Les citoyens seuls perdants d’un conflit ouvert entre les élus de Saint-Bruno

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Par Frédéric Khalkhal
Les citoyens seuls perdants d’un conflit ouvert entre les élus de Saint-Bruno
Le conseil municipal de Saint-Bruno-de-Montarville vit sous tension. (Photo : archives)

Un diagnostic peu reluisant a été émis par le cabinet-conseil Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) sur ce qui se passe dans les murs de l’hôtel de ville de Saint-Bruno-de-Montarville. Un rapport qu’a réussi à se procurer le journal Les Versants.

On savait qu’il y avait des tensions à l’hôtel de ville de Saint-Bruno, mais pas à ce point.
Selon le «Diagnostic sur la gouvernance et les modes de gestion », une étude commandée par la municipalité au cabinet-conseil Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), « le maire et les six membres du conseil indépendants sont en conflits ouverts sur les modes de fonctionnement et les orientations de la ville ».

Perte de confiance envers le maire, communication non transparente et inefficace, manque de respect mutuel, rien n’est épargné à l’ensemble des élus qui participent à un climat finissant par miner les employés de la ville. « Les liens de communication entre les membres du conseil sont inadéquats, les informations ne sont pas transmises avec clarté et les membres du conseil ont le sentiment de ne pas avoir toute l’information à la prise de décision. » Plus que la faute du maire, l’étude pointe du doigt un contexte qui perturbe l’ensemble des communications.

Une dynamique partisane
« La dynamique de parti politique », associée avec « les conflits entre les membres du conseil », serait l’une des principales causes d’un « dysfonctionnement important. »
La priorité de l’étude est d’ailleurs comme objectif d’atténuer « l’animosité entre les membres du conseil » en proposant des pistes de solution. Mais Pierre Fortin, le conseillé en management en charge de l’étude, constate qu’une « grande proportion des membres (incluant le maire) reste campée sur leur position. Des membres du conseil ont clairement mentionné que leur objectif était que le maire démissionne de son poste avant la prochaine période électorale. Beaucoup de membres ont mentionné que si le maire ne faisait pas partie du conseil, les relations pourraient
s’améliorer. »

Trois enjeux conflictuels
Trois dossiers semblent concentrer l’ensemble de la discorde : « le centre sportif, la résolution des enjeux de terrains avec risque de poursuite pour la ville et la construction du bâtiment COGIR ». Ces trois sujets, même si tous les élus semblent vouloir les réaliser avant la prochaine élection en 2021, ne trouvent pas d’entente dans la façon de faire.

« Le maire et les six membres du conseil indépendants sont en conflits ouverts sur les modes de fonctionnement et les orientations de la ville. »
– Raymond Chabot Grant Thornton

La gouvernance
Sur le plan de la gouvernance, ce qui ressort de ce rapport n’est pas très beau non plus pour les élus. Il y aurait de l’ingérence de leur part, principalement dans les services des travaux publics, des communications et de l’urbanisme. Certains projets sont même « pris en otage » par le conseil.

Au sein des services, l’ambiance à couper au couteau entre les élus a indéniablement un impact sur le travail des fonctionnaires qui « nuit au bon fonctionnement de la ville ». Le point positif semble être le climat au sein des équipes de direction elle-même. « Les directeurs s’assurent que les impacts négatifs des interactions entre le conseil, le maire et le DG ne sont pas trop ressentis dans les équipes. » (NDLR : rappelons que ce rapport fait un diagnostic du moment où Guy Hébert, l’ancien directeur général démissionnaire, était en poste.)

Cependant, plusieurs services sont aujourd’hui amputés de leur directeur pour des raisons diverses, dont certains pour épuisement professionnel. Il faut dire que les directions ont le sentiment que les élus démontrent « une attitude négative et un comportement inacceptable au conseil, et dans les consultations; un manque de courage managérial pour porter des décisions; un focus sur la nuisance du maire et non pour l’avancement de la ville; beaucoup d’intérêt mis dans les dossiers de l’urbanisme, créant la pression sur la direction du service qui subit les effets du mauvais climat. »

D’ailleurs, la directrice du Génie et des ressources humaines ou encore le directeur des travaux publics sont en arrêt de travail actuellement.
Un autre signe de la tension existante à Saint-Bruno, depuis plusieurs semaines, le maire Martin Murray n’assiste plus aux séances d’informations organisées par la Ville avec l’ensemble des élus. Le directeur général a confirmé l’information au journal, indiquant que cela permettait d’apaiser le climat.

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