L’Eldorado tire à sa fin

Par Marianne Julien
L’Eldorado tire à sa fin
Il reste moins d’un million de pieds carrés disponibles dans le parc industriel. (Photo : archives)

Guy Hébert a quitté ses fonctions en tant que directeur général de Saint-Bruno. Le journal Les Versants est allé s’entretenir avec lui avant son départ au sujet des dernières années fructifiantes du parc industriel.

Depuis moins de deux ans, les terrains du parc industriel et de l’Écoparc de Saint-Bruno se vendent comme des petits pains chauds. Selon l’ancien DG, lors de son arrivée, il restait environ 13 millions de pieds carrés en terrains à vendre. Aujourd’hui, il en resterait à peine un million.

Les derniers acheteurs sont Bases.ai et Vantage Data Centers. Au dire de Guy Hébert, il s’agira de la plus grosse entreprise de traitement de données au Canada et son investissement à Saint-Bruno s’élèvera à 800 millions. « Ce ne sont que des avantages; ça amène une centaine d’emplois de bon calibre, ça n’amène pas du camionnage à outrance, et ce sont de bons investissements », souligne-t-il.

Elle sera juste à côté d’une autre entreprise en hébergement de données, Colo-D. « Les deux projets totalisent près de 2 milliards d’investissements, c’est majeur », informe Denis Marchand, chef de la division planification et développement durable à la Direction de l’urbanisme. D’après ce dernier, il a fallu faire un peu de gymnastique et procéder à des échanges de terrains afin de convaincre Vantage.

Il y a une effervescence dans le parc industriel depuis un an et demi. « Ça va très vite, corrobore Denis Marchand. Ça fait 25 ans que je suis au municipal et je n’ai jamais vu ça ailleurs. »

Il faut dire que Saint-Bruno n’a pas toujours eu cette chance; par le passé la Ville était pointilleuse, mais les entreprises avaient l’opportunité d’aller ailleurs. Aujourd’hui, les terrains industriels sont rares. « Je ne dirais pas que ça nous a profité, je pense qu’ils ont manqué de réelles opportunités, comme Jean Coutu, mais on a été capables de rattraper le coup », pense Guy Hébert.

« On a suffisamment de projets pour augmenter l’assiette fiscale de la Ville en vue de se garder une bonne santé financière pour les 15 prochaines années. » – Guy Hébert

Un coup d’argent

Avec ces ventes successives, la Ville de Saint-Bruno a fait beaucoup d’argent. Guy Hébert estime avoir réalisé un peu plus de 21 millions de dollars en ventes de terrain. Depuis les premières bribes concernant le futur complexe sportif, le maire Martin Murray assure que celui-ci sera financé à partir des ventes de terrain et que l’avis d’imposition des citoyens n’en sera pas affecté.

Aux yeux de Guy Hébert, de ces 21 millions, environ 15 millions iront directement au complexe sportif : « Le centre sportif va coûter cher; sur 50 millions, il faut mettre minimum 15 millions comptant. Ce qui serait le mieux, ce serait un tiers comptant, un tiers en subventions et un tiers en financement. »

Les quelques millions qui vont rester devront ensuite être investis intelligemment. Il ajoute : « On ne doit pas s’en servir pour le budget de fonctionnement. Il faut aller au niveau d’investissements à long terme et au remboursement de la dette. »

Demain

Ce coup d’argent qui permettra à la Ville de dégager un surplus de possiblement 20 millions l’an prochain ne se réalisera qu’une fois. Par contre, la municipalité pourra un jour compter sur les taxes. « Vantage va bâtir pour 800 millions, on va peut-être avoir une valeur imposable de 80 ou 100 millions, donc environ deux millions de taxes », démontre Guy Hébert.

Mais une fois qu’il n’y aura plus de terrains dans le parc industriel, que restera-t-il ? « On a suffisamment de projets pour augmenter l’assiette fiscale en vue de se garder une bonne santé financière pour les 15 prochaines années. » Denis Marchand explique qu’il reste au moins 7000 logements à développer, comme derrière les Promenades Saint-Bruno et le Sud 116.

Un terrain de jeu

Le DG affirme que le travail a été exigeant dans le parc industriel : « Quand je suis arrivé, je disais qu’il fallait absolument développer le parc et qu’il fallait casser la réputation de Saint-Bruno qui faisait fuir les gens : on était trop difficiles. » C’est donc avec un effort joint à ceux de plusieurs partenaires qu’ils ont pu montrer que Saint-Bruno était ouverte au marché. Plus les terrains se vendaient, plus les clients se présentaient.

Ces derniers temps, le directeur général avoue que le parc industriel est le seul endroit, avec les Promenades Saint-Bruno, où le développement a été facile. « C’étaient des terrains de jeu pour nous; aussitôt qu’on touche à l’ancien Saint-Bruno, il y a une levée de boucliers », déplore-t-il.

Même si on a l’impression qu’il reste encore beaucoup d’espace dans le parc industriel quand on y circule, il ne faut pas oublier que tous les projets sont en gestation. Selon l’ancien DG, les chantiers se succéderont au cours des deux prochaines années.

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