L’exploration créatrice sans limites de Jean-Pierre Neveu

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Par Frank Rodi
L’exploration créatrice sans limites de Jean-Pierre Neveu

Artiste invité de la dernière Fête des Arts de Saint-Basile-le-Grand, le Grandbasilois Jean-Pierre Neveu s’est vu décerner lors de cette occasion non seulement le prix « Coup de cœur du public » en tant que peintre, mais également celui en tant que sculpteur. Monsieur Neveu pratique aussi l’art de l’écriture. Rencontre avec un être dont le génie créatif est vaste, mystérieux et complexe.

« C’est gratifiant et d’un réel plaisir, pour nous les artistes, de se savoir invités à un événement comme la Fête des Arts. Mais de recevoir en plus le prix « Coup de cœur du public », ça signifie que mes œuvres rejoignent les gens. Cet honneur, c’est comme une correspondance avec le public et ça, c’est encourageant! » lance d’entrée de jeu Jean-Pierre Neveu, que le journal Les Versants a rencontré chez lui, dans son atelier créatif, entre toiles éparses, sculptures remontant à son adolescence, notes, essais, photos, croquis et un sympathique labrador. 

L’an prochain, Jean-Pierre Neveu célébrera le jubilé de sa carrière d’artiste, carrière qu’il a amorcée alors qu’il n’avait que 14 ans. Depuis, le fils de la célèbre poète grandbasiloise Fernande Pelletier-Neveu a accumulé les œuvres de peinture, notamment des scènes de maisons canadiennes et de forêt à ses débuts, et les sculptures d’Amérindiens et d’Inuits. « En tant que peintre forestier, je reproduisais ce que je savais, quelque chose de réel. Je me suis vite rendu compte que je n’avais plus de « fun ». Je ressentais ce besoin de créer quelque chose d’encore plus fort afin de ressentir de l’émotion. C’est ainsi que j’ai décidé de créer mon propre monde, pour faire quelque chose de nouveau », explique l’un des fondateurs de l’Association des sculpteurs sur pierre de la Montérégie. C’était en 1993, dans le Studio Créativ’Art de Saint-Basile-le-Grand.

C’est ainsi que pendant trois jours, assis à la maison, l’artiste se lance en dessins automatiques. Il en ressort alors de nouveaux arbres, une nouvelle chlorophylle, une nouvelle énergie; bref, les bases d’un monde inconnu, jamais vu, jamais découvert à ce jour dans le « monde des idées et des énergies qui se déplacent dans l’air ».

« Tant qu’à aller plus loin, j’ai aussi inventé les lois d’évolution qui régissent ce monde. J’ai raffiné le tout, je vivais ma peinture! Par exemple, contrairement à nous, cet univers connaît cinq saisons, dont la saison des vents. C’est un monde beau et calme. » C’était il y a 26 ans. Depuis, Jean-Pierre Neveu explore ce monde de science-fiction, son univers onirique et créatif, qu’il creuse davantage tous les jours. Mais ce n’était pas assez; ce n’est pas terminé…

La preuve, en avril 2012, lors d’un vernissage qui soulignera ses 50 ans en tant qu’artiste, celui qui est maintenant retraité depuis deux ans lancera sous l’étiquette de sa propre maison d’édition, Mi-Fiction, le premier tome du Perceur d’univers, un roman de 920 pages sur lequel il travaille depuis cinq ans. Le tout constituera une grande trilogie. « Mes réflexions m’ont obligé à rédiger ce livre, mais j’avais aussi envie de partager mon monde créatif avec les gens. La peinture n’était pas suffisante. Mes toiles ont beau émettre une vibration, ça demeure des scènes figées. J’ai donc voulu reproduire l’évolution de l’histoire de cet univers que j’ai créé », indique celui qui est né à Saint-Basile-le-Grand le 12 avril 1948, soit la même journée que l’incendie du presbytère.

Le Perceur d’univers relate l’histoire d’un artiste peintre qui s’infiltre dans une nouvelle dimension et de laquelle il ramène des images splendides afin de peindre ses tableaux. Un jour, une forme d’énergie négative atteint cette dimension, qui est pure…

Et l’exploration de l’artiste ne s’arrête pas là; pour 2013, Jean-Pierre Neveu planche déjà sur une exposition de sculptures en 3D qui reproduiront les plantes et arbres de son fameux monde fantastique. L’exploration, encore et toujours…

À l’aube de ses 64 ans et ressentant le poids de ses cheveux gris, Jean-Pierre Neveu, le papa et le grand-papa de la petit Anaëlle – une inspiration pour lui –, formule trois vœux avant de voir le grand tunnel… : rendre sa Denise heureuse, toucher émotionnellement les gens avec sa peinture et faire en sorte que les artistes s’unissent afin d’aller plus loin dans leur art.      

 

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