Les poubelles de la Ville débordent dans le parc national du Mont-Saint-Bruno

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Par Frédéric Khalkhal
Les poubelles de la Ville débordent dans le parc national du Mont-Saint-Bruno
Suzanne Brossard est révoltée de voir les poubelles déborder ainsi dans le parc de la Sépaq. (Photo : Frédéric Khalkhal)

Les sept résidences ayant leur adresse au parc national du Mont-Saint-Bruno tirent la sonnette d’alarme sur la gestion des poubelles dans le parc par la Ville.

Des poubelles de recyclage qui débordent et qui ne renferment pas que des matériaux recyclables ; des bacs bruns de compost ouverts qui n’attendent que de nourrir les animaux à l’affût ; des sacs de plastique jonchant le sol; des détritus volant au vent, s’engouffrant dans le parc de la Sépaq… C’est le tableau peu ragoûtant que dresse Suzanne Brossard qui réside, comme plusieurs autres personnes, à l’intérieur du parc national du Mont-Saint-Bruno. Une situation qu’a pu constater le journal.

Les propriétaires sont excédés de voir que la Ville ne fait pas le nécessaire pour ramasser tous ces bacs qui débordent en plein cœur d’un parc national. « Cela fait 52 ans que je vis dans ce parc, je n’ai jamais vu ça. Cela fait des mois que nous avons contacté la municipalité pour signaler le problème et rien n’a été fait », explique la propriétaire qui régulièrement, comme d’autres résidants du parc, prend le râteau disposé à proximité et ramasse les détritus éparpillés par la faune, le vent ou même les nombreux marcheurs qui sont plus d’un million chaque année à passer par là. « C’est la responsabilité de la Ville de s’occuper de cet endroit convenablement en collaboration avec la Sépaq. Nous sommes au cœur d’un parc national. J’ai honte en tant que Québécoise. »

Les résidants du parc ont avisé une inspectrice en environnement à la Ville de Saint-Bruno pour la prévenir de la situation en mars. « Je tenais à lui faire part de nos préoccupations quant à la gestion des rebuts et souligner la déficience du système actuel », peut-on lire dans un courrier écrit par l’une des résidantes et adressé à tous les autres.

Ils n’ont eu aucune réponse en retour. C’est le journal qui a appris la situation au maire de Saint-Bruno, Martin Murray. Ce dernier en était surpris et très favorable à trouver une solution rapidement. Le directeur général de Saint-Bruno, Sylvain Brouillette, a été avisé de la situation seulement hier également. Il ignorait la chose. « Je suis sensibilisé à ce dossier pour la première fois. Je vais prendre ce dossier de manière prioritaire. Il faut régler la situation et trouver une solution durable », nous a indiqué ce dernier.

Aussi contactée par le journal, la conseillère du district 6, son district, Marilou Alarie, qui siège également à la Table d’harmonisation de la Sépaq, indique que personne ne l’avait interpellée sur le sujet. « À cet endroit, le service est offert de la même manière qu’ailleurs dans la municipalité. Il y aurait là matière à replanifier les choses. »

« C’est la responsabilité de la Ville de s’occuper de cet endroit convenablement en collaboration avec la Sépaq. Nous sommes au cœur d’un parc national. J’ai honte en tant que Québécoise. » – Suzanne Brossard

Un endroit municipal
Bien que situé à l’intérieur du parc national du Mont-Saint-Bruno, le site des poubelles à proximité de la maison des agents du parc est un endroit sous la responsabilité de la municipalité. En effet, les résidants du parc sont taxés par la Ville pour avoir ce service et le ramassage des différents bacs se fait au même rythme que le ramassage des déchets dans l’ensemble de la municipalité.

Cependant, cet endroit n’est pas comme les autres. Chaque année, plus d’un million de visiteurs visitent le parc de la Sépaq. L’endroit, situé à l’entrée ou à la sortie des visiteurs, devient l’endroit parfait trop souvent pour vider son sac de pique-nique ou d’autres déchets.

Il n’est donc pas rare de voir ces poubelles déborder au désespoir du directeur du parc Cédric Landuydt. « Je suis frustré et fâché! À la Sépaq nous avons un contrat privé avec une entreprise qui vient de manière quotidienne vider toutes les poubelles dans le parc, sauf au seul endroit qui est de la responsabilité de la Ville de Saint-Bruno. Il y a deux jours en voyant les photos, nous avons signalé à la municipalité notre insatisfaction face à la situation. Ce n’est pas le travail des gardes-parc de nettoyer cet endroit qui est géré par la Ville avec ses résidants. »

Jeudi, l’endroit avait été nettoyé, mais pas au goût de Mme Brossard, la conjointe de Georges Brossard, le célèbre entomologiste créateur de l’insectarium de Montréal. Avec son râteau, comme chaque semaine, elle est allée de nouveau ramasser les détritus qui s’étaient éparpillés après le ramassage rapidement organisé par la Ville.

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