Le Grand Montréal étend sa canopée

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Par Frédéric Khalkhal
Le Grand Montréal étend sa canopée
Saint-Bruno-de-Montarville est 51e dans le classement de L'actualité sur les villes où il fait bon vivre. (Photo : archives)

Le constat du bulletin de l’Observatoire Grand Montréal laisse un espoir aux environnementalistes : la canopée métropolitaine a fait des gains supérieurs aux pertes depuis 2011.

À l’aide de photographies aériennes d’été, la Communauté métropolitaine de Montréal a comparé l’évolution de la canopée métropolitaine de 2011 à 2017.

Malgré l’agrile du frêne qui a obligé plusieurs municipalités à faire de nombreuses coupes, les résultats obtenus sont encourageants. En 2011, l’étude montre que 24,9 % du territoire était couvert de canopée. En 2015, ce chiffre atteignait 25,6 % pour culminer en 2017 à 26,2 %.

Rappelons que la canopée est ici définie comme la part de la cime des arbres située à trois mètres et plus du sol. Ces arbres se retrouvent tant en milieu urbain qu’agricole ou naturel et peuvent être isolés, faire partie d’alignement d’arbres, de bosquets, d’îlots boisés ou de forêts.

« On peut dire que c’est une bonne nouvelle. Ces résultats vont dans la bonne direction », explique Philippe Rivet, conseiller en recherche responsable de l’Observatoire Grand Montréal de la CMM.

Depuis 2011, cette canopée a gagné 12 563 ha et en a perdu 7 551.

Moins d’arbres dans les zones agricoles

La perte de canopée est principalement due au déboisement de parcelles pour des changements d’utilisation du sol au profit de l’agriculture, du développement urbain ou de l’exploitation de carrières.

« L’étude montre bien que dans les zones rurales, plus agricoles, il y a beaucoup moins de canopée. Le développement agricole entraîne une perte d’arbres. Comme à Saint-Basile-le-Grand, même s’il y a eu une progression, la canopée ne représente environ que 11 % de la superficie du territoire », indique le conseiller. Un chiffre qui place la municipalité parmi celles qui possèdent les moins grandes canopées.

L’étude indique que les coupes d’arbres en raison de l’agrile du frêne sont visibles à l’échelle de certaines localités, mais n’ont pas encore d’impacts significatifs sur la canopée à l’échelle métropolitaine, même si les coupes devraient augmenter les prochaines années.

Comme l’agrile du frêne, l’impact des efforts de plantation d’arbres, notamment dans les villes, a jusqu’à présent eu un impact relativement marginal. « Ces campagnes de plantation vont porter leurs fruits, mais il y aura aussi l’abattage de frênes qui va continuer. »

« On peut dire que c’est une bonne nouvelle. Ces résultats vont dans la bonne direction. » – Philippe Rivet

Saint-Bruno en tête de l’agglomération

À Saint-Bruno, la couverture forestière est passée de 36,6 % de la surface du territoire en 2011 à 39,1 % en 2017. Saint-Bruno est largement en tête des villes de l’agglomération de Longueuil dans ce classement. Il faut dire que le parc national du Mont-Saint-Bruno joue dans ce résultat un grand rôle. « Saint-Bruno a d’autre part 20,5 % de sa canopée comme aire protégée par Québec. »

Dans la couronne sud, Saint-Basile-le-Grand connaît elle aussi une croissance de canopée, passant modestement de 10,3 % en 2011 à 11,3 % de couverture de son territoire en 2017.

Sainte-Julie fait un tout petit peu mieux passant de 20,2 % en 2011 à 21,9 % en 2017.

Seules quatre des 82 municipalités de la région ont enregistré une diminution de leur indice canopée entre 2011 et 2017, soit Mirabel, Montréal-Est, Saint-Amable et Saint-Mathieu. Ces diminutions sont principalement attribuables au développement résidentiel, industriel ou agricole.

Un couvert forestier correspond à une superficie boisée d’un demi-hectare et plus. Actuellement, 82,4 % de la canopée de la région est composée du couvert forestier. Ce couvert est de 87,4 % dans la couronne sud, alors qu’elle est de 71,5 % dans l’agglomération de Longueuil, de 68,7 % à Laval et de 55 % dans l’agglomération de Montréal.

Une minorité d’endroits protégés

De façon globale, grâce à la fois aux bois et corridors forestiers métropolitains (BCFM) et aux aires protégées reconnues par le gouvernement du Québec et par le Réseau des milieux naturels protégés (RMN), 45 % du couvert forestier du Grand Montréal bénéficie actuellement de mesures de conservation ou de protection. C’est pour ainsi dire qu’aujourd’hui, 55 % de ces espaces verts ne sont pas directement protégés.

Ces chiffres sont cependant à modérer, car l’étude n’a pas pris en compte la réglementation municipale qui interdit dans certaines zones la coupe d’arbres. Pensons au règlement municipal de Saint-Bruno interdisant la coupe d’arbres dans le boisé des Hirondelles.

Dans le Grand Montréal, c’est dans l’agglomération de Longueuil que le couvert forestier est le plus protégé avec 56,9 %. Il faut dire que le parc national des Îles-de-Boucherville, le parc national du Mont-Saint-Bruno, le parc Michel-Chartrand et le boisé du Tremblay à Longueuil représentent quatre endroits importants en termes de canopée.

Les chiffres de 2019 devraient être disponibles dans les prochains mois. Une manière de voir si la tendance d’une croissance de la canopée du Grand Montréal se maintient.

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