L’homme des montagnes au secours des fondations

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Par Frank Rodi
L’homme des montagnes au secours des fondations

Serge Dessureault au sommet de l’Aconcagua

En compagnie de cinq compagnons, le Montarvillois Serge Dessureault revient d’Argentine, où il a gravi l’Aconcagua, la plus haute montagne d’Amérique avec son sommet à 6 962 mètres d’altitude. L’expédition a permis d’amasser 4 000 $ pour D.I.R.I.G.E.S., une nouvelle fondation qui vient en aide aux jeunes ayant des difficultés d’estime de soi en Montérégie.

L’ascension de l’Aconcagua s’est effectuée sur le territoire argentin, non loin de la ville chilienne de Santiago, qui se trouve être le point culminant des Andes. Serge Dessureault était accompagné de Maurice Beauséjour – son complice d’expéditions en montagnes de plusieurs années –, Benoit Gagnon, Danyel Simard, ainsi que Benoit Lamoureux et Stephane Piacente, respectivement le vice-président et le président de la Fondation D.I.R.I.G.E.S. Ensemble et assistés de trois guides, ils ont gravi la montagne entre le 28 décembre 2011 et le 21 janvier 2012 afin de promouvoir D.I.R.I.G.E.S., dont le slogan est Changer le monde un jeune à la fois. « Nous avons défoncé l’année au camp Confluencia, à 3 400 mètres », explique Serge Dessureault, en entrevue au journal Les Versants. 

Fondation D.I.R.I.G.E.S.

La Fondation D.I.R.I.G.E.S., incorporée le 27 juin dernier, est un organisme à but non lucratif. Elle se donne pour mission de Changer le monde un jeune à la fois, et ce, en procurant à des jeunes les ressources nécessaires qui leur permettront d’augmenter leur estime de soi et les aideront à devenir des adultes autonomes, notamment en leur faisant rencontrer des mentors et des conférenciers qui leur donneront le goût de faire un métier. « Il faut encadrer et motiver ces enfants », explique le grimpeur montarvillois.

Pour y parvenir, il faut trouver des ressources humaines et financières adaptées aux défis et aux besoins qui auront été identifiés. Voilà en quelque sorte l’explication du nom de la fondation. D.I.R.I.G.E.S. est en effet l’acronyme de son mandat, à savoir le « Développement Individuel des Ressources Intéressées à Générer l’Estime de Soi ». Pour eux comme pour la fondation, peu importe le domaine de la vie auquel on s’intéresse, l’être humain doit toujours être placé au centre. « Depuis que j’ai grimpé au sommet de l’Everest, en 2007, j’ai décidé de consacrer toute nouvelle aventure à une cause précise. Il y en a de plus populaires que d’autres, mieux connues que d’autres, mais celle-ci, D.I.R.I.G.E.S., est une toute nouvelle fondation, qui touche les jeunes. Je me devais de m’y impliquer lorsque j’ai été approché par son président, Stephane Piacente. Ils sont vraiment à leur début, mais déjà, grâce au bouche-à-oreille, des écoles s’y intéressent. » 

En 2006, afin de s’entraîner en vue de gravir le mont Everest, Serge Dessureautl et Maurice Beauséjour avaient tenté l’ascension de l’Aconcagua, mais sans succès. « À l’époque, pour une meilleure préparation, nous avions décidé de partir à l’aventure dans un mauvais temps de l’hiver. C’est la météo qui fait en sorte que l’aventure fonctionne ou pas. Le vent me levait de terre carrément! Et quand nous sommes chef d’expédition, il faut savoir prendre des décisions lorsque surviennent des situations risquées. J’ai donc décidé de tout arrêter et de ramener notre groupe en sécurité. Cette fois-ci, la météo était plus favorable », de poursuivre celui qui, lorsqu’il ne gravit pas des montagnes, grimpe les échelles en tant que pompier pour la Ville de Montréal.

Selon lui, un bon grimpeur doit aussi avoir beaucoup de patience, un bon contrôle de ses émotions, une excellente condition physique, être honnête avec lui-même et détenir un sens de la proximité afin de bien s’entendre avec le reste du groupe.

C’est sous des températures de – 15° C et des vents d’environ 15 km/h que l’ascension de l’Aconcagua s’est déroulée. Serge Dessureault retient surtout de son périple l’esprit d’équipe et l’énergie qui se dégageait du groupe. « Les émotions sont souvent à fleur de peau en montagne. Nous avons tous eu un moment mal en point, une période difficile, mais l’énergie du groupe était fantastique. Tous encourageaient celui qui voulait parfois abandonner. Rendus au sommet, il y a un mélange d’émotions qui nous ont envahis. D’abord personnelles, parce que chaque sommet est une réussite en soi; la boucle est bouclée. Mais il y aussi les émotions en tant que responsable d’équipe, de quatre ou cinq gars, et dont je suis comme le père de famille qui vient d’accompagner ses enfants. C’est aussi de très belles émotions et une grande fierté », indique celui qui attaque les sommets depuis plus de 13 ans. Il s’adonne aussi à la course à pied un peu partout à travers la planète. 

Un besoin d’aider son prochain

Pour l’homme marié et père de deux enfants, ce besoin de venir en aide aux autres remonte à l’enfance. Très jeune, il a vu son père connaître de graves problèmes de boisson. Jusqu’à ce que ce dernier se suicide. « J’avais neuf ans. Je me suis senti comme une petite merde. À l’âge de 12 ou 13 ans, j’ai décidé de foncer dans la vie à 100 milles à l’heure! J’ai connu de petits succès, surtout grâce au sport, et ce furent mes plus beaux moments depuis la mort de mon père. On se fait alors regarder différemment. C’est ce qui m’a fait avancer dans la vie jusqu’à l’âge de 18 ans. Les portes se sont ouvertes. J’ai été enseignant, afin d’aider les jeunes. Ensuite, le métier de pompier a pris la relève. Aujourd’hui, je suis capitaine de ma caserne et je fais des sauvetages en hauteur. Nous sommes communément appelés les » araignées « . »

Au bout de son échelle ou au sommet des montagnes, Serge Dessureault poursuit sa mission, soit celui de venir en aide aux gens dans le besoin.  

Pour obtenir plus d’informations sur la Fondation D.I.R.I.G.E.S., visitez le site Internet http://www.diriges.net.

 

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