Le nouveau PC The Infamous

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Par Frank Rodi
Le nouveau PC The Infamous
L’album Visionary Wonderland, de PC The Infamous, est maintenant en vente. (Photo : pochette réalisée par l’artiste BuvardBoy)

Le rappeur PC The Infamous, alias Alexis Plante, présente son nouvel album, Visionary Wonderland, paru la semaine dernière sur toutes les plateformes. Portrait d’un artiste multidisciplinaire.

Auteur-compositeur-interprète, le Montarvillois Alexis Plante, 22 ans, accumule les textes et les expériences de scène depuis maintenant sept ans.

PC The Infamous est membre du collectif XXI. Il est aussi fondateur de La Collection, un groupe de trap qui s’est produit au Centre Marcel-Dulude, à Saint-Bruno, une première fois en février 2017, puis plus tard la même année en première partie du concert de Koriass. Depuis, le groupe La Collection s’est séparé, mais certains de ses membres ont entamé une carrière solo.

C’est le cas de PC The Infamous, dont la carrière va bon train, comme en témoigne la sortie de Visionary Wonderland, son neuvième projet solo. « Ça faisait plus d’un an que je travaillais sur ce disque, un projet qui me tenait vraiment à cœur. Visionary Wonderland [littéralement pays des merveilles visionnaire], représente le monde dans lequel je voudrais vivre, mais aussi comment je me sens depuis les dernières années », commente Alexis Plante, en entrevue avec Les Versants.

« La différence dans cet album, c’est l’approche plus positive. » – Alexis Plante

Avec Visionary Wonderland, PC The Infamous propose 12 chansons, dont 4 qu’il a produites lui-même. Il bénéficie aussi des collaborations de Nimbus2k (un ancien de La Collection) et de Motus sur les instrumentales. Le musicien s’illustre aussi bien sur des titres en français qu’en anglais, combinant avec habileté rap queb classique, trap, indie rock, techno pop, synth wave et emo rap. « J’ai voulu peaufiner et pousser le travail de façon professionnelle le plus possible. C’est un pas de plus dans ma carrière d’artiste », estime Alexis Plante.

Après les extraits « Visionary Wonderland » et « Carnivorous », c’est tout récemment que le musicien marquait la sortie de son nouveau disque avec le vidéoclip autoproduit de la pièce « Le point de départ ».

Quand on lui demande comment il entrevoit ce « pays des merveilles » idéal, le jeune homme évoque un monde dans lequel les communautés seraient en harmonie, un endroit où l’humain serait en équilibre avec la planète et la nature.

Une maison selon le mouvement Earthship

Pour illustrer son mode de pensée, Alexis Plante est sur le point de se construire une résidence écoresponsable. « J’ai acquis un terrain à Plessisville. Cet été, j’entamerai la construction d’une maison autosuffisante, dont la fondation est faite de pneus recyclés. »

Inspiré par le mouvement Earthship, un concept de plus en plus populaire au Québec, le Montarvillois croit que c’est la clé vers un monde plus sain. La lecture du livre La simplicité volontaire, de Serge Mongeau, a aussi été une révélation. « Depuis que je suis tout jeune, j’ai développé une grande conscience par rapport à la fragilité de la planète. J’ai été attiré vers les solutions à long terme. Avec la pandémie, pendant que nous étions en quarantaine, j’ai poussé mon intérêt pour la chose encore plus loin », mentionne-t-il.

Cette vision optimiste du monde de demain se reflète aussi dans les chansons de Visionary Wonderland, d’après l’auteur-compositeur-interprète. « La différence dans cet album, c’est l’approche plus positive. C’est un style qui sort du rap plus traditionnel, qui apporte plus de lumière. Je me suis détaché des classiques du rap, comme les insultes ou les paroles rabaissantes envers les femmes. Ce genre de rap est plutôt ignorant et n’apporte rien. J’ai préféré me concentrer sur le positif. »

La quatrième plage, « Sin Wave », est son grand coup de cœur, parce qu’elle propose un « style différent » de ce qu’il fait habituellement. « Ce sera mon prochain clip », affirme-t-il.

L’expérience des Beaux malaises

Également acteur, Alexis Plante fait partie de l’agence artistique Helena. Depuis qu’il a 11 ans, il se spécialise dans le doublage. L’année dernière, il a décroché un rôle dans la nouvelle mouture des Beaux malaises, la série signée Martin Matte. Il campait alors le rôle de Tyler, le petit ami de Florence, qui s’est surtout fait remarquer pour le rap qu’il a dédié à la jeune fille lors de son repas de 18e anniversaire devant toute la famille. Une scène que Martin Matte a qualifié de « bijou », et qui a fait sensation sur les réseaux sociaux. La vidéo a été commentée plus de 16 000 fois et partagée à 5000 reprises sur la page officielle de l’humoriste. « Ce n’est pas moi qui ai composé le texte de la chanson, s’empresse de dire Alexis Plante. Martin Matte l’avait déjà écrite lorsqu’on a fait appel à moi. Malgré les propos méprisants sur les femmes, j’avais envie de jouer ce personnage un peu cave, pour l’expérience à la télévision, que j’ai adorée, et la visibilité; mais sur mes réseaux sociaux, je tenais à préciser la séparation entre mon rôle de comédien et mon travail d‘artiste. Si les rappeurs pouvaient arrêter ce genre de paroles dans leurs chansons, le monde serait meilleur », croit Alexis Plante.

Fils de la romancière Maryse Pagé, le garçon est toujours le premier lecteur des manuscrits de sa mère. « Ce ne sont pas les projets qui manquent avec Alexis!, confie-t-elle au journal. J’apprécie toujours ses commentaires pertinents. »

Celui qui vit actuellement à Montréal est un artiste dans l’âme, un artiste multidisciplinaire, mais il a aussi le sens des affaires. Il a également sa propre marque de vêtements, MarchandiseMtl, qu’il conçoit et fabrique lui-même, évidemment dans un souci de récupération. Sa collection a été lancée le 15 avril dernier sur sa page Instagram @marchandisemtl.

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