Les marchés d’alimentation sur le qui-vive

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Par Frank Rodi
Les marchés d’alimentation sur le qui-vive
La crise ferroviaire, si elle perdure, pourrait se faire sentir notamment sur les tablettes des marchés d'alimentation. (Photo : archives)

Crise ferroviaire

La crise ferroviaire, si elle perdure, affectera-t-elle les entreprises de la région? Les marchés d’alimentation, notamment, s’attendent à un impact sur les tablettes, alors que d’autres sont déjà touchées.

« Pour le moment, ça se passe bien. Je n’avais pas de courriel en ce sens ce matin pour m’avertir d’une pénurie de produits, explique le directeur adjoint du IGA extra Saint-Bruno des Marchés Lambert et frères, Christopher Riberdy, en entrevue jeudi dernier. Nous devrions en savoir davantage prochainement. »

Quand on lui demande si des produits pourraient manquer, Christopher Riberdy croit que c’est immanquable. « Éventuellement, oui, on n’aura pas le choix », dit-il. Par contre, impossible pour lui de cibler lesquels précisément. « Nous avons plus de 13 000 articles en magasin, certains proviennent de l’Ouest canadien, d’autres du sud des États-Unis. »

« Dans la semaine à venir, lorsque les entreprises qui utilisent beaucoup le train transposeront davantage leurs besoins vers d’autres modes de transport, il y aura un impact sur la tarification. » – Marcel Aubin

Le transport affecté

Du côté de Robert Transport, on évoque un « certain impact », puisque l’entreprise effectue de l’expédition ferroviaire. « En ce moment, nous ne sommes plus capables d’expédier tout ce qui va par wagons », confirme Yannick Garceau.

Robert Transport envoie divers métaux tels que du fer et de l’aluminium vers la Colombie-Britannique et la Pennsylvanie, aux États-Unis. « Nous étions censés avoir une dizaine de wagons au cours des prochaines semaines. Cependant, la marchandise reste chez nous parce que nous ne pouvons pas l’expédier à destination. Les clients attendent, ce qui nuit à leur production », témoigne Yannick Garceau, qui souligne qu’aucune mise à pied temporaire n’a été annoncée chez Robert Transport en raison de la situation.

La crise n’est pas encore ressentie à Portes et fenêtres Verdun, qui a aussi pignon sur rue à Saint-Bruno. « Je n’étais même pas au courant de cette situation. Espérons que ça ne nous affecte pas! », d’affirmer le directeur adjoint Mathieu Potvin. D’après ce dernier, ils sont peu de leurs fournisseurs à s’approvisionner par voie ferrée. « Nos fournisseurs passent surtout par voie routière. »

Au Provigo Le Marché, à Saint-Bruno-de-Montarville, le blocus ferroviaire n’a pas encore touché le marché d’alimentation, selon le directeur, Maxime Poulin. « Jusqu’à présent, on ne ressent pas de répercussions », déclare celui-ci. Par contre, il ne cache pas que des discussions ont déjà eu lieu, advenant un impact attribuable à la crise ferroviaire, ou concernant la Chine. « Nous allons savoir rapidement quelle crise nous affectera; par contre, c’est difficile de deviner quels produits pourraient venir à manquer », estime Maxime Poulin, qui rappelle que les entrepôts stockent aussi des aliments. « Si jamais la chaîne d’approvisionnement était affectée, l’information viendrait à nos oreilles assez vite. »

Privilégier le local

Or, Maxime Poulin préconise une solution à ces crises mondiales qui secouent l’économie. Depuis l’été dernier, le directeur du Provigo Le Marché pousse beaucoup pour proposer des produits locaux en magasin : pesto, sauce tomates et autres produits « végans » sont en tablettes. « Je fais beaucoup de bruit avec cette initiative parce que je suis persuadé que l’avenir passe par là. Plus nous achetons local et au Québec, moins les marchés comme le nôtre seront affectés par des crises mondiales qui sont souvent hors de notre contrôle. Les produits locaux, de chez nous, nous immunisent face à de potentielles crises », exprime-t-il.

Le journal Les Versants a aussi contacté la Chambre de commerce Mont-Saint-Bruno. Le directeur général, Marcel Aubin, a avancé : « J’ai été en contact avec quelques entrepreneurs, mais très brièvement, dont Labplas à Sainte-Julie. Actuellement, il n’y a pas ou peu d’impact. Toutefois, dans la semaine à venir, lorsque les entreprises qui utilisent beaucoup le train transposeront davantage leurs besoins vers d’autres modes de transport, il y aura un impact sur la tarification et la disponibilité de ces derniers. »

QUESTION AUX LECTEURS :

Êtes-vous affectés par la crise ferroviaire?

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