manque de sauveteurs.

Un logiciel d’une sart-up israélienne agrémenté d’intelligence artificielle peut désormais repérer qu’un baigneur à disparu et donner l’alerte sur une plage. Le logiciel Sightbit enregistre toutes les images des caméras disposées le long des plages. Si un nageur est en difficulté, un appareil motorisé trop proche des côtes ou tout autre danger pour les baigneurs, le logiciel lance l’alerte. Le système est testé actuellement sur une plage en israël.

Dans les Landes françaises, le Helper-Drone vient en aide aux baigneurs en difficulté en leur parachutant d’un drone une bouée de sauvetage. Il est envisageable que l’intelligence artificielle puisse diriger ce drone bientôt, comme les drones IA.

Le système POSEIDON, est quand à lui un systèmes de vision par ordinateur pour la détection de noyades en piscine, se répand un peu partout dans le monde. L’entreprise française, qui n’est pas encore présente au Canada, a déjà mis en place son système de surveillance dans une quinzaine de pays en Europe, en Asie du Sud-Est et aux États-Unis. « Nous souhaitons avoir l’opportunité de proposer nos solutions au Canada », d’indiquer l’entreprise aux Versants. L’équipementier indique que « Même si le système est très performant, il faudra toujours des sauveteurs pour prendre en charge la victime, mais dans une certaine mesure il pourrait répondre à la pénurie de sauveteur en rationalisant les effectifs de surveillance. »

À l’aide de caméras et de capteurs situés au-dessus du bassin et/ou sous l’eau, un panneau d’alerte visible de tous dans la piscine est actionnée dès qu’une personne en détresse est détectée par le système. Une alarme sonore se déclenche et l’alerte est donnée simultanément sur l’écran de contrôle et sur le panneau LED, indiquant par ailleurs l’emplacement de la personne dans le bassin aux sauveteurs.

Pour équiper un bassin de 25 mètres, il en coûte 130 000 dollars, un coût non négligeable. Poséidon a équipé plus de 300 bassins et a détecté plus de 50 noyades réelles.

Conformité des lieux de baignade
M. Hawkins regarde d’un œil aussi intéressé que méfiant l’arrivée de la technologie dans le monde du sauvetage. « Ces systèmes doivent quand même prendre une personne pour intervenir. Comme dans tous système, il y a du bon et du moins bon, mais oui, cela pourrait éviter des noyades en mettant en place des mesures d’urgences plus rapides », précise M. Hawkins qui nous indique que la Société de sauvetage du Québec travaille elle aussi actuellement avec l’université de Poitiers pour équiper les lieux de baignade de caméras sous-marine à 180 degrés. « Le sauveteur serait équipé d’une tablette qu’il regarderait au moment de son balayage visuel pour voir ce qu’il se passe sous l’eau. Il y aurait des coûts moindres. » Un système qui ne nécessite pas cependant l’intelligence artificielle.

La Société de sauvetage du Québec est aussi entrain de travailler sur un projet pilote d’intelligence artificielle afin de surveiller les clôtures des piscines publiques afin d’éviter qu’on les escalades de nuit. L’actualité a malheureusement démontrer que les baignades nocturnes illégales dans des piscines publiques peuvent finir de manière dramatique.

Même si l’intelligence artificielle semble commencer à jouer un rôle dans la sécurité des baigneurs, pour M. Hawkins « il faut s’assurer avant tout de la conformité du lieu de baignade, même s’il existe des systèmes de surveillance. »

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