Les femmes en politique : Suzanne Roy témoigne

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Les femmes en politique : Suzanne Roy témoigne
La mairesse Suzanne Roy ne sollicitera pas un autre mandat à la mairie de Sainte-Julie. (Photo : archives)

À l’occasion du lancement de la campagne gouvernementale « Je me présente », visant à inciter notamment plus de femmes à se présenter aux élections municipales, le journal a recueilli le témoignage de la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, pour parler des femmes en politique.

Le 1er mars dernier, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) invitait les Montérégiennes et les Montérégiens à participer à l’une des huit séances d’information virtuelles qui auront lieu entre le 13 mars et le 14 avril 2021, en vue des prochaines élections municipales, afin d’inciter plus de femmes à prendre part à la vie démocratique. La mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, aussi présidente de l’Union des municipalité du Québec (UMQ), voit la campagne d’un très bon œil.

19,8 %

C’est le pourcentage de femmes qui occupaient des postes de maire au lendemain des élections de 2017

Une sous-représentation

« Ce genre de campagne m’apparaît essentiel pour inciter les femmes à se présenter, mais aussi pour expliquer pourquoi il doit y avoir plus de femmes dans le monde municipal, parce que l’on y est vraiment sous-représentées. C’est un milieu de vie dans lequel on peut intervenir pour faire une différence et améliorer la qualité de vie des citoyens et de notre famille, au sein de notre quartier. Les femmes peuvent y apporter beaucoup. Plus on œuvre au sein d’une zone paritaire hommes-femmes, plus on prend de bonnes décisions. »

Notons que la Ville de Sainte-Julie est dotée d’un conseil paritaire, « composé de cinq femmes et de quatre hommes », se félicite Mme Roy. « Et nous avons un très bon taux de participation à Sainte-Julie. Notons aussi que dans nos organismes et nos associations, beaucoup de femmes s’impliquent. Ce dynamisme au chapitre de nos bénévoles est ce qui caractérise Sainte-Julie, à mon sens. »

Selon les données partagées par le MAMH, en Montérégie, « seulement 19,8 % des postes de maire étaient occupés par des femmes au lendemain des élections de 2017. Pour ce qui est du poste de conseiller municipal, les femmes occupaient 30,8 % des sièges disponibles ». On indique aussi que ce sont 625 postes sur une possibilité de 1295 qui avaient été pourvus sans opposition. L’âge moyen des personnes élues était de 52,2 ans pour le poste de conseiller municipal et de 58,4 ans pour celui de maire. Pour les nouveaux élus et élues, l’âge moyen était de 49,8 ans, tandis que pour les candidates et les candidats réélus, il était de 55,2 ans.

Savoir se faire confiance

Selon Mme Roy, « que l’on soit un homme ou une femme, la réalité politique demeure. C’est de la politique, donc des discussions, des points de vue divergents et des réseaux. Plus il y a de femmes, plus on partage différents points de vue. En 25 ans d’implication, je me suis souvent retrouvée à être la seule femme sur les photos. Je remarque qu’il y en a de plus en plus, et c’est un signe que les choses bougent. Je pense que l’on doit faire un petit pas de plus, et des campagnes comme Je me présente nous permettent de dire, ‘’mais pourquoi pas toi?’’ »

« Les femmes sont extrêmement exigeantes envers elles-mêmes. Elles veulent souvent tout connaître avant de faire leur entrée, alors que l’on travaille avec des spécialistes dans tous les domaines et que tout ce que ça prend, c’est du gros bon sens, et un bon sens de la gestion. On ne devient pas ingénieur, comptable et architecte le lendemain de notre élection! Il faut dire aussi que c’est agréable, la politique municipale, car c’est une politique de proximité. C’est captivant, jamais routinier et très diversifié. Je ne suis pas du genre à dire qu’il est dur d’être une femme et de s’imposer en politique, ce n’est pas mon approche. J’ai pour mon dire qu’il faut se dire que l’on a tout ce qu’il faut, et se lancer en politique municipale, c’est là que l’on peut faire changer les choses et s’assurer de faire ressembler son milieu de vie à ce que l’on souhaite.

Il ne faut pas avoir peur de manquer de temps pour les siens ou pour son travail. Dans une ville, tu vis plus près de ton travail municipal, tu rentres te coucher chez toi le soir, tu peux intervenir et auprès de ta famille, et auprès de ta municipalité. Et dans les plus petites villes, le poste de conseiller n’est pas un poste à temps plein.

« La participation des femmes aux processus décisionnels conduit nécessairement à une société plus équitable et plus égalitaire. D’ailleurs, plus les femmes seront présentes en démocratie municipale, plus elles auront l’occasion d’influencer les institutions démocratiques et de les rendre plus accueillantes et adaptées à leur réalité », a commenté la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, dans un communiqué.

Le MAMH espère que les Montérégiennes et les Montérégiens seront nombreux à participer aux séances organisées dans le cadre de la campagne. Les séances adressées aux populations des MRC de Marguerite-D’Youville et de La Vallée-du-Richelieu se tiendront en mode virtuel, le 7 avril prochain, de 18 h 30 à 20 h. Elles seront animées par la Direction régionale de la Montérégie du MAMH, et aborderont « l’organisation municipale, le rôle des personnes élues et la démarche de mise en candidature, en plus d’autres aspects permettant une meilleure compréhension de l’engagement en politique municipale ». Elles se termineront par une période de questions et d’échanges.

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