Les bibliothèques se reconfinent… partiellement

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Par Frank Rodi
Les bibliothèques se reconfinent… partiellement
À la bibliothèque de Sainte-Julie, le prêt s'effectue au comptoir, sans possibilité de consultation dans les rayons. (Photo : Ville de Sainte-Julie)

Le Grand Montréal en zone rouge

Québec a annoncé lundi dernier que les bibliothèques, au même titre que les salles de cinéma, les théâtres et les musées, dans les zones rouges de la Communauté métropolitaine de Montréal seraient fermées dès le 1er octobre pendant 28 jours afin de limiter les cas de COVID-19. Une fermeture qui affecte les trois bibliothèques du territoire que couvre l’hebdo Les Versants, qui gardent ouvert leur service de prêts.

À la lumière des commentaires que nous avons obtenus, la demande du premier ministre François Legault semble être accueillie favorablement par les bibliothécaires de la région. « L’objectif est de restreindre les contacts entre les personnes et de «changer l’environnement social pour changer le comportement des citoyens». Cela nous permet de contribuer au Défi 28 jours proposé par le gouvernement, de limiter les contacts entre les individus et éventuellement aplanir la courbe », répond la directrice de la bibliothèque Roland-LeBlanc, à Saint-Basile, France Goyette.

« Dans mon esprit, cette fermeture se devait d’être accompagnée d’un service de prêts sans contact. » – Marie-Josée Benoit

La chef de division Marie-Josée Benoit, de la bibliothèque municipale de Saint-Bruno, s’est dite surprise par la décision sur le moment, mais qu’elle comprend la situation. « On ne s’attendait pas à ce que les bibliothèques fassent partie de ces mesures de la santé publique. Mais maintenant que la décision est prise, il y a un contexte qui est la pandémie et un niveau d’alerte maximale pour notre région. Je reconnais qu’il peut y avoir un impact et je suis d’avis que tous les secteurs d’activités doivent contribuer à ce Défi 28 jours afin de casser la vague. »

Puis la bibliothécaire en chef à Sainte-Julie, Marie-Hélène Parent, souligne qu’il faut soutenir le gouvernement dans ses décisions. « Nous allons suivre les directives de la santé publique et nous y plier. L’objectif est de s’assurer de la sécurité de notre personnel et de nos citoyens. »

Entente avec l’ABPQ

Cette décision de Québec est survenue lundi dernier. Or, deux jours plus tard, l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ) annonçait avoir conclu un accord avec le gouvernement afin d’offrir le service de prêts de documents sans contact et sans consultation. Une entente qui permet aux bibliothèques concernées de demeurer partiellement ouvertes alors qu’elles devaient initialement fermer leurs portes.

Un service, le prêt sans contact, qui a été fort populaire au printemps pendant le premier confinement, revient en renfort pour le mois d’octobre. « Nous avons constaté un bel engouement lors de la mise sur pied de ce service au printemps dernier, évoque France Goyette. Je considère que le prêt sans contact est un service essentiel et géré de façon très sécuritaire. Cela m’apparaît important de conserver ce service. »

Marie-Josée Benoit estime que c’est essentiel que les collections de la bibliothèque demeurent accessibles aux citoyens. « Dans mon esprit, cette fermeture se devait d’être accompagnée d’un service de prêts sans contact », souligne-t-elle.

De son côté, Marie-Hélène Parent parle d’un moindre mal et apprécie cette zone tampon de deux jours que le gouvernement a laissée avant la fermeture du 1er octobre, ce qui a permis de remettre en place le service du prêt au comptoir, sans possibilité de consultation.

Quand on leur demande si elles ont constaté une différence dans l’approche de leurs abonnés par rapport à la lecture depuis le début de la pandémie, les principales intéressées répondent par l’affirmative. « Les livres permettent de s’évader et de se mettre un moment sur pause. À mon avis, ils ont joué et jouent encore un rôle important dans le quotidien des lecteurs », déclare France Goyette.

Un constat qu’évoque aussi Marie-Hélène Parent. « Les gens ont soif de pouvoir lire, s’informer, se cultiver. Les services d’une bibliothèque permettent de s’évader, de se changer les idées, tout en demeurant sécuritaires. C’est une porte sur l’imaginaire pendant que les théâtres et les cinémas sont fermés à la population. »

Enfin, Marie-Josée Benoit constate que les derniers mois auront permis de démontrer que le service de la bibliothèque est essentiel dans une communauté. « L’accès aux livres pendant les 28 prochains jours malgré la fermeture démontre toute l’importance d’une bibliothèque », conclut Mme Benoit.

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