L’épinette n’a pas survécu

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Par Frank Rodi
L’épinette n’a pas survécu
L'épinette, qui avait été déplacée du terrain de l'École De Montarville au site du lac du Village, n'a pas survécu. (Photo : Frank Jr Rodi )

Lac du Village

L’épinette qui avait été déplacée l’été dernier à cause de travaux sur la rue Montarville n’a finalement pas survécu à la transplantation. La Ville de Saint-Bruno l’a abattue dans la semaine du 10 mai.

Le choc du déménagement, passant du terrain de l’École De Montarville au site du lac du Village, n’aura pas été facile pour cet arbre de 30 ans. « Malgré tous les efforts, l’épinette, qui avait une valeur symbolique, n’a pas survécu, nous répond la directrice des communications de Saint-Bruno-de-Montarville, Suzanne Le Blanc. Notre horticultrice nous a relaté que l’épinette n’avait pas repris. »

Ce conifère a été transplanté le 13 juin 2019 dans une vaste opération qui avait attiré bien des curieux, dont les enfants de l’école. N’eut été de ce changement de site, l’épinette aurait été abattue dans le cadre des travaux de la rue Montarville.

« Ce fut la pire année pour les épinettes, depuis 28 ans. » – Suzanne Le Blanc

C’est en observant les plans du futur aménagement qu’un citoyen de Saint-Bruno-de-Montarville s’est aperçu que l’aménagement d’un débarcadère pour autobus et l’élargissement du trottoir entraîneraient la fin de la vie d’un arbre « dans le chemin ». Louis Émond a alors levé le drapeau rouge auprès de la Ville.

Interrogé par Les Versants sur le destin de l’épinette, l’enseignant à la retraite Louis Émond s’est montré attristé d’apprendre le sort de l’arbre qu’il avait planté lui-même avec ses élèves de 6e année en 1989. « Je n’ai pas vu qu’on l’avait abattue ou arrachée. Mais je l’ai vue s’étioler tout au long de l’hiver, ce qui ne m’a hélas guère surpris », déplore-t-il.

Entretenir l’arbre

L’un des employés de l’entreprise de transplantation rencontré sur les lieux l’année dernière avait expliqué au journal que l’arbre devait être entretenu pour survivre. « Ce n’est que la moitié du travail que nous accomplissons. Pour s’assurer que l’arbre survive, il faudra l’entretenir et l’arroser souvent, surtout avec les canicules des mois de juillet et d’août. » Il avait évoqué un suivi sur une période de cinq ans.

« Les travaux étaient supervisés par le Service du génie et on avait demandé aux employés des travaux publics d’arroser, ce qui fut fait à plusieurs reprises », assure Suzanne Le Blanc. De son côté, Louis Émond estime aussi que la Municipalité a accompli son travail pour l’entretien de l’épinette. « Les arrosages ont été constants, mais quand j’ai vu, au moment de sa déplantation, que les deux hommes qui ont procédé à l’opération ont été forcés de couper à la tronçonneuse l’une des racines maîtresses de l’arbre pour pouvoir le déloger, mes espoirs sont rapidement tombés », raconte Louis Émond.

Selon le Montarvillois, qui se promène fréquemment avec sa conjointe jusqu’au lac du Village, c’est dès le mois de décembre qu’il a remarqué que le conifère en arrachait. « On l’a vu, à chacune de nos marches dans la ville, dépérir graduellement, perdre ses épines et brunir. On a su que la pauvre épinette n’en avait plus pour longtemps. »

Les grands vents en cause?

Par contre, la Municipalité avance une autre explication pour la perte de l’arbre. « À la suite des forts vents du 1er novembre 2019 et du 13 avril dernier, la stabilité du conifère a été ébranlée », note Suzanne Le Blanc. La journée du 1er novembre, notamment, demeure mémorable. Plusieurs arbres sur le territoire de Saint-Bruno-de-Montarville, comme partout ailleurs dans la région, ont d’ailleurs été déracinés ce jour-là. « Il s’est donc avéré difficile pour les racines qui restaient de produire des radicelles, car le vent a fait bouger le conifère ainsi que la motte de terre. Ce sont les radicelles qui permettent l’absorption de l’eau », poursuit-elle.

Le journal a appris qu’à la suite de ces vents violents, une trentaine d’épinettes massives ont alors été déracinées sur le territoire montarvillois. « Ce fut la pire année pour les épinettes, depuis 28 ans. Il faut aussi considérer la chaleur durant l’été 2019 », stipule Mme Le Blanc.

De son côté, Louis Émond se dit reconnaissant à la Municipalité d’avoir essayé de sauver l’arbre qu’il avait mis en terre 30 ans auparavant. « C’était un arbre avec une belle histoire et une longue vie derrière lui. J’aurais juste aimé que cette vie se poursuive, mais la vie et la mort, comme on le voit depuis mars et de façon nettement plus grave, en décident parfois autrement et elles ont le dernier mot. »

QUESTION AUX LECTEURS :

Aviez-vous remarqué que l’épinette avait été coupée?

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