Les combats auraient toujours leur place

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Par Pascal Dugas Bourdon
Les combats auraient toujours leur place
Les combats sont de plus en plus rares dans la LHJMQ. (Photo : Ezfotos )

Deux anciens joueurs de hockey de haut niveau habitant la région ne croient pas que de bannir les bagarres dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) soit bien avenu, assurant qu’elles font toujours partie du jeu.

« Je pense que ça fait encore partie du hockey. Je pense encore qu’une bataille bien placée, ça peut donner un boost à ton équipe. Il faut l’avoir vécu pour comprendre de quoi je parle », a dit aux Versants Gilbert Delorme, qui a joué trois saisons dans la LHJMQ à la fin des années 70, puis 11 autres dans la Ligue nationale de hockey.

« Je pense que ça fait encore partie du hockey. » – Gilbert Delorme

Les 18 équipes du Circuit Courteau ont abordé il y a quelques jours la possibilité d’interdire les bagarres dans cette ligue junior. Finalement, la LHJMQ n’a pas pris de décision à cet égard.

Pour sa part, Delorme craint que l’abolition éventuelle des bagarres ne laisse le champ libre aux « petits baveux », qui ne craindront plus de se faire corriger par un combat.

« Picosseux »

« Il faudrait resserrer les règlements, parce que là, il va y en avoir des petits picosseux qui vont se promener et écœurer le monde, car ils savent que la bagarre est interdite », estime l’ancien du Canadien de Montréal et des Nordiques de Québec, entre autres.

L’ex-hockeyeur de 57 ans souligne que les bagarres sont de plus en plus rares, alors qu’il y a 40 ans, « ce n’était pas rare de voir quatre, cinq ou six bagarres par partie ». Le résidant de Saint-Bruno nuance cependant qu’il « ne montera pas aux barricades » pour faire entendre son mécontentement, advenant que la LHJMQ interdise les bagarres.

Interdiction inutile

Même si quelque 35 années les séparent, Alexandre Grisé, qui a joué quatre saisons dans la LHJMQ jusqu’en 2018, ne croit pas non plus que l’abolition des bagarres soit la solution miracle. « Même si la LHJMQ bannit les bagarres, il va encore y en avoir. Par exemple, dans le junior AAA, c’est interdit, et il y a en a quand même», souligne l’athlète de 21 ans, originaire de Saint-Bruno. Il croit que la bataille est une forme de réplique organisée, sans quoi cette réplique risquerait d’être « quelque chose de plus dangereux encore ».

Rares blessures

« Lors d’une bagarre, c’est rare qu’il y a des blessures. Souvent, ce qui est plus dangereux, c’est une mise en échec à la tête, un coup de coude à la tête dans le feu de l’action», souligne-t-il.

Grisé se rappelle un match où tous les joueurs sur la glace se sont battus, y compris lui-même. Il se souvient : « Après ça, on a recommencé à jouer au hockey, et ç’a calmé tout le monde. »

Une autre assemblée des membres de la LHJMQ doit avoir lieu cet été et il n’est pas impossible que la ligue statue à ce moment. Actuellement, une bagarre est punie par cinq minutes au cachot, mais si on venait à l’abolir, un tel comportement pourrait plutôt mener à des suspensions.

– Avec la collaboration de Frank Jr Rodi

Question aux lecteurs : La LHJMQ devrait-elle abolir les bagarres?

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