Les géants du Web sont dommageables pour la fiscalité des villes

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Par Pascal Dugas Bourdon
Les géants du Web sont dommageables pour la fiscalité des villes
Les géants du Web tel Amazon ne paient pas leur juste part, croit la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy.

Les géants du Web comme Amazon font mal à la santé financière des municipalités québécoises, juge la présidente par intérim de l’UMQ, qui considère la taxation de ces multinationales comme une « urgence ».

« C’est clair que tous ces grands doivent être taxés, quant à moi. C’est une question d’équité fiscale. Ils doivent payer leur juste part », a indiqué Mme Roy, en entrevue aux Versants, dans le cadre du 100 anniversaire de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

Mme Roy, également mairesse de Sainte-Julie, reproche à ces entreprises de perturber le « tissu économique » des villes en ne payant pas de taxes dans les municipalités où elles vendent pourtant des produits.

« C’est une question d’équité fiscale. [Les géants du Web] doivent payer leur juste part. » – Suzanne Roy

« Les villes sont financées par les impôts fonciers, et comme de plus en plus d’achats se font en ligne, ce sont des entreprises qui ne s’installent plus physiquement chez nous. Ça, ç’a définitivement un impact important », a-t-elle expliqué.

La mairesse croit qu’il y a « urgence d’agir » relativement à la taxation de ces géants du Web, afin que les Villes puissent ultimement profiter de ces revenus leur échappant désormais. « Le tissu économique est appelé à se transformer grandement dans les prochaines années, de là l’importance de revoir l’ensemble de la fiscalité municipale pour ne pas faire encore porter le fardeau au citoyen. »

Changements climatiques

Autre grand défi pour l’avenir : les changements climatiques. Mme Roy croit que les villes auront un énorme rôle à jouer à cet égard au cours des prochaines décennies : « On a la responsabilité de 70 % des infrastructures au Québec. Dès maintenant, il faut les adapter face aux changements climatiques. Il faut rendre nos villes plus résilientes, en plus de diminuer notre empreinte liée aux gaz à effet de serre. »

En plus de se préparer aux perturbations à venir, les villes doivent aussi limiter leur empreinte carbonique. Cette réalité est d’autant plus présente dans les villes de la Rive-Sud, aux prises « avec de graves problèmes de mobilité ».

« Il faut des investissements massifs dans le transport collectif pour diminuer la congestion. Mais encore faut-il, ensuite, avoir les moyens de faire vivre le transport collectif! », a fait remarquer la mairesse de Sainte-Julie.

Du chemin parcouru

Malgré l’ampleur des défis à relever, Mme Roy estime que les gouvernements municipaux sont plus pertinents que jamais. Elle se réjouit d’ailleurs du chemin parcouru au cours des 100 dernières années : « Les villes sont passées du statut de créature de la province de Québec, à celui de gouvernement de proximité. Ça, ça s’est fait à la suite de longs combats – répétitifs, souvent –, mais qui ont fini par faire évoluer le rôle des villes et la reconnaissance de ce rôle qu’elles jouent. »

« On est loin des deux ou trois rôles qu’on jouait en 1919. Aujourd’hui, on parle d’une multitude de responsabilités, dans des domaines extrêmement variés. »

Toujours pas de réelle équité

Malgré les avancées, la justice fiscale envers le monde municipal est-elle pour autant rétablie? Elle répond : « Non. Je considère qu’on chemine […], mais il faut vraiment continuer dans cette direction. » Cependant, elle salue le progrès réalisé par la signature du pacte fiscal. Ce transfert du gouvernement du Québec pourrait représenter 730 millions de dollars de plus sur cinq ans pour les municipalités.

« Je pense que ce sera encore un débat pour les cent prochaines années : lorsqu’on a un champ de responsabilité, on doit avoir les ressources qui viennent avec. »

Question aux lecteurs : Les villes ont-elles trop de responsabilités considérant leurs moyens financiers?

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