L’homme-orchestre et ses marionnettes

L’homme-orchestre et ses marionnettes

L’homme-orchestre Louis Bergeron, entouré des marionnettes du . (Photo : courtoisie)

Centre Marcel-Dulude

Le spectacle pour enfants Le reel de la locomotive sera joué au Centre Marcel-Dulude, à Saint-Bruno, ce dimanche 20 janvier. Entrevue avec l’homme-orchestre de la compagnie Marionnettes du bout du monde, Louis Bergeron.

Louis Bergeron est le créateur de ces petits spectacles ambulants – une trentaine au total – qu’il trimbale seul partout au Québec, dans la francophonie canadienne et en Europe depuis 1980.

Homme-orchestre

« Je joue en solo. Un jour, j’ai été impressionné par le travail d’un musicien homme-orchestre. J’ai décidé d’appliquer ce même principe au théâtre de marionnettes », explique au téléphone Louis Bergeron.

Il incarne donc plusieurs personnages à la fois, transforme sa voix pour chacun d’entre eux, s’occupe aussi du son et de l’éclairage – la technique – grâce à un système de pédales installé sur lui. « Je suis totalement autonome », insiste-t-il.

« Je joue en solo. Un jour, j’ai été impressionné par le travail d’un musicien homme-orchestre. J’ai décidé d’appliquer ce même principe au théâtre de marionnettes. » – Louis Bergeron

En tournée, il débarque seul dans les salles ou les écoles qui le reçoivent avec les accessoires nécessaires au spectacle du jour. Son matériel tient à l’intérieur de 25 valises qu’il déplace d’une ville à l’autre. En janvier, par exemple, il aura visité Québec, Saint-Étienne-de-Lauzon, Saint-Augustin-de-Desmaures, Saint-Bruno-de-Montarville, Saint-Jean-Chrysostome, Côte-Saint-Luc. « Ça demande beaucoup d’énergie, mais ça fait partie de ma tâche », mentionne M. Bergeron.

Son répertoire actuel est composé de sept histoires différentes qu’il propose aux enfants, dont la plus récente, Le reel de la locomotive, qui sera présentée au Centre Marcel-Dulude.

Inspiré de Pinocchio

Cette production, s’adressant à un public de 4 à 8 ans, raconte l’histoire de G. Dubois, qui transforme une vieille locomotive à vapeur en moulin à scie. Chaque jour, ce monsieur vieillissant de 70 ans débite des arbres pour en faire des planches. Au cours de sa vie, Gérard Dubois a été fasciné par le phénomène de l’évolution. Pendant le spectacle, il assistera, avec le public, à l’évolution des planches lorsque celles-ci se transformeront en petits personnages. « À partir de ce moment, une aventure s’y engage, souligne M. Bergeron, qui admet avoir été inspiré de l’histoire de Pinocchio pour Le reel de la locomotive. « Le bout de bois qui se met à parler…, c’est à partir de cette idée que j’ai entamé cette histoire. »

Homme-orchestre, Louis Bergeron sait tout de même bien s’entourer. Pour chacune de ses prestations de marionnettiste, une équipe s’est empressée de lui venir en aide. Par exemple, pour Le reel de la locomotive, Amélie Bergeron a été une ressource à la création, Alain Boies s’est penché sur la musique originale, alors que Zoé Laporte et Claudia Gendreau se sont chargées de la scénographie. « Pour la création des spectacles, j’engage des gens afin d’assurer une meilleure qualité, sinon je plafonnerais. Pour chaque production, il y a une musique originale », ajoute celui qui a étudié en arts visuels à l’Université Laval.

Interactif avec le public

Durant les spectacles, des jeunes sont choisis par les marionnettes et sont intégrés dans l’action afin de s’impliquer dans l’histoire : ils parlent et s’expriment, ils sont consultés et écoutés. À Saint-Bruno, un garçon et une fille viendront assister le scieur de bois. « À l’aide de trous dans mon décor – ici dans la locomotive -, je fais croire que ce sont les marionnettes qui sélectionnent les enfants volontaires. »

Caché derrière son matériel, Louis Bergeron rappelle que dans certains cas, l’auditoire voit le marionnettiste manipuler les personnages, un procédé qu’il n’apprécie guère. « Ça me dérange. Ça vient nuire à ma lecture de l’histoire. Personnellement, je suis toujours caché. »

Après toutes ces années, M. Bergeron dit poursuivre sa carrière de marionnettiste pour la passion, surtout celle des représentations. « Ça me fait vivre et ça me nourrit. Soulever une foule avec seulement quelques bouts de chiffon, des boîtes de conserve, je trouve cela fabuleux! Mon but est de démystifier mon domaine, et de sensibiliser les enfants aux arts, leur montrer qu’avec peu, il est possible de créer une œuvre. »

Marionnettes du bout du monde en chiffres

Depuis 1980, la compagnie Marionnettes du bout du monde a réalisé 31 créations, a donné 6 421 représentations, 2 580 animations d’ateliers (dans le cadre du programme Culture-Éducation du Québec), en plus de proposer 13 expositions de marionnettes et décors. À ces chiffres, il faut aussi ajouter six tournées européennes, en France, Belgique et Ukraine. Des ateliers de formation ont aussi été offerts en Haïti.

QUESTION AUX LECTEURS :

Aimez-vous les spectacles de marionnettes?

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