Le Salon du livre de Montréal, d’abord pour l’aspect social

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Par Frank Rodi
Le Salon du livre de Montréal, d’abord pour l’aspect social
L’auteur jeunesse Louis Émond. (Photo : David Émond-Ferrat)

Des auteurs et des écrivaines de la région participent au Salon du livre de Montréal. L’événement se déroule du 25 au 28 novembre au Palais des congrès – une première après 42 ans à la Place Bonaventure.

C’est le cas de Maryse Pagé, Louis Émond, Mélissa Perron, Emmanuel Lauzon, Julien Guy-Béland, Mélou… Certains seront sur place pour des séances de dédicaces, des rencontres avec les lecteurs, d’autres prendront part à des activités littéraires. Le journal Les Versants en a contacté quelques-uns.

Maryse Pagé

Maryse Pagé, à qui l’on doit entre autres les courts romans Rap pour violoncelle seul et De son œil, sera finalement sur place ce jeudi 25 novembre, de 13 h à 15 h, pour rencontrer ses lecteurs et pour une séance de signatures. « Je réchaufferai la chaise de Michel Tremblay. Il arrive à 15 h, quand je pars. Ça me rend fière! », admet Maryse Pagé, qui s’est ajoutée que récemment à la programmation en présentiel. Elle participera aussi à l’événement sous la forme d’une capsule éclair enregistrée il y a un mois et demi, et en ligne depuis samedi. « J’avais fait la même chose l’an dernier avec Rap pour violoncelle seul. Il s’agit d’une courte vidéo sous forme de questions/réponses pour présenter notre dernier roman; une formule instaurée à cause de la pandémie », répond la Montarvilloise, qui se dit impatiente de voir ses lecteurs et ses collègues auteurs.

Emmanuel Lauzon

Le romancier Emmanuel Lauzon sera en période de signatures le vendredi 26 novembre, à 9 h et à 15 h. Celui qui est originaire de Saint-Bruno a publié des titres autant chez De Mortagne qu’à la maison d’édition de la Bagnole. « Avec la distanciation physique que nous devrons respecter, mon éditeur aura moins de tables pour les dédicaces; pour cette année, il a dû réduire le nombre d’auteurs présents à son kiosque. Donc, il a dû couper dans les heures de dédicaces », plaide Emmanuel Lauzon, en tournée de conférences dans le Bas-Saint-Laurent.

« C’est beau et encourageant de voir autant d’amoureux de littérature à la même place. » – Mélissa Perron

Ce ne sera pas une première présence à l’événement culturel pour l’auteur de Pou-Ah!, Addik et Plan de match. « En temps normal, le Salon du livre de Montréal est beaucoup plus gros et intense que les autres salons. C’est une grosse vitrine, une opportunité de rencontrer mes lecteurs et lectrices. Cette année, ce sera un peu moins le cas, mais, malgré tout, j’ai très hâte d’y participer; ça va faire du bien de renouer avec les gens du milieu littéraire. »

Mélissa Perron

Pour sa part, Mélissa Perron rencontrera ses lecteurs le dimanche 28 novembre, à 14 h et à 16 h. Entre les deux séances, elle a été invitée à intégrer une discussion en table ronde, en compagnie de Simon Boulerice et de Vincent Gagnon Vigg. « Ma responsable des communications chez Hurtubise m’a écrit pour me dire que j’étais invitée à participer à cette table ronde, qui a pour thème Écrire la différence : de beautés à difficultés. Je ne sais pas [pourquoi je me suis retrouvée au centre d’une table ronde]! », commente l’autrice de Promets-moi un printemps et Belle comme le fleuve. Le premier évoque la dépression, le deuxième, l’autisme au féminin.

Ayant vécu l’expérience du Salon du livre de Montréal en 2019, Mélissa Perron souligne que c’est d’abord l’occasion d’aller à la rencontre des lecteurs, les siens comme ceux des autres. « C’est beau et encourageant de voir autant d’amoureux de littérature à la même place. Le Salon du livre de Montréal, en 2019, m’avait prouvé que c’est très spécial d’être en face d’un lecteur qui aime ce que l’on écrit. Il y a un pont naturel qui se fait entre nous. Pour tout le temps que je passe seule derrière mon clavier, ces moments avec mes lecteurs sont essentiels et précieux », exprime-t-elle.

Louis Émond

Sur place le 28 novembre à 15 h, Louis Émond présentera ses plus récents ouvrages parus chez Soulières éditeur. Son polar Les ennemis invisibles, son anthologie de nouvelles Bazar d’histoires bizarres et un collectif auquel il a participé, Histoires d’amour, de mort et d’humour. « Contrairement aux éditions antérieures, on ne peut être qu’un seul auteur sur place à la fois. Ça limite le nombre de présences. J’ai fait le choix de n’y être qu’une fois », indique le Montarvillois.

Pour l’écrivain jeunesse, le Salon du livre de Montréal lui permet de rencontrer des gens qui le connaissent et qui profitent de son passage à ce rendez-vous culturel pour le saluer, s’informer de ses dernières parutions, obtenir une dédicace ou juste pour lui parler.

Un habitué des salons du livre, Louis Émond admet que les retombées de ceux-ci – autres que financières – vont plutôt à la visibilité de la personne qui écrit des histoire. « Une vitrine. Ça rappelle au monde notre existence et celle de notre plus récente parution. »

Aspect social

Malgré le métier qui se veut plutôt solitaire, l’aspect social d’un salon du livre semble avoir son importance aux yeux des écrivains. « J’aime le Salon du livre de Montréal parce qu’il me permet de rencontrer des femmes et des hommes qui font le même métier que moi. Une grosse réunion d’auteurs au cours de laquelle on peut partager, échanger, prendre et donner des nouvelles. Parce que le métier d’écrivain en est un assez solitaire », ajoute Louis Émond.

Ce que constate aussi Maryse Pagé : « Les visiteurs sont attirés par les vedettes, et c’est normal. Pour un auteur plus ou moins connu, on sert surtout à répondre à des questions du genre : ‘’Où sont les toilettes?’’, ‘’Où est-ce que je peux payer?’’, ‘’Pourriez-vous me dire où est Catherine Girard-Audet ou Jeannette Bertrand?’’. Les salons du livre sont surtout une belle leçon d’humilité. Mais il y a ces rencontres que l’on fait, avec d’autres auteurs, des amitiés qui se créent, des jeunes avec qui l’on discute, des enseignants qui nous inviteront éventuellement dans leur classe, des partys quand le salon est à l’extérieur et quelques ventes! La plupart du temps, je dépense plus en achats de livres de mes collègues que je ne vends de mes propres livres. Les jeunes qui viennent au Salon ont un budget limité et vont vers les livres plus populaires. Pour ce qui est des dédicaces, on peut en faire beaucoup… sur des signets! »

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