Les rues ouvertes aux jeux

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Par Frédéric Khalkhal
Les rues ouvertes aux jeux
Le projet pilote Dans ma rue on joue! est devenu un règlement de la Ville lors du dernier conseil municipal. (Photo : archives)

Dans ma rue on joue! C’était le projet pilote qu’avait lancé la ville de Saint-Bruno en juin 2019 pour favoriser le jeu libre dans ses rues pour la période estivale. Le projet est aujourd’hui devenu réalité.

Le nouveau règlement autorisant le jeu libre dans certaines rues, votée par les conseillers municipaux de Saint-Bruno-de-Montarville le 21 avril, tombe à point.

Alors que les citoyens sont confinés depuis des semaines, les rues de nos villes sont devenues des exutoires, des endroits pour nous exprimer par des dessins sur les trottoirs, des marches pour prendre l’air, mais aussi des endroits où jouer.

Le règlement 2020-7 à Saint-Bruno-de-Montarville, modifiant le règlement sur la circulation, le stationnement et la sécurité publique, permet désormais d’introduire le jeu libre dans certaines rues.

Du projet pilote à l’été 2019, la mesure est même devenue une politique mise en place par la Ville.

La politique adoptée

Instauré par la ville de Belœil en 2016, Dans ma rue on joue! est un projet qui permet à n’importe quel résidant de proposer sa rue afin qu’elle se transforme en zone de jeu sécuritaire. De 7 h à 21 h, ces zones deviendront actives et les automobilistes devront redoubler de prudence et baisser leur vitesse à 30 km/h.

« La politique a comme objectif de favoriser l’activité physique, de permettre le bon voisinage et de sensibiliser les usagers de la route à la cohabitation sur les chemins publics », peut-on lire dans la réglementation.

Toutes les rues ne sont cependant pas ouvertes librement aux jeux libres. Il y a quelques consignes à respecter et la première d’entre elles est de faire une demande à la Direction du loisir, de la culture et de la vie communautaire.

Les artères principales de la Municipalité ne sont pas concernées par cette mesure, et les rues où il sera possible de jouer devront se trouver dans un quartier résidentiel.

La rue ne pourra pas non plus être trop inclinée ou trop passante et une majorité des citoyens de l’endroit concerné devront être consultés.

Si la demande est acceptée, un sondage sera alors transmis aux citoyens du tronçon de rue concerné. Le taux de participation minimum devra être de 66 %, comme le taux de personnes répondant en faveur du projet.

Si le processus chemine favorablement, la rue sera alors désignée comme étant une rue de jeu libre et la Ville autorisera une réduction de vitesse à 30 km/h pendant la période où le jeu libre est autorisé.

Si le sondage n’est pas concluant, les initiateurs de la demande devront attendre une année pour en faire une autre.

Une demande d’annulation pourra être effectuée après une période de 3 ans pour laquelle le jeu libre aura été instauré dans sa rue.

La Ville se réserve cependant le droit de procéder à une annulation de jeu libre dans la rue en tout temps.

L’importance du jeu libre

Pour la Coalition Poids et l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), les politiques et règlements municipaux ainsi que l’aménagement urbain ont une grande influence sur les habitudes de vie des familles, et en particulier sur la pratique d’activités physiques. Rappelons qu’au Québec, un jeune sur quatre est en surpoids.

« Le jeu libre à l’extérieur a beaucoup de bienfaits sur le développement et la santé des enfants. Il favorise la prise de décision, l’évaluation des risques, la résolution de problèmes, les interactions sociales et augmente la concentration. De plus, les enfants qui jouent dehors sont plus actifs et moins à risque d’être en surpoids », expliquait Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids, lors de la mise en place du projet pilote à Saint-Bruno.

Pour Martin Murray, cette nouvelle politique de la Ville ne s’affiche que dans la continuité de ce qu’elle avait déjà amorcé. « Nous l’avions officialisé dans certaines rues lors du projet pilote (les rues Cabot, Mesnard et une partie de la rue Carillon), nous allons désormais l’étendre. Les trottoirs resteront cependant pour les piétons. »

« Nul ne peut conduire un véhicule sur un trottoir, un terre-plein, un accotement ou un passage piétonnier, sauf lorsque les panneaux de signalisation le permettent. Les conducteurs de ces véhicules doivent circuler avec prudence et accorder la priorité aux piétons.»

Avant l’adoption de la loi 122 en 2017, il était illégal au Québec de jouer au milieu de la rue et la police pouvait émettre des contraventions aux joueurs dans la rue.

La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville empêche toutefois la police de donner ce genre de contraventions depuis 2015.

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