Les populations d’oiseaux évoluent dans la région

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Par Pascal Dugas Bourdon
Les populations d’oiseaux évoluent dans la région
Une oie des neiges photographiée dans le ciel de Saint-Bruno lors du recensement. (Photo: Courtoisie Suzanne Labbé)

Les espèces d’oiseaux et leur population ont subi d’importants changements dans la région depuis trois décennies, constate un ornithologue en herbe, qui a récemment participé à son 25e recensement des oiseaux de Noël en autant d’années.

« En 33 ans, on a observé beaucoup de changements dans la région, autant dans l’augmentation de certaines espèces que des diminutions », a indiqué aux Versants Samuel Denault, organisateur du Recensement des oiseaux de Noël d’Otterburn Park depuis 1998.

Par exemple, fait remarquer M. Denault, il y a beaucoup plus de canards l’hiver qu’il y en avait 30 ans plus tôt. Le nombre de cardinaux rouges a également explosé depuis les années 90. « Le moineau domestique, lui, sa population a chuté beaucoup. Il y en avait des milliers avant, et là, on peine à en trouver une centaine.»

Une tradition

Le Recensement des oiseaux de Noël, une tradition annuelle qui remonterait à 1899, consiste au dénombrement des oiseaux par des bénévoles sur un territoire donné. Le décompte de la région, qui a en son centre Otterburn Park, inclut les municipalités de Saint-Bruno-de-Montarville, de Saint-Basile-le-Grand et de Chambly.

Selon M. Denault, les raisons précises derrière l’augmentation ou la diminution de la population de certaines espèces sont difficiles à cerner, même si quelques constats généraux semblent se dégager.

« C’est dur de mettre le doigt sur des explications. Mais pour les bernaches, par exemple, il y a eu des changements dans les pratiques agriculturales : dans les année 80, il n’y avait pas autant de culture de maïs que maintenant », a avancé le biologiste de formation.

Les changements climatiques pourraient aussi expliquer pourquoi certaines espèces se retrouvent plus au nord qu’avant, note-t-il. Dans d’autres cas, le fait qu’un prédateur soit désormais plus présent sur le territoire peut expliquer que la population de sa proie soit, en 2019, moins importante.

Des écosystèmes intéressants

Les écosystèmes que sont le mont Saint-Bruno et le bassin de Chambly ont offert quelques surprises aux bénévoles lors de la journée du recensement, le dimanche 15 décembre dernier.

« En 33 ans, on a observé beaucoup de changements dans la région » – Samuel Denault

« Il y avait plus de 3500 bernaches du Canada sur le bassin de Chambly », a indiqué M. Denault. Apercevoir un nombre aussi important de bernaches à ce temps-ci de l’année est d’ailleurs un « phénomène nouveau ».

« Il y avait aussi une bonne diversité de canards. Le secteur le plus riche pour les oiseaux aquatiques [dans la zone de recensement], c’est de loin le bassin de Chambly », a-t-il ajouté.

Du côté de Saint-Bruno, trois canards rarement vus au mois de décembre ont pu être observés au lac Goyer, près de la montagne, soit le canard branchu, le canard d’Amérique et le canard pilet. Trois espèces « qu’on voit très peu normalement en hiver au Québec ». D’ailleurs, c’était seulement la troisième fois que les bénévoles du recensement d’Otterburn Park trouvaient un canard d’Amérique. Des chouettes rayées ont également pu être aperçues dans la région, un « oiseau assez intéressant ».

Quarante-neuf espèces

Au total, la vingtaine de bénévoles a pu observé 49 espèces différentes, soit légèrement en deçà de la moyenne des années précédentes. Dans le contexte, M. Denault se dit satisfait des observations faites.

« Ç’a été des conditions vraiment difficiles. Je crois que pire que la neige, pour nous, c’est le vent. Les oiseaux sont très discrets lorsqu’il vente fort. On avait des rafales à 70 kmh », a-t-il expliqué.

Qu’importent les conditions, M. Denault entend bien être de retour pour le recensement de Noël de l’an prochain.

Question aux lecteurs : Avez-vous déjà participé à un tel recensement?

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