Le golf, comme à l’époque

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Par Frank Rodi
Le golf, comme à l’époque
Le golf a gagné en popularité au cours de l’été. (Photo : archives)

Le golf s’est amorcé sur le tard cette année, avec une vingtaine de jours perdus au printemps, mais se poursuit encore jusqu’au début du mois de novembre. Retour sur une saison de golf particulière, sous le signe de la COVID-19.

Les golfeurs sont sur les verts depuis le 20 mai, date à laquelle le gouvernement du Québec a autorisé la reprise de certaines activités sportives extérieures, comme le golf, le tennis, l’athlétisme, le canoë, le cyclisme… C’était une première étape dans le déconfinement sportif du printemps.

À la suite de cette autorisation accordée par la santé publique, ils étaient des centaines, le 20 mai, à sortir balles et bâtons sur les terrains de la région. Plus de 330 golfeurs ont foulé les verts du Club de golf Rive-Sud, à Saint-Basile-le-Grand. Quelque 475 adeptes de golf se sont élancés sur les allées du parcours du Club de golf La Vallée du Richelieu, à Sainte-Julie. Enfin, près de 120 membres ont lancé la saison au club de golf Mount Bruno Country Club.

« C’est ce qui nous a permis d’attirer beaucoup de nouveaux golfeurs. » – Tom Bissegger

Un engouement marqué dès l’ouverture, donc, et qui ne s’est pas estompé de l’année, à en croire nos intervenants. « Ç’a très bien été! Nous avons connu une très belle saison de golf, répond, ravi, le directeur général du Club de golf Rive-Sud, Tom Bissegger.

De son côté, le directeur général du Club de golf La Vallée du Richelieu, Patrice Forcier, nous mentionne : « La saison s’est très bien déroulée malgré la COVID. »

De nouveaux golfeurs

Tom Bissegger rappelle que le golf a été, à un moment, l’un des rares sports qu’il était possible de pratiquer cette année. « C’est ce qui nous a permis d’attirer beaucoup de nouveaux golfeurs. Aussi, plusieurs personnes ont acheté des bâtons et se sont équipées pour s’y adonner tout au long de l’été. Le terrain a été achalandé, et pour ça, je trouve que nous avons été chanceux malgré la situation », explique-t-il.
M. Bissegger a d’ailleurs une pensée pour les restaurateurs, les tenanciers de bars et les propriétaires de gymnases qui ont été obligés de fermer leurs portes les 1er et 8 octobre derniers. « Ces gens ont un commerce, comme moi. Ça m’attriste de voir qu’ils ont des difficultés, alors que la reprise du golf est arrivée au bon moment et à la bonne place. Les gens ont apprécié être dehors, être déconfinés et ensemble pour jouer au golf. »

De nouveaux golfeurs, mais aussi tous les habitués, la clientèle fidèle et les anciens qui sont revenus sur le terrain. Parmi les nouveaux venus, Tom Bissegger évoque des gens âgés de 25 à 45 ans, la tranche d’âge qui manquait auparavant. Il souhaite que 25 % de ces nouveaux clients s’accrochent pour les prochaines saisons. « C’était l’fun de voir ces jeunes jouer avec passion! »

Comme dans les années 80-90

M. Bissegger compare la dernière saison de golf à celles qu’il y avait dans les années 80 et 90, lorsque « c’était plein tous les jours ». En entrevue avec Les Versants, il poursuit : « Le monde du golf a connu une baisse au cours des 20 dernières années, et j’admets que c’était difficile de trouver des façons de faire rouler l’entreprise. Cette année a été bonne, comme à l’époque. On l’apprécie. »

Patrice Forcier soutient, lui aussi, que « le golf était le seul sport extérieur ou presque à se pratiquer par plus d’une personne et autorisé ». Il précise : « Il y a ceux qui ont découvert le golf, et d’autres qui l’ont redécouvert. Le télétravail a aussi permis d’attirer beaucoup de jeunes de la région sur les terrains, parce qu’ils n’étaient pas à Montréal pour leur emploi, et donc, avec plus de disponibilités. En plus, nous avons connu un été incroyable. Tout ça mis ensemble, ça donne une très bonne saison », analyse M. Forcier. Au moment de l’entrevue, vendredi dernier, il y avait plus de 460 personnes sur le terrain du Club de golf La Vallée du Richelieu, un 23 octobre. La fin du calendrier 2020 est prévue ce 1er novembre.

Quand on lui demande si le coronavirus a eu une incidence positive sur les affaires, Patrice Forcier reconnaît qu’il y a un aspect COVID qu’il ne peut pas balayer du revers de la main. « La COVID a été favorable au golf », dit-il. D’ailleurs, le Club La Vallée du Richelieu a connu une hausse d’environ 10 % des rondes disputées, avec autour de 53 000.

Des pertes financières

Mais M. Forcier rappelle que tout événement extérieur, tout rassemblement de groupes, n’était pas permis. « Ce sont des pertes financières directes. » Un constat qu’aborde aussi M. Bissegger. « C’est le seul aspect négatif des derniers mois, avec le côté social qui a manqué. Tous nos tournois et nos mariages ont été annulés. Nous avons fermé le chalet toute la saison, sauf pour les salles de bain et la boutique. Ce sont des pertes… », confie le directeur général. Au total, il aurait annulé près de 50 tournois de golf et une vingtaine de mariages.

Le journal a aussi contacté le club de golf Mount Bruno Country Club, mais n’a pas obtenu de retour d’appel avant la tombée.

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