Les mémoires de Wilman Gomez Tamayo

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Par Frank Rodi
Les mémoires de Wilman Gomez Tamayo
Wilman Gomez Tamayo expose en solo dans l’espace galerie de Re/Max Actif Saint-Bruno. (Photo : courtoisie)

Wilman Gomez Tamayo expose en solo dans l’espace galerie de Re/Max Actif Saint-Bruno, du 14 mars au 15 avril. Le public est convié au vernissage ce samedi 26 mars, de 13 h à 16 h.

Pour cet artiste peintre de Boucherville, il s’agira de l’une de ses premières expositions professionnelles.

« Je propose une exposition à la fois humaine et spirituelle, amorce Wilman Gomez Tamayo, que le journal Les Versants a questionné. Elle vise à permettre aux visiteurs de tisser, à l’intérieur d’eux-mêmes, une tapisserie émotionnelle en profondeur. Devant les œuvres, je souhaite qu’ils puissent s’observer eux-mêmes, comme face à un grand miroir. Qu’ils se retrouvent à même leur propre passé et leurs souvenirs intimes. Finalement, qu’ils s’y trouvent confrontés à la vie. »

L’exposition de Wilman Gomez Tamayo s’intitule Mémoires. Une vingtaine d’œuvres de peinture et de lithographie seront accrochées sur les murs de l’espace galerie. Des toiles peintes à l’huile, à l’acrylique, avec glacis et des hybrides. Certaines en hommage à de grands maîtres, comme Van Gogh, Dali…

Quand on lui demande pourquoi ce titre, Mémoires, l’artiste répond que l’exposition veut aussi célébrer les œuvres du passé, des techniques et de grands artistes oubliés trop vite. Il précise : « Pour moi, les mémoires sont comme les braises des histoires qui habitent notre passé. Elles représentent le témoin privilégié de leur existence, par les souvenirs, qui les rendent encore concrètes dans nos vies. Selon moi, il est de notre devoir de conserver notre passé en mémoire même si ces braises pourraient nous blesser avec leur capacité de s’enflammer à tout moment. Les choses du passé se trouveront associées à l’esprit tant et aussi longtemps qu’elles sauront en conserver les souvenirs. »

« Je propose une exposition à la fois humaine et spirituelle. » – Wilman Gomez Tamayo

Wilman Gomez Tamayo est Colombien d’origine. Pays qu’il a fui en raison des guerres de narcotrafiquants. Au début des années 2000, son frère a été assassiné en lien avec le cartel de la drogue. « Cela m’est toujours resté en tête. Voir autant de souffrances, d’êtres chers disparus et de violence a fait de moi une personne très sensible », confie-t-il.

À 20 ans, il est allé vivre en Belgique. Puis il est venu s’installer au Canada afin d’étudier à l’UQAM, en 2018, pour décrocher un baccalauréat en arts visuels et médiatiques. Aujourd’hui, il partage aussi son temps à Bruxelles, autre pôle de création avec Boucherville.

Il a pris part, l’an dernier, au Symposium de Sainte-Julie, puis il a visité le Circuit des arts de Saint-Bruno-de-Montarville. Récemment, il a joint l’Association des artistes peintres affiliés de la Rive-Sud (AAPARS). Selon lui, Saint-Bruno, grâce à son Vieux Presbytère, offre « des occasions en or pour des expositions d’artistes ».

L’homme qui exposera chez Re/Max Actif se spécialise en peinture, en sculpture et en lithographie. « Je n’arriverais pas à choisir une seule façon d’exprimer ma sensibilité et mon inspiration, répond-il quand on lui demande s’il pourrait privilégier un seul de ces médiums. J’adore les trois et je trouve que c’est mon privilège d’artiste d’être polyvalent. Tant que l’on a une voix et un message, on peut utiliser l’intonation qui nous plaît pour le faire passer, non? Disons que j’ai un vaste registre vocal et que je m’amuse à chanter sur tous les tons! »

Démarche artistique

La pratique artistique de M. Gomez Tamayo est influencée par son parcours de vie. Ses œuvres sont le résultat d’une quête identitaire et spirituelle ainsi que d’une approche critique et engagée envers ses pays de vie. Sa vie, déchirée entre la fierté de ses origines et la fuite d’un pays en guerre depuis des décennies, a été bénie par la découverte d’une culture européenne et nord-américaine qui l’a redéfini et lui a permis, en partie, de s’épanouir. Il se dit inspiré par le travail de plusieurs artistes, dont Dali et Van Gogh. « Je ne crois pas que l’artiste invente à partir de rien, mais plutôt que l’inspiration des pairs est essentielle pour trouver sa propre voie d’expression », déclare-t-il.

La perte de proches et d’amis reliée aux guerres des narcotrafiquants et le besoin d’aider ses semblables l’ont amené plus récemment à préciser son travail de création en peinture et en sculpture en s’engageant dans une approche spirituelle dénonciatrice, réparatrice. « J’ai conscience que je ne pourrai probablement pas changer grand-chose aux événements, mais si, par mes œuvres, les gens pouvaient retrouver de la dignité et de l’humanité pour panser quelques plaies, j’en aurai le cœur un peu soulagé. Avoir une pensée pour les plus faibles, les démunis et les victimes d’injustice, c’est déjà un début de guérison pour moi-même. »

Mentionnons que 25 % des ventes de l’artiste seront directement remises à la Fondation Opération Enfant Soleil.

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