Les Frères de Saint-Gabriel : un riche héritage

Les Frères de Saint-Gabriel : un riche héritage

avec la collaboration de la Société d’histoire de Montarville

Depuis près d’un siècle, les Frères de Saint-Gabriel vivent parmi les Montarvillois, puisqu’ils ont pris résidence à Saint-Bruno en 1920. Ils cultiveront la terre pour soutenir les maisons de formation gabriélistes et ils poursuivront leur mission éducative auprès des jeunes, but premier de leur communauté. De plus, par leur bénévolat, ils s’impliquent encore aujourd’hui dans la municipalité. À l’heure actuelle, ils sont quatre à vivre en fraternité, à Saint-Bruno. Le journal Les Versants a rencontré le responsable de la maison, le frère Gaétan Groslouis.

En 1911, apprenant que les Jésuites ont acheté une terre à Saint-Bruno, les Frères de Saint-Gabriel font de même. En 1920, ils prennent résidence ici. Ils poursuivent leurs achats de terrains jusqu’en 1922, alors qu’ils acquièrent la ferme des Jésuites, la Villa Grand-Coteau. S’étendant sur 600 acres, elle multipliera ses activités : culture maraîchère, production laitière, aviculture et apiculture, exploitation des vergers et de l’érablière et, enfin, conserverie et confiserie. Le frère Aloys en sera un régisseur pendant 17 ans : c’est lui qui lui donnera l’essor nécessaire à son développement. Il est de toutes les réunions agricoles. Pour les fermiers, il sera un modèle et un conseiller. Il participe à la fondation de la Caisse populaire.

Vers 1918 débute l’exploitation des vergers. Les travaux d’expansion se poursuivront et, dès 1941, on compte 5000 arbres fruitiers sur une superficie de 100 arpents. Le frère Marcel Alary y jouera un rôle important pendant presque 50 ans, la pomiculture n’ayant pas de secrets pour lui.

Le Juvénat Saint-Gabriel

L’éducation étant la vocation première des Frères de Saint-Gabriel, ils construisent, en 1925, le Juvénat Saint-Gabriel. Le nombre de juvénistes ira jusqu’à 100 et, par la suite, il décroîtra à cause du manque de vocations. En 1964, il devient nécessaire de transformer le juvénat en collège privé, qui portera le nom de Collège Mont-Saint-Gabriel. En 1972, il est loué à la Commission scolaire de Chambly; cependant, les frères continuent à y enseigner. L’éditeur du journal Les Versants, Philippe Clair, commente son année scolaire passée en ces murs : « Il y avait une heureuse cohabitation entre les frères et les professeurs laïcs. J’ai adoré le Collège, tant pour la grande quantité de sports offerts à l’extérieur, que pour la qualité de l’enseignement. Et l’atmosphère, les vieux planchers de bois. Tout! » En 1976, le bâtiment est acheté en même temps que la ferme Villa Grand-Coteau par le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche. Le 12 novembre 1990, suivant les directives de ce même ministère, le Collège sera détruit sans permis et sans prévenir personne. Devant la réaction courroucée du public, le gouvernement fait construire un Mémorial.

Les frères exercent aussi leur rôle éducatif à « l’École du village » (la mairie actuelle), dont ils acceptent la direction en 1952. Les lieux devenant trop exigus, l’école De La Rabastalière sera construite en 1957. Jusqu’en juin 1960, ils en assumeront la direction.

Derrière le Collège se trouve l’Arboretum Gabriélis, oeuvre du frère du même nom. Ce jardin botanique comptait à l’époque 176 espèces d’arbres et d’arbustes répertoriées. Laissé en friche pendant de nombreuses années, il est maintenant restauré par la Sépaq. On peut y découvrir une cinquantaine d’arbres, pourvus d’affichettes d’identification.

Pour la suite des choses

« À partir de 1972, raconte le frère Gaétan Groslouis, les frères ne peuvent plus demeurer au Collège Saint-Gabriel. Le frère Oscar Bigras me propose de vivre en fraternité à Saint-Bruno. » Permission accordée, ils loueront deux maisons avant d’obtenir l’autorisation d’acheter celle sise au 1100, rue Goyer. Les frères Jean-Guy Blais et Hervé Deshaies se joindront à eux. « Une dizaine de frères en tout ont habité ici depuis les débuts, dont le frère Marcel Alary », révèle le responsable de la fraternité Saint-Bruno.

Le frère Groslouis enseigne le français et l’histoire et s’occupe des sports au Collège Mont-Saint-Gabriel, de 1968 à 1978, année de l’ouverture de la Polyvalente du Mont-Bruno (son nom à l’époque), où il enseigne l’éducation physique jusqu’en 1988. À la faveur d’une année sabbatique, il a l’occasion d’aller en Afrique pour établir une mission des Frères de Saint-Gabriel, en République centrafricaine. Parti pour quelques mois… il y demeurera dix ans.

À Saint-Bruno, il est impliqué dans l’organisme Minta depuis 1972. Il pratique aussi le bénévolat à la paroisse et également à Montréal, auprès de plusieurs organismes. Mentionnons que sa sœur, Bibiane Groslouis, sera la cuisinière et s’occupera des tâches domestiques à la fraternité de 1983 à 2012.

Le frère Oscar Bigras est professeur de sciences et de mathématiques pendant neuf ans au Juvénat et ensuite au Collège. Il est membre des Chevaliers de Colomb et il se passionne pour la sculpture sur bois, donnant des cours aux enfants et aux adultes. La généalogie occupe aussi ses loisirs. Aujourd’hui âgé de 93 ans, il est toujours membre du Club informatique Mont-Bruno et il y suit encore des cours. Il a réalisé un site magnifique sur l’Arborétum Gabriélis.

Le frère Gilbert Goulet fait du bénévolat quotidiennement à Montréal, auprès des prêtres malades du diocèse. Il est aussi responsable du Parrainage d’Haïti. À Saint-Bruno, on le retrouve comme membre actif de Minta. La sculpture sur bois occupe ses loisirs.

Le frère Hubert Forest, âgé de 80 ans, se rend tous les jours en vélo ou à pied faire du bénévolat au Centre d’accueil Montarville. Il prête sa voix à la chorale paroissiale ainsi qu’à celle du Club de l’âge d’or.

Figure bien connue dans Saint-Bruno, le frère Marcel Alary est décédé en 2007. Il arrive à la Villa Grand-Coteau à l’âge de 18 ans et deviendra un pomiculteur émérite, sachant aussi partager son savoir-faire. Il a été membre des Sociétés d’histoire de Montarville et d’horticulture et d’écologie de Saint-Bruno. Il laisse le souvenir d’un homme très dévoué auprès des personnes âgées, au Centre d’accueil Montarville, et auprès des enfants comme gardien bénévole.

À la période des Fêtes, les frères reçoivent une dizaine de personnes souffrant de solitude. Les Frères de Saint-Gabriel rayonnent toujours dans Saint-Bruno par la pratique du bénévolat et de l’apostolat qui demeure au cœur de leurs préoccupations.

 

Source : entrevue avec le frère Gaétan Groslouis,

Les Frères de Saint-Gabriel du Canada, à Saint-Bruno

Fragments d’histoire, par la Société d’histoire de Montarville

Jardins et traditions, par Claire Duval, publié par la Société d’horticulture et d’écologie de Saint-Bruno

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